En 2025, le réseau Canopé a formé plus de 285 000 personnels de l’éducation. Image : VousNousIls.

92% des enseignants se sont formés ou autoformés au cours de l’année 2025. Ce chiffre a été révélé lors de la conférence de presse organisée par le réseau Canopé (réseau de formation des enseignants) conjointement avec l’institut de sondage IPSOS BVA. Cette étude a été réalisée en ligne, du 29 septembre au 15 octobre 2025, auprès de 1299 enseignants. Parmi cet échantillon, 212 d’entre eux étaient de nouveaux enseignants, c’est-à-dire de 0 à 5 ans d’expérience.

Les résultats de l’étude montrent qu’il y a une véritable volonté de se former chez les enseignants. La plupart du temps, cette volonté de se former est à leur initiative personnelle (58%). Les trois-quarts ont un projet de formation, mais surtout, la moitié a un projet qu’il souhaite mettre en application directement dans l’année.

Formations en ligne en hausse

Les enseignants sont majoritairement satisfaits des formats proposés. Bien que le format en présentiel soit celui qui enregistre le taux le plus fort de satisfaction, une hausse a été constatée sur les formats numériques. Par rapport au précédent sondage (2023), les formats webinaire ainsi que MOOC ont gagné des points. L’écoute de podcast a également été très appréciée. Suite à ce succès, la plateforme d’écoute du réseau Canopé, Extra classe a lancé la production de 76 épisodes pour 2026.

Plus de la moitié ressentent des impacts positifs sur le développement de leurs compétences professionnelles et sur l’élargissement de leurs perspectives. Cela améliore leur confiance en eux ainsi que la relation qu’ils ont avec leurs élèves. On note également un taux de transférabilité de 84%, c’est-à-dire la mise en application concrète de ce qu’ils ont pu apprendre lors de leur formation.

Manque de temps, le principal frein à la formation

Bien que le souhait de se former soit grandement majoritaire, il existe des freins qui empêchent les enseignants de réaliser ces formations. En premier lieu, on retrouve le manque de temps. Il est suivi par le manque d’adéquation entre le contenu de la formation et la réalité du métier d’enseignant. Suite aux résultats du baromètre, certains ont réagi. C’est le cas de E-inspé (offre de formation en ligne à destination des enseignants) qui, dans un post LinkedIn, a annoncé être en accord avec les résultats du baromètre. Par exemple, ils ont déclaré que le contenu de leurs formations était « co-créé par des binômes d’enseignants et d’experts pour coller aux attentes et besoins des enseignants ».

Intelligence artificielle et pédagogie active

Les deux principaux besoins concernent la pédagogie active (gestion de la classe, la classe dehors, ludopédagogie), ainsi que la formation à l’intelligence artificielle et à l’usage de données : 45 % des interrogés les ont cités. Parmi les formations les plus demandées, on peut également citer celles autour de l’école inclusive. Pour le réseau Canopé, ces appétences traduisent « une adaptation rapide aux enjeux contemporains » ainsi qu’une « volonté de faire évoluer les pratiques au service des élèves ».

À l’inverse, certaines formations provoquent peu d’intérêt. C’est le cas pour « l’éducation à la transition écologique et sociale », ainsi que pour les « Valeurs de la République ». Selon le réseau Canopé, il n’ y a pas de manque d’intérêt pour ces enjeux, ces derniers ne sont simplement pas la priorité des enseignants. Des poursuites d’enquêtes seront menées afin de comprendre davantage les faibles taux exprimés.