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Avec la crise sanitaire liée au Covid-19, près de 400 000 enseignants Français ont dû assurer l’enseignement à distance. Le 2 juin dernier, suite à la phase 2 du plan de déconfinement, le ministère de l’Éducation nationale avait indiqué que 60% des enseignants avaient repris les cours en présentiel dans les établissements primaires et secondaires.  

Selon le Sniupp, syndicat du premier degré, les chiffres du ministère ne sont pas en adéquation avec la réalité. En effet, ils indiquent que selon une enquête, 9% des enseignants du primaire ne sont pas revenus, notamment pour des raisons médicales.

« Mon médecin m’a dit non il n’est pas question » de retourner à l’école, selon une enseignante de 65 ans interrogée par Franceinfo. Cette dernière fait de l’hypertension et affirme que son médecin lui a fait un certificat médical stipulant qu’elle ne pouvait pas retourner enseigner en présentiel. « Des parents soignants me disent restez chez vous », précise-elle.

L’efficacité de l’enseignement à distance explique aussi pourquoi certains professeurs ne retournent pas enseigner en présentiel. « Je ne veux pas revenir en présentiel au lycée, parce que je n’en vois pas l’intérêt, dans la mesure où je ne peux pas convoquer les élèves qui en auraient besoin » affirme un enseignant à Franceinfo. « Imaginons que j’ai même cinq élèves volontaires pour lesquels ce serait intéressant, je vais toucher cinq élèves volontaires alors que là, dans ma dernière classe virtuelle, j’en avais 25 ».

 « Si les salariés de la grande distribution avaient été aussi courageux que l’Éducation nationale, les Français n’auraient rien eu à manger »

Par ailleurs, des propos énoncés par un ministre anonyme ce lundi sur France Inter en ont choqué plus d’un. « Si les salariés de la grande distribution avaient été aussi courageux que l’Éducation nationale, les Français n’auraient rien eu à manger » expliquait ce ministre « en première ligne ».

Le secrétaire général du SNPDEN, Philippe Vincent, n’a pas hésité à réagir. « La comparaison faite avec celle de la grande distribution n’est pas très subtileElle oublie tout ce qui a été fait avant et méconnaît les problèmes, alors que la conjugaison de difficultés rend complexe l’analyse de la situation » tempète-il aux Échos.

Sur Twitter, un professeur agrégé d’histoire a également exprimé son mécontentement. « Un membre du gouvernement diffame donc des agents publics à coups de mensonges ? Quel gouvernement responsable pourrait laisser dire ou croire que la réouverture partielle des écoles, collèges, lycées serait l’effet de la lâcheté des enseignants ? »

« Il faut rétablir la vérité. Dans la grande majorité, les enseignants reprennent la classe » renchérit une inspectrice de l’Éducation nationale, aux Échos. « Quand ils ne le font pas, c’est pour des raisons de santé prévues très précisément par le protocole sanitaire. »

Des mesures sanitaires trop strictes ?

Malgré le déconfinement, la crise sanitaire n’est pas pour autant terminée. Ainsi, avec le protocole sanitaire toujours en vigueur, certains établissements n’accueillent pas plus d’enseignants. « Actuellement, j’ai seize enseignants disponibles sur place et je n’ai que neuf classes ouvertes par la municipalité, du fait des contraintes sanitaires, donc je pourrais accueillir beaucoup plus d’élèves si j’avais beaucoup plus de classes ouvertes » affirme un directeur d’école de banlieue parisienne, à Franceinfo.

Des règles sanitaires qui pourraient être assouplies d’ici la fin du mois de juin, selon le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy. « Nous pourrions, tout en conservant des mesures de distanciation sociale, alléger le protocole sanitaire notamment sur les temps périscolaires » expliquait-il, notamment avec « les repas, les récréations ou le sport ».

Enfin, certains professeurs ne sont pas revenus faire classe en présentiel car certains établissements dans lesquels ils enseignent, comme les lycées en Île-de-France classée zone orange, n’ont pas rouvert leurs portes ou très peu. Pour rappel, les lycées franciliens accueillent des élèves individuellement pour faire le point sur l’orientation et non pas pour faire classe.