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Lutter contre le « séparatisme islamiste » ? Le président de la République, Emmanuel Macron était à Mulhouse (Haut-Rhin) ce mardi 18 février, pour dévoiler son plan pour lutter contre le « séparatisme ». Parmi les mesures annoncées, la fin des enseignements de langue et de culture d’origine (ELCO). Ils seront remplacés par des Enseignements d’initiation aux langues étrangères (EILE).

Le dispositif ELCO, facultatif, concerne neuf pays : l’Algérie, la Croatie, l’Espagne, l’Italie, le Maroc, le Portugal, la Serbie, la Tunisie et la Turquie. Il est notamment mis en oeuvre par le biais d’accords bilatéraux qui visent à faciliter l’apprentissage d’une deuxième langue, à partir de la maîtrise de la langue maternelle. Ces enseignements étaient assurés dans les écoles primaires.

Le dispositif est par ailleurs régi par une directive européenne du 25 juillet 1977 : « Les Etats membres prennent, conformément à leurs situations nationales et à leurs systèmes juridiques, et en coopération avec les Etats d’origine, les mesures appropriées en vue de promouvoir, en coordination avec l’enseignement normal, un enseignement de la langue maternelle et de la culture du pays d’origine en faveur des enfants » indique ainsi Eduscol.

Des cours enseignés sans que l’EN « ne puisse exercer le moindre contrôle »

«Le problème que nous avons aujourd’hui avec ce dispositif, c’est que nous avons de plus en plus d’enseignants qui ne parlent pas le français » affirme le chef de l’Etat. Il souhaite donc mettre fin à ce dispositif, qui concerne 80.000 élèves par an. «Je ne suis pas à l’aise à l’idée d’avoir dans l’école de la République des femmes et des hommes qui peuvent enseigner sans que l’Éducation nationale ne puisse exercer le moindre contrôle» a-t-il affirmé.

Selon Emmanuel Macron, les EILE seront dispensés par des professeurs « dont nous serons sûrs qu’ils maîtrisent le français ». De surcroît, les enseignants et les programmes enseignés « feront l’objet d’un contrôle par le ministère de l’Education nationale ».

Une mesure déjà évoquée en 2016

La suppression des ELCO n’est pas une idée nouvelle. En effet, Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’éducation, estimait en 2016 que les ELCO devenaient « problématiques », face au « communautarisme, avec des enfants regroupés par pays d’origine ». Sur Twitter, elle réagit aux annonces du président afin de rappeler que « cette démarche avait déjà été lancée ».

Jean-Michel Blanquer sur le « séparatisme islamiste »

De son côté, le ministre de l’Education nationale était l’invité de Franceinfo, mercredi 19 février. Il est revenu sur les annonces du Chef de l’Etat concernant « le séparatisme islamiste ». Selon lui, le séparatisme s’est « fortement accentué dans certains quartiers » depuis plusieurs années, dans « certaines villes » comme Roubaix ou Maubeuge. « Ce sont des endroits où certains ont, en quelque sorte, pris le pouvoir dans la rue, et ça se voit ».

Enfin, le ministre s’est exprimé au sujet de la radicalisation islamiste. Il affirme avoir « empêché 27 ouvertures d’écoles » concernées par la radicalisation. « J’ai fait quatre fermetures l’année dernière et je vais en faire d’autres au cours des prochains temps » conclut-il.