Une manifestation contre les E3C à Bordeaux. © Capture d’écran France Bleu

Les épreuves communes de contrôle continu (E3C), instaurées avec la réforme du baccalauréat, ont fait coulé beaucoup d’encre dans la communauté éducative. Depuis le lancement des E3C le 20 janvier dernier, les lycées ont connu d’importantes perturbations, dans toute la France.

Pour rappel, les élèves de première doivent plancher sur une épreuve d’histoire-géo, de langue vivante ― et de mathématiques pour la voie technologique ―. Les E3C sont réparties en trois sessions en 1ère et en terminale et comptent pour 30% de la note finale.

Or de nombreux enseignants et élèves continuent de contester ces épreuves. Dans un communiqué du 7 février dernier, l’intersyndicale des chefs d’établissement dénonçait « une violence croissante, prenant des formes diverses, et franchissant chaque jour de nouvelles limites ».

Des manifestations qui persistent

Alors que les dernières copies doivent être rendues d’ici le 15 mars, certains lycées sont toujours mobilisés contre les E3C. C’est notamment le cas en Seine-Saint-Denis. Selon les syndicats locaux, les villes de Stains et de Montreuil « reportent ou annulent » les épreuves. Au Blanc-Mesnil, les enseignants sont « massivement en grève ».

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40 000 copies manquantes

En raison des perturbations, certains lycées ont reporté ou même annulé les E3C. Certains chefs d’établissements se retrouvent démunis. Interrogé par France info, le proviseur du Lycée Turgot de Paris déclare avoir reporté les E3C à trois reprises. « Aujourd’hui je ne sais pas quoi faire. Je reconnais que je suis en échec » explique t-il.  » Reconvoquer une quatrième fois les épreuves avant les vacances de printemps et risquer de se retrouver dans la même situation de charivari nous paraît difficile« .

En effet, 40 000 copies manquent à l’appel, a indiqué, mardi 3 mars, le ministre de l’Education nationale, sur LCI. « Pour les élèves concernés, c’est effectivement une nuisance, c’est quelque chose de mauvais pour eux que de ne pas avoir fait encore leur copie. C’est en train de se faire ces jours-ci. Dans les cas les plus extrêmes, on envisage la délocalisation. Ça concerne moins d’1% des établissements » précise-il.

Le ministre souhaite délocaliser les épreuves

Pour limiter les blocages et les manifestations, Jean-Michel Blanquer souhaite délocaliser les épreuves pour la prochaine session des E3C, prévues pour la mi-mai. « L’ultime parade c’est la délocalisation » explique t-il, avant d’ajouter : « Ça concerne moins d’1 % des établissements, dans l’immense majorité des autres, désormais c’est fait. Les copies sont numérisées, presque toutes corrigées ».

Enfin, le ministre a également affirmé que les quelques élèves récalcitrants qui ne se présentent pas aux épreuves auront « bien entendu » un zéro.