Capture d’écran TF1

Des annonces très attendues par la communauté éducative. Jeudi 28 mai, lors de la présentation de la phase deux du déconfinement, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé la réouverture de tous les établissements primaires et secondaires. Le point sur l’organisation pour tous les niveaux.

Dans le premier degré : 100% des écoles ouvertes

Les écoles primaires ont été les premières à rouvrir. En effet, le ministre a indiqué hier que 90% des communes françaises ont ouvert leurs écoles. Cela représente « 80% des écoles et ce chiffre progresse chaque jour » précise le ministre. Il souhaite que 100% des communes puissent ouvrir leurs écoles dès la semaine prochaine.

Invité de Franceinfo ce matin, Jean-Michel Blanquer souhaite que les écoles organisent « au moins des rotations pour permettre aux élèves d’être dans une sorte de mi-temps d’école ». L’objectif étant que tous les élèves retournent en classe avant les vacances d’été.  

Bien que le ministre préconise la réouverture de toutes les écoles, il explique ce matin que tous les élèves ne pourront pas retourner à l’école en même temps. « Nous n’avons jamais dit que ce sera 100% des élèves qui retourneront à l’école. C’est impossible ».

Au collège, réouverture de tous les collèges et accueil des 4ème et 3ème

Au collège, 95,5% des établissements ont rouvert depuis le 18 mai dans les départements en zone verte. « L’ensemble des collèges vont désormais ouvrir, que ce soit en zone verte ou en zone orange » a déclaré Jean-Michel Blanquer. Tandis que les départements oranges (Île-de-France, Mayotte et Guyane) vont accueillir à leur tour et prioritairement les élèves de 6e et de 5e, les zones vertes vont accueillir les 4e et les 3e, « si les conditions matérielles sont réunies ».

Lycées : accueil progressif des élèves et annulation de l’épreuve orale de français

Pour les lycées, le ministre préconise une réouverture différenciée. En effet, les départements verts pourront accueillir tous les élèves « sur au moins un des trois niveaux ». En zone orange, les lycées professionnels seront prioritaires car il y a « plus de décrochage et de besoins particuliers en ce mois de juin » alertait le ministre. Les lycées généraux ne feront pas classe, les élèves seront convoqués pour avoir des entretiens individuels, notamment pour leurs projets d’orientation.

De plus, le ministre s’est entretenu sur l’épreuve orale du bac de français. Son maintien faisait l’objet de vives oppositions depuis plusieurs semaines.

« J’ai consulté les fédérations de parents, les organisations syndicales […] j’ai entendu leurs inquiétudes face à une situation exceptionnelle qui entraînait une inégale préparation » de l’épreuve, a poursuivi le ministre, avant d’annoncer que l’épreuve de français est annulée et validée par du contrôle continu. L’évaluation se fera « à partir des notes des deux premiers trimestres de l’année » détaillait-il.  

Ce matin, Jean-Michel Blanquer affirme avoir annuler l’épreuve « pour des raisons d’équité dans la préparation des épreuves ».

« On ne pourra pas accueillir ensemble tous les élèves d’un même niveau »

Du côté des syndicats, le secrétaire général du SNPDEN-Unsa, Philippe Vincent explique ce matin sur Franceinfo que les élèves seront accueillis « en petits groupes à compter de jeudi [4] et vendredi [5 juin], voire de la semaine d’après », car les lycées ne sont pas encore prêts. « On ne pourra pas de toute façon accueillir ensemble tous les élèves d’un même niveau. C’est impossible avec le protocole sanitaire » ajoute-il.  

Sur Twitter, la secrétaire générale du SGEN-CDFT s’est réjouie de l’annulation du bac de français. Elle parle d’un « soulagement » qui permet « à tout le monde de ne pas se lancer dans du bachotage » et une « tentation à rattraper le temps ».

Enfin, pour SUD Education, les annonces du gouvernement « posent un certain nombre de problèmes » car la situation sanitaire reste « préoccupante ».

« Le fait que dans les départements passés du rouge au vert les collèges ouvrent pour tous les élèves d’un coup, sans passer par la phase de transition qui a eu lieu sur plusieurs semaines dans les autres départements, n’est pas acceptable » peut-on lire dans un communiqué.

Le syndicat indique également qu’il n’est pas possible d’accueillir les élèves dans ces conditions. « Il n’est pas acceptable que l’école soit une garderie » affirme Sud Education, avant d’ajouter que garantir le protocole sanitaire « avec un tel d’impréparation ne peut qu’engendrer de la maltraitance institutionnelle et de la souffrance au travail, pour les personnels comme pour les élèves ».