Le premier ministre Edouard Phillippe présente la réforme des retraites, le 19 décembre 2019 à Matignon © Capture d’écran Franceinfo

Au lendemain de la mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites, le gouvernement dévoile, vendredi 10 janvier, l’avant-projet de loi de la réforme. Le texte reprend le rapport « pour un système universel de retraite » de Jean-Paul Delevoye , qui était haut commissaire aux Retraites jusqu’en décembre 2019. Il a été ajusté par le premier ministre Edouard Philippe lors de sa prise de parole à Matignon le 19 décembre dernier.

Parmi les mesures annoncées, le rapport préconise le système universel de retraite par « points », l’âge pivot de « 64 ans pour la génération 1965 qui partira à la retraite à partir de 2027 » et un « même niveau de retraite » pour les enseignants.

Une « revalorisation salariale » pour les enseignants

Avec le système universel de retraite par points, qui, selon le texte, entrera en vigueur « à partir de 2025 pour la génération 2025 », les enseignants redoutent la nouvelle réforme des retraites qui les pénalisent. En effet, ces derniers redoutent de voir leur pension baisser car la pension des enseignants ne sera plus calculée sur les six derniers mois de salaire mais sur l’ensemble de leur carrière. Il faut « garantir un même niveau de retraite pour les enseignants et chercheurs que pour des corps équivalents de même catégorie de la fonction publique », précise le texte.

Invité de LCI le 7 janvier dernier, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, avait tenu à rassurer les personnels de l’éducation. Il s’était exprimé sur la revalorisation des salaires des enseignants. « Nous garantissons qu’ils [les personnels de l’éducation] partiront avec un niveau de retraite semblable à celui qui existe aujourd’hui, en tenant compte de l’inflation, etc. Cela nous oblige de toute façon à une augmentation de la rémunération » avait-il ainsi affirmé.

Lors de la quatrième journée de mobilisation enseignante contre la réforme, jeudi 9 janvier, le ministère de l’Education nationale comptait près de 19% de grévistes dans le primaire et près de 17% dans le secondaire.

Les syndicats appellent de nouveau à la grève

Toujours vivement opposées à la réforme, les organisations syndicales -CGT, FO, Solidaires, CFE-CGC, FSU- appellent à de nouvelles journées de mobilisations les 14, 15 et 16 janvier selon BFM TV. L’intersyndicale souhaite également que la journée du samedi 11 soit une journée interprofessionnelle « de manifestations et de mobilisations massives ». « Nous appelons à préparer des actions pour les 14, 15 et 16, dont les modalités seront précisées samedi soir en fonction de la réussite du 11 » a indiqué Eric Beynel à BFM TV, porte-parole de Solidaires.