Des cercueils pour « enterrer l’université » sur la Place du Panthéon à Paris © Capture d’écran Twitter

Doctorants, chercheurs, enseignants… Jeudi 5 mars, plusieurs milliers d’entre eux se sont mobilisés pour exprimer leur opposition à la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Des manifestations qui ont eu lieu dans toute la France.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, avait annoncé le projet de loi en février 2019. Ce projet de LPPR « permettra de déterminer précisément l’ampleur de l’investissement engagé sur plusieurs années et d’asseoir cet effort financier sur des bases juridiques et institutionnelles solides » peut-on lire sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur. Le projet doit être présenté prochainement en Conseil des ministres. La loi serait adoptée cette année pour une mise en application dès 2021.

Dans une tribune au Monde, 800 chercheurs demandent son retrait. « Si ce projet venait à être adopté, il conduirait inévitablement à une dégradation accrue des conditions d’enseignement et de recherche, ainsi qu’à une amplification inacceptable de la précarisation, pourtant déjà si répandue dans ce service public » indiquent-ils.

Manifestations dans toute la France

Des actions se sont organisées à travers l’Hexagone. A Paris, 8600 personnes se sont mobilisés selon la préfecture sur l’esplanade de l’université Paris Diderot. Ils étaient plus de 25 000 selon les organisateurs. Les chercheurs réclament en effet un plan de titularisation massif des nombreux précaires. Ils demandent aussi des créations de postes et des crédits de fonctionnement pour les laboratoires.

« On dit stop ! On se lève et on se casse ! », martelait Marie Sonnette dans la foule, du comité de mobilisation la Coordination nationale des facs et labos en lutte. Elle a repris les termes de la romancière Virginie Despentes qu’elle a écrit dans une tribune à Libération, faisant écho au geste de l’actrice Adèle Haenel lors des Césars.

En région, des blocages ont eu lieu à l’Université de Aix-Marseille, à Toulouse, à Sciences Po Lille et sur un campus de Grenoble.