© Capture d’écran : bracke-desrousseaux-vendin-le-vieil.savoirsnumeriques62.fr

La crise sanitaire liée au coronavirus a renforcé les inégalités entre les élèves. Avec l’enseignement à distance, certains aspects des programmes scolaires n’ont pas été traités. Tandis que la communauté éducative prépare déjà la rentrée de septembre, il y a une nécessité d’alléger les programmes scolaires.

« Le confinement puis la reprise très différenciée de l’école ont considérablement accru les inégalités entre élèves » alerte Philippe Meirieu, du SNES-FSU, dans un entretien à La Croix. Pour lui, il faudra aborder dès l’année prochaine des notions qui auraient dû être vues ces derniers mois.

 « Dans le primaire, on peut faire confiance aux enseignants, capables d’identifier les axes forts, et qui, ayant les mêmes élèves toute la journée, peuvent décider de consacrer plus ou moins de temps à telle ou telle matière » indique-il.

« Les choses sont plus compliquées dans le secondaire » poursuit le spécialiste en sciences de l’éducation, « où l’emploi du temps est compartimenté, discipline par discipline. Avec des programmes qui, de surcroît, ne permettent pas d’identifier immédiatement les notions indispensables à la progression des élèves ».

Des aménagements pour tous les niveaux et toutes les matières

En ce sens, le SNES-FSU a mis en ligne une note de propositions pour aménager les programmes scolaires à la rentrée 2020. Par exemple pour ce qui est de la deuxième langue vivante (LV2) au collège, que les élèves découvrent en classe de 5ème. Le syndicat du secondaire indique qu’il s’agit « d’un problème épineux » pour les élèves qui passeront en 4ème en septembre car ces derniers « viennent à peine de démarrer cette langue » et ne disposent pas de bases suffisantes.

« L’enseignement à distance n’a pas permis de travailler réellement l’interaction orale qui est cruciale au démarrage d’une langue » précise le SNES. Ainsi, le syndicat propose un renforcement de l’oral entre les élèves car les attendus, conformes au Cadre Européen de références pour les langues (CERCL), restent les mêmes.

Idem au lycée, avec le cas des Sciences de la vie et de la Terre. En seconde, le programme de SVT est « déjà jugé par tous impossible à terminer ». Le SNES suggère donc d’alléger le programme en 1ère et de renforcer le travail sur la méthodologie et l’argumentation « qu’il a été impossible de travailler en Seconde à distance sur le troisième trimestre ».

Un courrier adressé au ministère

Par ailleurs, des représentants locaux de la FCPE et des enseignants d’un lycée parisien ont adressé un courrier au ministère de l’Éducation nationale pour demander un allègement des programmes scolaires, rapporte France Inter.

« La démarche des parents et des professeurs de notre lycée n’est pas polémique » affirme un enseignant de l’établissement. « Elle est destinée à trouver un terrain de discussion qui permette d’assurer à la rentrée des conditions égales pour l’ensemble des élèves ». 

Toujours selon le média, Jean-Michel Blanquer devrait évoquer ce sujet, notamment avec la publication de la circulaire de rentrée 2020, la semaine prochaine.

L’AP-HG demande des programmes d’Histoire-Géo aménagés

Pour l’Association des professeurs d’Histoire-géographie (AP-HG), des aménagements de programmes s’imposent, notamment au lycée. Dans un communiqué, l’association demande d’aménager les programmes d’histoire-géographie dès la rentrée. L’APHG a envoyé des propositions précises au Conseil Supérieur des Programmes (CSP) et souhaiterait « rendre les points de passage et d’ouverture facultatifs en histoire dans les trois niveaux, permettre l’intégration des thèmes conclusifs dans les autres chapitres en géographie ».

Pour la voie technologique, l’APHG demande de revoir le volume horaire de la discipline, en passant de 1h30 à 2h de cours hebdomadaires. « Ou, à défaut, que l’on supprime une question en histoire et une en géographie par niveau » durant les épreuves.

L’Association indique par ailleurs vouloir une annulation des épreuves communes de contrôle continu (E3C). Elle suggère que les élèves « soient évalués dans le cadre de deux épreuves » en première et en terminale « sur un temps banalisé » et « dans un cadre national ».

 « Préparer une rentrée sereine est un impératif pour que les lycéens retrouvent un climat propice au travail et aux apprentissages avec un temps d’adaptation en septembre prochain » préconise l’association.

Article publié le 2 juillet à 16h03, mis à jour le 3 juillet à 14h30