Le ministère de l’Education nationale va retravailler son questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles destiné aux élèves. Image : Getty

Le projet de questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles destiné à être distribué en novembre aux élèves de la grande section de maternelle à la terminale va être modifié, après des critiques de syndicats et de parents d’élèves. Ces derniers ont en effet émis des réserves sur la version de travail qui leur a été présentée début septembre par le ministère de l’Education nationale. Le projet, qui devait passer devant le Conseil supérieur de l’Education ce 17 septembre, ne lui sera donc finalement soumis que le 1er octobre.

« Il y a deux choses différentes dans une même phrase »

Parmi leurs inquiétudes, les organisations ont, entre autres, soulevé des problèmes dans la forme du questionnaire. L’une des réponses est par exemple formulée ainsi : « Je me sens à l’aise et en sécurité chez moi et dans les autres endroits où je vais ». Sur franceinfo, Aurélie Gagnier, cosecrétaire nationale et porte-parole de la FSU-SNUipp, souligne qu’ « il y a deux choses différentes dans une même phrase ». Chez un enfant, cela risque de « poser question », estime-t-elle.

Le fait que les enfants ne soient pas obligés d’écrire leur prénom sur le questionnaire a également été évoqué.

Des moyens pour les infirmières scolaires

Lors de sa conférence de rentrée le 7 septembre, le syndicat d’infirmières de l’Education nationale SNIES-Unsa avait également alerté sur les besoins en temps et en moyens nécessaires à la mise en œuvre de ce questionnaire. Il avait notamment réclamé « la création d’un référent VSS dans les écoles, indemnisé comme le référent harcèlement via une Indemnité pour mission particulière (IMP) », et le recrutement d’infirmières scolaires pour accueillir la parole des élèves.

Il avait également demandé à « «commencer par le premier degré, de la grande section de maternelle au CM2, puis poursuivre quelques mois plus tard avec le second degré qui comprend les collèges et lycées », pour mieux répartir la charge de travail.

« L’enfant qui va révéler une situation va vivre un séisme. Il ne pourra donc pas s’exposer à une absence de réponse, faute de moyens. Si un enfant victime n’est pas écouté correctement, il y a de grandes chances qu’il ne parle plus jamais », avait alerté le syndicat.