Les épreuves communes de contrôle continu (E3C) ont fait couler beaucoup d’encre dans le milieu éducatif ces dernières semaines. Des perturbations qui inquiètent beaucoup l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG).

En effet, à l’issue d’une commission pédagogique nationale samedi 1er février, l’association dénonce, dans un communiqué, les conditions d’organisation de cette première vague des E3C.

« Ces épreuves, menées dans la précipitation, font reculer considérablement le caractère national du baccalauréat en multipliant les difficultés des enseignants, en imposant une pression nouvelle, parfois source d’angoisse, aux élèves et de lourdes contraintes d’organisation dans les établissements » affirment-ils.

Inégalités

L’APHG s’inquiète des problèmes rencontrés dans l’organisation des épreuves. Elle évoque une « disparité totale dans le choix des sujets parfois imposés, sans concertation, par certains chefs d’établissements ». L’association parle aussi d’inégalités « dans le temps de correction des copies avec des délais variables d’une académie à l’autre » et de « rupture d’égalité entre les établissements dans l’organisation des épreuves« .

Le vice-président de l’APHG, François Da Rocha Carneiro, compare par ailleurs la réforme à “un ramassis de précipitation”, doublé d’une “opacité permanente”.  Dans son lycée de Roubaix (Nord), qu’il décrit comme « établissement sensible », ses élèves se sont appuyés sur des résumés de cours pour réviser, à quelques jours du démarrage des E3C. « Mes élèves ont des difficultés sociales, culturelles… Certains ne s’étaient même pas rendus compte qu’on parlait du bac, du vrai ! La clarté n’a pas été le propre de cette réforme qui risque de creuser les inégalités” expliquait-il.

L’APHG demande l’abrogation des épreuves

Face à ces conditions, l’APHG, réunie en comité national le 2 février 2020, demande l’abrogation des E3C ainsi que le remplacement de l’épreuve d’histoire-géographie par « une épreuve nationale en fin de terminale ».

L’APHG « souhaite que toutes et tous retrouvent le plaisir d’enseigner et d’étudier dans un climat de confiance » .