L’Hopital de la Pitié-Salêptrière, à Paris, où l’enseignant est décédé dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 février 2020 © Capture d’écran AP-HP

Le Coronavirus Covid-19 se propage à vitesse grand V. Mercredi 26 février, le ministère de la Santé annonce trois nouveaux cas confirmés en France. Parmi ces trois cas, un enseignant originaire de Vaumoise (Oise) a été hospitalisé à la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il a succombé au virus dans la nuit de mardi à mercredi, rapporte Etienne Champion, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France. Il s’agit du premier Français mort du Covid-19. Ce drame suscite l’émoi dans la communauté éducative.

Selon le maire de la commune, il serait mort « d’une embolie pulmonaire ». Une autre source médicale confirme au Parisien que cet enseignant d’un collège de Crépy-en-Valois, était bien atteint du Coronavirus ; « mais il est mort d’une embolie pulmonaire massive ». Le patient avait d’abord été pris en charge par le centre hospitalier de Creil, où il y est resté 6 jours. Il a ensuite été transféré à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière pour effectuer des tests en urgence. Résultat : il a été déclaré positif au Covid-19.

L’enseignant ne revenait pas d’un voyage de Chine ou d’Italie

Tandis que les rectorats ont demandé d’interdire l’accès aux établissements scolaires aux élèves et aux adultes qui reviennent de Chine, de Corée du Sud ou d’Italie du Nord, zones fortement touchées par le virus, le maire de Vaumoise indique que l’enseignant ne rentrait d’aucun de ces pays. « L’homme a été en arrêt de travail à partir du 12 février inclus et n’a pas fréquenté son établissement depuis cette date » précise de son côté le directeur général de l’ARS des Hauts-de-France , à France info. « Des investigations sont en cours » pour déterminer l’origine de l’infection, qui reste encore inconnue.

Ouverture d’une cellule de crise

Une cellule de crise a été mise en place pour retrouver les personnes qui ont été en contact avec l’enseignant. L’ARS Hauts-de-France travaille « depuis hier soir à l’identification » des personnes avec lesquelles il a été en « contact rapproché », précise Etienne Champion. « Les proches ont été contactés et sont actuellement en surveillance ».

Cinq autres lycéens de Courbevoie (Hauts-de-Seine) ont été hospitalisés et mentionnés par Jean-Michel Blanquer hier matin sur France Inter. Ils ont été « testés négativement ». L’un d’entre eux a dû effectuer un examen supplémentaire car « le premier n’était pas interprétable« , a précisé l’administration.

Le SNES évoque les droits des personnels

Par ailleurs, dans un communiqué, le SNES énonce les droits des personnels. D’une part, il est écrit qu’un agent -personnel de l’éducation- doit toujours « se trouver dans une position statutaire et réglementaire ». Puis, selon l’article R421-10-3 du Code de l’éducation, le chef d’établissement prend « toutes dispositions pour assurer la sécurité des personnes et des biens, l’hygiène et la salubrité de l’établissement ». D’autre part, dans le cas d’une mise en quarantaine, le communiqué stipule que l’agent doit être en arrêt de travail.

Selon le syndicat, le Ministère de l’Education nationale recommande « de reporter tout voyage scolaire en Chine, de reporter tout voyage scolaire vers l’Italie du nord compte tenu des restrictions mises en place localement (Lombardie et Vénétie) et de reconsidérer la pertinence de tous les voyages scolaires vers les zones d’exposition ».

De son côté, l’UNSA Education demande « la tenue d’une réunion nationale et de réunions académiques et départementales avec les organisations syndicales pour se préparer collectivement à l’éventualité d’une crise sanitaire ». Elle souhaite également que « des référents dans les territoires » soient désignés pour les directeurs d’école et les chefs d’établissements.