
Avoir le bac donnera-t-il toujours automatiquement le droit de poursuivre des études supérieures ? La question est désormais clairement posée. Invité jeudi sur Public Sénat, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a estimé que « la place du bac » devait être discutée à l’occasion de la présidentielle de 2027.
Une déclaration qui fait écho à un récent rapport du Sénat préconisant de supprimer le droit d’accès automatique des bacheliers à l’enseignement supérieur. Une petite révolution dans un système où le bac constitue historiquement le premier grade universitaire et ouvre la voie aux études supérieures.
Le ministre ne reprend pas directement cette proposition à son compte, mais juge le débat nécessaire. En cause : des taux de poursuite d’études post-bac « extrêmement élevés », avec, selon lui, des jeunes qui ne sont pas toujours suffisamment formés pour réussir dans le supérieur.
Entrer à l’université… pour échouer ?
C’est là le cœur du problème soulevé par Philippe Baptiste. Ouvrir largement les portes de l’enseignement supérieur ne suffit pas si une partie des étudiants se retrouve ensuite en grande difficulté.
Le ministre pointe ainsi des taux d’échec « considérables » en licence, à bac +3. Derrière le principe d’un accès ouvert se pose donc une question plus sensible : faut-il continuer à garantir une place dans le supérieur à tous les bacheliers, ou davantage tenir compte de leur niveau et de leur préparation aux études envisagées ?
Pour Philippe Baptiste, un changement aussi profond ne peut se décider à la marge. Il relève d’un véritable choix de société, à trancher dans le cadre du débat présidentiel.
Faire payer davantage les plus aisés ?
Le Sénat ouvre un autre sujet tout aussi explosif : celui du portefeuille. Son rapport propose de multiplier par cinq les droits d’inscription à l’université pour tous les étudiants. Une hausse généralisée que Philippe Baptiste écarte.
Mais le ministre ne ferme pas la porte à une évolution du financement. Il met deux grandes options sur la table : soit l’État réinvestit massivement dans l’enseignement supérieur, soit les contributions des étudiants évoluent en fonction des revenus, avec des frais potentiellement plus élevés pour ceux qui disposent de davantage de moyens.
Pas question, donc, de faire payer cinq fois plus tout le monde. Mais l’idée d’une université où chacun ne contribuerait plus de la même manière est bien dans le débat.








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