© Capture d’écran Europe 1

Une rentrée des classes, à deux semaines des vacances d’été. Lors de son allocution télévisée ce dimanche 14 juin, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé la réouverture des écoles et des collèges pour tous les élèves à partir du 22 juin. Le chef de l’État a insisté sur la présence obligatoire des élèves car jusqu’ici le retour en classe se faisait sur la base du volontariat. Ainsi, tous les enseignants et les élèves reprendront le chemin de l’école.

Invité ce matin sur Europe 1, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé l’assouplissement du protocole sanitaire. « Oui, le protocole va être allégé » et une nouvelle version sera présentée « dès demain », assure le ministre.

« Désormais, il y a toujours une distanciation physique mais beaucoup moins contraignante, avec un mètre latéral entre les élèves » poursuit-il, avant d’ajouter : « Cette nouvelle donne fait qu’on va pouvoir accueillir tous les élèves ».

Néanmoins, cette semaine, les établissements scolaires continuent à fonctionner comme d’habitude : 15 élèves par classe et le protocole sanitaire strict reste en vigueur. La limitation sera levée dès le lundi 22 juin, selon Jean-Michel Blanquer.

Faut-il reprendre deux semaines avant les vacances d’été ?

Tandis que les vacances d’été débutent le 4 juillet, Jean-Michel Blanquer a été interrogé sur l’utilité d’une reprise scolaire aussi tardive. « Deux semaines c’est très important. Chaque jour compte dans la vie d’un élève » indique le ministre. « Il ne s’agit pas de terminer le programme cette année mais de se retrouver et faire le point sur là où en est chacun ».

Parallèlement, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, invitée de Léa Salamé sur France Inter a déclaré : « En tant que maman, j’ai tendance à penser après les 2-3 mois d’école à la maison que je viens de vivre que chaque jour d’école est important, que le contact avec un enseignant est indispensable. »

Pour elle en effet, l’enseignant a « des compétences particulières pour pouvoir transmettre des choses à des enfants que moi en tant que maman je n’ai pas », ajoutant que les élèves ont besoin de « sociabilisation ».

Un « prof-bashing absurde » selon Jean-Michel Blanquer

Par ailleurs, le ministre de l’Education nationale est revenu sur l’absence de certains professeurs pendant le confinement, et a dénoncé un « prof-bashing absurde », « Nous avons d’abord eu des professeurs très dévoués et engagés« , insiste le ministre. « Avec des exceptions, bien entendu, mais pour l’essentiel, ça a été un engagement magnifique ».

« Il ne faut pas avoir la mémoire courte » affirme-il, avant de conclure que « c’est toute l’institution qui s’est mobilisée » pour mener à bien la continuité pédagogique.

« Une promesse magique, difficile à mettre en oeuvre sur le terrain » regrette le Sniupp-FSU

Pour la secrétaire générale du Sniupp-FSU, Francette Popineau, l’assouplissement du protocole sanitaire est « une promesse magique, difficile à mettre en oeuvre sur le terrain » explique-elle au micro d’Europe 1.

Suite aux propos de Jean-Michel Blanquer, elle précise qu’en maintenant « un mètre de distance entre chaque table, on ne va pas gagner tant de place. Surtout si on a des tables à deux places, comme c’est le cas dans beaucoup d’écoles » poursuit-elle, « où l’on ne peut installer qu’un seul enfant, mais qui prennent beaucoup de place ».

Bien que la secrétaire du syndicat du primaire pense que le retour de l’obligation scolaire soit « toujours une bonne chose », elle explique à Europe 1 qu’un accueil à tour de rôle des élèves quelques jours par semaine aurait été plus efficace. « Il va y avoir du mécontentement, de l’incompréhension. Certains vont avoir l’impression que les professeurs ne sont pas au rendez-vous… Alors qu’ils sont présents, ils n’ont jamais cessé de l’être. Mais on leur demande de mettre un rond dans un carré ».