© Getty Images

Tandis que la rentrée scolaire aura lieu ce mardi 1er septembre, les enseignants sont de retour à l’école afin de préparer au mieux cette rentrée inédite, marquée par la crise sanitaire liée au coronavirus.

En effet, le 27 août dernier, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, avait indiqué au micro de France Inter, que le port du masque allait être obligatoire à l’école, à partir de 11 ans.

Pour les « collégiens et les lycéens, le port du masque « grand public » est obligatoire dans les espaces clos ainsi que dans les espaces extérieurs » peut-on lire dans le nouveau protocole sanitaire, publié jeudi dernier sur le site du ministère.

Pour les jeunes enseignants, entre stress et enthousiasme

Alors que les enseignants reprennent le chemin de l’école, qu’en est-il de ceux qui vivent leur première rentrée ? « Impatients de découvrir le métier et d’y mettre enfin les pieds. Depuis le temps qu’on attend ! » affirme une jeune enseignante qui vient de décrocher le concours, à Franceinfo.

« Est-ce qu’on va réussir à pouvoir imposer les règles sur le masque ? Ça décuple complètement la pression pour des débutants. » renchérit un professeur stagiaire.  

« Les inquiétudes, c’est que les élèves ne portent pas le masque, ou qu’ils leur retirent en cours, qu’ils se présentent sans le masque. Comment les gérer ? » poursuit la jeune enseignante. « Mais on va y arriver […] On va faire plus de gestes que d’habitude. On va essayer de parler avec les yeux. J’imagine que c’est forcément possible… »

Ces jeunes enseignants craignent un renconfinement et de ne pas être assez prêts pour mener à bien l’enseignement à distance.  « Je suis quasiment sûre que ça va se passer. J’aimerais que ce ne soit pas trop tôt dans l’année, parce que là… Si avant même de poser nos marques, tous nos élèves sont confinés, ça risque d’être compliqué » s’inquiète la jeune diplômée.

Une sensation de « flou »

Si ces jeunes enseignants sont globalement prêts pour cette rentrée inédite, ce n’est pas le cas de tous. Certains se retrouvent désemparés face à l’application du protocole sanitaire. « Si un mot pouvait résumer ce que l’on vit depuis mars, je crois que ce serait « bricolage » » s’insurge une enseignante, à 20 minutes. « On attend de nous que nous fassions notre travail, que nous enseignions. Soit. Mais on multiplie les contraintes, les incertitudes, les annonces diverses et variées. Nous, on se débrouille. Seuls. Complètement seuls ».

Une autre enseignante de maternelle exprime ses inquiétudes quant au respect des règles sanitaires avec les plus jeunes. En effet, cette dernière devra porter un masque, tandis que les élèves du premier degré en sont exemptés. «J’ai l’impression de vivre des restrictions qui sont contraires à l’épanouissement d’un enfant de 4 ou 5 ans. Comment intégrer les mesures d’hygiène en classe où le matériel de manipulation est très important…. Et quand la pédagogie repose sur l’autonomie… » raconte-elle

« Avez-vous déjà essayé de faire une dictée avec un masque ? Mais vu le contexte, je comprends l’obligation et la santé prime donc on fera avec » ajoute une autre enseignante de primaire.

Difficultés pour les élèves décrocheurs

Par ailleurs, cette rentrée 2020 risque d’être compliquée pour les élèves décrocheurs, nombreux cette année à cause de l’épidémie. Une institutrice du Vaucluse se dit inquiète pour les trois élèves en grande difficulté qu’elle n’a pas revus depuis le confinement en mars dernier. « C’est un faible pourcentage sur une classe de 23 élèves mais pour ceux-là, ça va être compliqué de les faire revenir dans l’univers de l’école » explique-elle, à Ouest-France.

Même constat pour une autre enseignante de moyenne section de maternelle à Paris sur la transmission des connaissances. Je m’« inquiète particulièrement pour les élèves allophones, nombreux dans les classes en Île-de-France » alerte-elle.

Les réactions sur Twitter