Pour cette sixième semaine de grève, une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle se profile partout en France. En effet, les syndicats enseignants protestent à nouveau contre la réforme des retraites, mais aussi contre les épreuves communes de contrôle continu (E3C) qui doivent débuter le 20 janvier prochain, dans le cadre de la réforme du bac.

A Paris, le SNES-FSU de Créteil et la CGT Education appellent à la mobilisation aujourd’hui devant le ministère de l’Education nationale.

Le taux de grévistes reste toutefois faible. Le ministère de l’Education nationale compte ce matin près de 6,72% de grévistes (soit 6,60% dans le 1er degré et 6,83% dans le secondaire) d’après le communiqué officiel.

De son côté, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, était l’invité de la matinale d’RTL. Il s’est de nouveau exprimé sur la revalorisation des salaires des enseignants, qu’il avait promis de revoir à la hausse, pour maintenir leur niveau de retraite. La semaine dernière, alors invité sur LCI, il avait affirmé que les personnels de l’éducation « partiraient avec un niveau de retraite semblable à celui qui existe aujourd’hui« . Une augmentation qui concernerait tous les personnels « mais notamment les plus jeunes », avait-il précisé.

Pour les jeunes profs : « entre 70 et 90 euros nets par mois » supplémentaires

« Les augmentations que l’on va faire peuvent se traduire dès l’année prochaine, en 2021, par des hausses très substantielles pour les jeunes professeurs » annonce ce matin le ministre de l’Education nationale. Il explique que la France a besoin d’enseignants et souhaite rendre le métier plus attractif. « Un professeur qui commence aujourd’hui, il est à 1.600 euros mensuels environ. Ce n’est pas assez, vu le niveau d’études et ce que nous voulons dès l’année prochaine, c’est que ce soit une augmentation qui puisse être entre 70 et 90 euros nets par mois en plus ».

Pour les E3C, » un retrait de salaire » si refus de correction des copies

Depuis plusieurs jours, la résistance contre les épreuves communes de contrôle continu (E3C) s’organise dans les lycées. Le 10 janvier, l’intersyndicale enseignante a adressé un courrier au ministère de l’Education nationale pour demander l’annulation des épreuves, estimant que « rien n’est prêt, ce qui contribue au stress grandissant des élèves » et que cela révèle un malaise enseignant.

Sur le sujet, le ministre de l’Education nationale a minimisé les appels au boycott des E3C : « C’est le fait d’une petite minorité qui est très vocale et que l’on entend beaucoup. Ce n’est pas le cas de la grande majorité des professeurs ». Il prévient aussi que si un professeur refuse de corriger les copies des E3C, « il y aura un retrait de salaire ».

Par ailleurs, en réponse aux mouvements de protestation des professeurs, en particulier ceux de Clermont-Ferrand qui ont balancé des livres par-dessus la grille du rectorat, le ministre parle d’un très « mauvais symbole ». « Nous existons nous, l’Education nationale, pour transmettre le savoir. Le livre est l’incarnation même de cette mission. Ceux qui font cela nous déshonore ».

Les syndicats appellent à une nouvelle semaine de mobilisation

Les organisations syndicales restent déterminés contre le retrait du projet de réforme des retraites. « L’ensemble des personnels de l’éducation à poursuivre et renforcer la grève y compris reconductible là où les salarié-e-s le décident », peut-on lire dans le communiqué.

Ainsi, l’intersyndicale appelle à des nouvelles journées de mobilisation interprofessionnelles dans toute la France, les 22 et 23 janvier prochain. Puis, le vendredi 24 janvier, journée du conseil des ministres qui devrait examiner le projet de loi, ils appellent à une journée « massive de grève et de manifestation ».