Jean-Michel Blanquer annonçait vendredi 3 avril que seule l’épreuve orale du bac de français était maintenue © Capture d’écran change.org

L’oral de français cette année, c’est non ! Des enseignants de Lettres font circuler une pétition dans laquelle ils demandent l’annulation de l’épreuve orale du bac de français. Une pétition soutenue par le collectif Lettres vives et par l’Association française pour l’enseignement du français (AFEF). A l’heure actuelle, elle a recueilli près de 3000 signatures.

Pour rappel, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, annonçait vendredi 3 mars que les épreuves du baccalauréat 2020 seront validées en contrôle continu, en raison de la crise sanitaire.

Seule l’épreuve orale de français en première est maintenue. « Il y aura moins de textes exigés que prévu : 15 en voie générale, 12 en voie technologique » précisait-il.

« L’annonce du maintien d’un oral de français nous a beaucoup surpris, alors que le ministre dit que l’ensemble des examens se passera en contrôle continu. Donc nous ne comprenons pas très bien pourquoi ce maintien » indique Viviane Youx, présidente de l’Afef à France Inter.

Un choix «incohérent, inéquitable et dangereux»

Ainsi, pour les professeurs de français, le maintien de l’épreuve orale paraît « à la fois incohérent, inéquitable et dangereux ». Si les enseignants soutiennent les propos du ministre sur la non-prise en compte des notes délivrées pendant le confinement pour le bac, ils s’opposent au maintien de l’épreuve orale « au programme très lourd ».

L’allégement des quelques textes « ne saurait résoudre le problème, puisque le bac de français 2020 comporte également une épreuve de grammaire conséquente, et un entretien oral portant sur une œuvre intégrale dont la démarche ne saurait s’improviser » peut-on lire dans le descriptif de la pétition. « Les quelques semaines de cours sur lesquelles le ministre semble compter en mai ou en juin, rabotées par les ponts et par la difficulté des élèves à remettre rapidement le pied à l’étrier n’y suffiront pas non plus ».

Une décision qui pourrait de plus renforcer les inégalités entre les élèves. Interrogée par France Inter, une enseignante, membre du collectif Lettres Vives, tire la sonnette d’alarme. « Vous imaginez bien qu’entre un élève préparé avec un père ou une mère prof de français chez lui et un élève qui n’a même pas de connexion internet, évidemment, il n’y a pas photo »

« Sécurité avant tout »

De son côté, le syndicat national des lycées et des collèges (SNALC) se préoccupe de la sécurité. « Il est inenvisageable que cet oral se tienne dans des conditions qui ne garantiraient pas la sécurité de tous les personnels et de tous les élèves » affirme le syndicat, dans un communiqué.

Enfin, s’ « il est impossible d’assurer les cours, il sera tout autant inconcevable d’organiser l’oral de français, qui nécessite de faire se déplacer environ 500 000 élèves« . Le SNALC « refusera d’envoyer personnels de l’éducation nationale et élèves au casse-pipe ».