© Getty Images

Tandis que l’opposition des personnels de l’éducation contre la réforme des retraites bat son plein, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a détaillé, lors d’une réunion avec les organisations syndicales, la réparition de son enveloppe budgétaire de 500 millions d’euros pour revaloriser les salaires des enseignants.

Pour rappel, Jean-Michel Blanquer avait annoncé qu’il souhaitait revoir à la hausse les salaires et les primes des enseignants. Des augmentations qui devraient intervenir dès le 1er janvier 2021. « Nous garantissons qu’ils [les personnels de l’éducation] partiront avec un niveau de retraite semblable à celui qui existe aujourd’hui » expliquait-il.

Quatre hypothèses de revalorisation

A l’issue de la réunion, le ministère a proposé aux syndicats quatre scénarios de revalorisation. Le premier scénario concerne les professeurs les plus jeunes, ceux qui sont dans les neuf premières années de leur carrière. Il propose 157 euros nets de plus par mois, mais cela concerne seulement 14% des enseignants.

Le second scénario concerne un panel plus large, près d’un quart des professeurs qui sont dans les 12 premières années de carrière, avec 128 euros nets mensuels. Le troisième scénario concerne 44% d’entre eux pour 18 ans de carrière, avec 114 euros mensuels. Enfin, le dernier scénario couvre 76% des enseignants, avec une augmentation de 93 euros par mois.

A travers ces hypothèses, le ministère a pour objectif de revaloriser les professeurs les plus jeunes pour compenser les effets de la réforme des retraites. Il souhaite aussi renforcer l’attractivité du métier d’enseignant.

Par ailleurs, le Sgen-CFDT précise, dans un communiqué, que la revalorisation s’effectue « par le biais d’une prime qui sera versée sans condition (aucune mission nouvelle demandée aux personnels concernés) ». Elle serait ainsi « différenciée uniquement selon les échelons afin de prioriser les débuts et milieux de carrière ».

Ces annonces « ne satisfont aucune organisation syndicale et créent de la tension »

Du côté des syndicats, la déception est grande. Selon le Snalc, « le ministère est parti du principe que les enseignants au collège et au lycée font des heures supplémentaires qui améliorent leurs revenus nets » indique Jean-Rémi Girard, membre du syndicat, au Monde« Mais c’est oublier que tout le monde n’en fait pas, et qu’elles représentent du travail en plus. On ne peut donc pas les prendre en compte dans la revalorisation. »

Catherine Nave-Bekthi, secrétaire générale du Sgen-Cfdt explique quant à elle à Franceinfo que ces mesures « ne satisfont aucune organisation syndicale » et « créent de la tension qui n’était pas utile ». En effet, l’enveloppe budgétaire ne servirait pas uniquement aux primes, mais aussi au financement des heures supplémentaires.

La secrétaire générale estime que le travail des enseignants est déjà en temps plein. « Les enseignants travaillent jusqu’à 20 jours pendant les vacances scolaires qui sont bien les vacances des élèves et pas les congés des personnels qui réalisent une partie de leurs missions » explique-elle. « Toutes les réformes de ces dernières décennies supposent une plus grande implication de l’ensemble du personnel. Or, ce temps-là n’existe pas et lorsqu’il est réalisé, il n’est jamais reconnu ».

La première enveloppe budgétaire sera complétée « par d’autres du même ordre au fil des années ». Une loi de programmation pluriannuelle sera préparée à l’été 2020 et « pourrait porter sur 5 années de 2022 à 2026 ».