Grève des corrections des copies du bac : Emmanuel Macron parle de « prise d’otage »

Le chef de l'Etat s'est exprimé dimanche 7 juillet au sujet de la rétention des notes. Des propos que le Snes-FSU juge "déplacés".

© Capture d’écran Franceinfo

Tandis que les oraux de rattrapage du baccalauréat débutent aujourd’hui, le président de la République Emmanuel Macron s’est exprimé au sujet des enseignants concernés par la rétention des notes. « Je respecte la liberté d’opinion, la liberté syndicale, mais à la fin des fins, on ne peut pas prendre nos enfants et leurs familles en otage » a t-il estimé, lors d’un entretien accordé à Franceinfo dimanche 7 juillet, en direct du stade de Lyon.

« Je crois que, quand on est enseignant dans la République française, on a des devoirs aussi » a déclaré Emmanuel Macron, en expliquant que le fait de ne pas corriger les copies vient sanctionner la fin des études secondaires de l’élève ainsi que son entrée en études supérieures. « Pour le reste, il peut y avoir des désaccords, il y a évidemment le droit de grève, de manifestation et j’y tiens beaucoup. mais en aucun cas, ces désaccords ne peuvent s’exprimer en prenant en otage nos jeunes et dans un moment d’angoisse important pour leurs familles » ajoute t-il.

Il a également salué le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, en affirmant qu’il a eu la « bonne réaction » en attribuant la note de contrôle continu à titre provisoire en cas d’absence de notes, pour permettre à l’élève d’avoir son résultat. « Il a été très clair sur les règles du jeu et les règles après correction des copies  » a t-il précisé. Le président de la République ne s’est cependant pas exprimé sur l’adoption du projet de loi de réforme du lycée et du baccalauréat.

Le SNES-Fsu juge les paroles du président « déplacées »

La secrétaire générale du Syndicat national des Enseignants du Second Degré (Snes-Fsu), Frédérique Rolet, a réagi sur Franceinfo aux propos d’Emmanuel Macron qu’elle juge « déplacés » et ne prenant pas en compte « la réalité de la situation« . « Le mouvement auquel ont été contraints les enseignants du second degré provient de mois de mobilisation et d’un manque d’écoute total de la part du ministre de l’Éducation » a t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Nous avons trouvé que la solution imaginée par Jean-Michel Blanquer qui consiste à prendre du contrôle continu dans les résultats du baccalauréat rompait ce principe d’égalité et donne une insécurité juridique à certains résultats dont il sera responsable« .

De son côté, Olivier Faure, secrétaire du Parti Socialiste, s’est indigné, sur Europe 1, de la réaction du chef de l’Etat sur les enseignants grévistes : « Ça veut dire quoi pris en otage? Ça veut dire que les enseignants sont des terroristes? Ça me paraît être hors de propos ».

Partagez l'article

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.