Les huits syndicats signataires du courrier adressé à Jean-Michel Blanquer © Capture d’écran SGEN-CFDT

« Nous exigeons que les mesures de protection et d’hygiène soient appliquées, que du matériel soit systématiquement fourni » dans les établissements. Dans une lettre adressée au ministre de l’Education nationale lundi 23 mars, les organisations syndicales réclament davantage de moyens d’hygiène pour les enfants des personnels soignants.

Avec la propagation de l’épidémie du coronavirus dans l’Hexagone, les établissements scolaires ont fermé leurs portes depuis maintenant une semaine. Certaines écoles font néanmoins exception, afin d’accueillir les enfants des soignants, très sollicités par la crise sanitaire. A Paris, par exemple, 78 écoles restent ouvertes (sur un total de 650 environ), précise Le Monde.

L’intersyndicale évoque également les mesures de confinement. En effet, tandis que les consignes gouvernementales demandent « expressément de rester confiné·es et de télé-travailler », les syndicats syndicats constatent que les personnels de l’éducation « sont l’objet de demandes croissantes qui contreviennent à ce principe de confinement ». Ils rappellent ainsi qu’aucun personnel « ne peut être sommé de déroger au confinement », sauf si c’est absolument nécessaire.

« La priorité aujourd’hui doit être sanitaire »

Pour les professeurs volontaires, les organisations syndicales exigent des « consignes claires » et des « protections sanitaires ». La secrétaire générale du SNUipp-FSU, Francette Popineau, indique au Monde que « certaines écoles sont bien équipées, d’autres pas, et c’est cet écart qu’il faut résorber ».

« Les gestes barrières sont appliqués, mais qui peut croire qu’une “distance de sécurité” vaut dans la cour de récréation ? » poursuit-elle. « Quand un enseignant voit un enfant tomber, il ne va pas lui dire de se relever tout seul. Quand un petit se serre contre lui, il ne va pas le repousser ».

La FSU-Snuipp d’Indre-et-Loire conteste les propos du ministre

Dans un communiqué relayé par France Bleu Indre-et-Loire, la FSU-Snuipp 37 explique qu’elle conteste les propos de Jean-Michel Blanquer, et n’appelle pas à rejoindre les écoles. Le syndicat estime que les propos du ministre vont à l’encontre des mesures annoncées par le gouvernement.

« Le ministre de la Santé, le Premier Ministre, le Président de la République, le directeur de la Santé Publique, la presse et les réseaux sociaux et surtout les équipes médicales engagées dans les soins relaient de nombreux appels à rester chez soi. À contre-courant de toutes ces injonctions, le ministre de l’Éducation nationale déclarait samedi sur BFMTV que venir à l’école chercher des photocopies est un motif familial impérieux » peut-on lire dans leur communiqué. Pour le syndicat, il n’est pas envisageable de se déplacer pour une photocopie.

« Les enseignant(e)s font le maximum pour être en contact sous des formes variées avec leurs élèves ; mail, téléphone personnel, individualisations » martèle le FSU-Snuipp 37, avant de conclure que « le contexte ne permet malheureusement pas de faire plus ! »