Focus sur les initiatives pédagogiques de la Ligue des Droits de l’Homme

Martine Cocquet, secrétaire adjointe de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) nous présente les initiatives pédagogiques de l'association, avec notamment les interventions en milieu scolaire. Interview.

© Ligue des droits de l’Homme

Vous êtes secrétaire générale adjointe à la ligue des Droits de l’Homme (LDH). Quelles sont les principales initiatives pédagogiques de l’association ?

En milieu scolaire, la LDH a trois initiatives principales :

Les écrits pour la fraternité, une opération qui existe depuis 1991. Les écrits pour la fraternité s’adressent aux jeunes de la grande section de la maternelle jusqu’au lycée. Nous sommes obligés de laisser une grande ouverture en ce qui concerne les thèmes puisque les petits ne peuvent pas comprendre des thématiques comme le harcèlement sexuel par exemple. Tous les ans, nous choisissons des thèmes qui sont en résonance avec les questions d’actualité ou les préoccupations que l’on sent chez les jeunes.

Le concours des plaidoiries : il s’agit d’une initiative qui se développe depuis quelques années et qui concerne uniquement les lycéens. A partir de la déclaration universelle des droits de l’Homme, présentée et travaillée avec les enseignants et les membres de la LDH qui interviennent dans les établissements, les jeunes choisissent un droit fondamental qu’ils souhaitent faire connaître aux autres, et le développent. Ils se mettent par groupe et ils travaillent pendant plusieurs mois sur ce thème. A l’issue de ce travail, à l’intérieur de chaque classe, les élèves choisissent la plaidoirie qu’ils préfèrent.

Durant le mois de mai, un concours est organisé avec toutes les plaidoiries qui ont été sélectionnées et elles sont présentées devant un jury, composé de professionnels de la justice, de membres d’associations et de la LDH, qui va récompenser les trois meilleures plaidoiries à leurs yeux. Les sujets sont très variés bien que les questions de harcèlement scolaire, de l’égalité fille/garçon, la question des prisons, de l’homosexualité, du handicap reviennent souvent puisqu’il s’agit des préoccupations des jeunes, sur lesquelles ils ont envie de s’engager.

La LDH en résidence est une opération surtout développée dans la région toulousaine. La LDH s’installe dans l’établissement pendant plusieurs jours pour donner la parole aux élèves. Ils sont mis par petits groupes et des questionnaires sur des sujets de fond leur sont proposés. Ils échangent ensuite sur ces sujets entre eux, avant une mise en commun et des dialogues avec les membres de la LDH. Le but est de laisser émerger toutes les interrogations qui préoccupent les jeunes et qui ne sont pas forcément abordées. Cette initiative a beaucoup de succès et nous souhaiterions que cela fasse tache d’huile en s’étendant à d’autres régions. L’année précédente, 12 000 jeunes ont été concernés par cette initiative.

Pourquoi avoir choisi le thème de la liberté pour cette nouvelle édition des écrits pour la fraternité ?

Tout simplement car en 2017-2018, nous avions choisi la fraternité à partir de la solidarité. Nous avions abordé la question des réfugiés et des migrants à partir d’un vers du poème Le Voyageur de Guillaume Apollinaire : « Ouvrez-moi cette porte ou je frappe en pleurant ». Nous avions eu énormément de participation. L’édition 2018-2019 avait pour thème l’égalité à partir d’une phrase d’une chanson du groupe Zebda, Le bruit et l’odeur : « L’égalité, mes frères, n’existe que dans les rêves mais je n’abdique pas pour autant« . On s’est dit qu’il serait bien de faire réfléchir les jeunes aux questions des libertés afin d’avoir le triptyque de notre République. Cela nous permettra de faire un petit fascicule où nous reprendrions les meilleures œuvres primées sur les trois thèmes.

Quels sont les critères  pour les enfants ?

On a un jury -dont je fais partie- qui se réunit. Entre ce qui se produisait en 1991 et maintenant, il y a une grande évolution avec les nouvelles technologies qui se développent, il y a de moins en moins de textes écrits et davantage de productions vidéos et graphiques, ça permet de faire travailler toute la classe.

Nos critères sont principalement le respect du thème, la qualité de l’expression. Les membres du jury confrontent leurs points de vues, en discutent, se rendent compte qu’ils sont souvent d’accord, et pour chaque catégorie, ils finalisent.

La LDH va-t-elle réaliser d’autres initiatives pédagogiques dans les mois à venir ?

Les initiatives sont nombreuses. Beaucoup sont proposées par des sections à la demande de certains établissements qui veulent que la Ligue intervienne sur le racisme, la laïcité, ou le vivre-ensemble

Nous sommes énormément sollicités pour des interventions diverses, notamment depuis les attentats de 2015. Nous travaillons aussi avec le site du défenseur des droits pour l’éducation, pour aborder des sujets dans les établissements. La LDH est agréée par l’Education nationale.

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