Réforme du lycée : quelle place pour l’enseignement de l’histoire-géographie ?

Nouveau baccalauréat, nouveaux programmes… Comment sera enseignée l’histoire-géographie après la réforme du lycée ? Eléments de réponse avec Nicolas Anoto, enseignant d'histoire-géographie et délégué national lycées-collèges du SE-Unsa.

Cours géographie – getty images

Avec cette réforme, combien d’heures d’enseignement sont consacrées à l’histoire-géographie ?

Il y a des temps différents en fonction de la classe. En seconde, il y a 3 heures auxquelles s’ajoute 30 minutes d’éducation civique.

En 1ère et terminale générale, il y a également 3 heures de tronc commun, et les lycéens peuvent ensuite prendre une spécialité histoire géographie – géopolitique et sciences politiques (une partie est enseignée par les enseignants de SES). Dans ce cas le total horaire est de 4 heures en 1ère et de 6 heures en Terminale. C’est une spécialité qui a été plébiscitée par les lycéens pour l’année prochaine ! En filière technologique, le tronc commun est d’1h30.

Pour le SE-Unsa il s’agit du bon équilibre, avec un tronc commun fort qui inclut des spécialités et qui prend également en compte les rythmes scolaires des élèves. Nous avions le souci de ne pas augmenter le temps de classe des lycéens et d’éviter un empilement de disciplines qui rendrait leur agenda trop lourd.

Y a-t-il des changements concernant les programmes ?

Nous avions été très critiques face à ceux présentés en décembre au Conseil supérieur de l’Education.  Il y a un retour en arrière “idéologique” vers des programmes proches de ceux proposés au début des années 2000, notamment sur l’espace français. L’accent est mis dans le programme sur le territoire français, l’échelle européenne est minorée, la géographie est seulement économique. En histoire, l’histoire est uniquement politique, événementielle, les femmes, le peuple sont quasiment oubliés, tout comme l’histoire sociale ou l’histoire culturelle.

Comment se déroulera l’épreuve d’histoire-géographie du baccalauréat ?

Les épreuves restent assez classiques : des longues questions avec des réponses construites et développées, une étude de document et un croquis pour la géographie.

Ces épreuves sont hélas assez peu ambitieuses. En effet, d’autres types d’épreuves comme des notes de synthèse auraient pu être envisagées par exemple. Nous demandions une concertation afin de proposer des épreuves qui préparent davantage à l’enseignement supérieur. Nous n’avons pas été entendus, mais nous allons continuer à militer en ce sens !

Selon vous, quels sont les points positifs de cette réforme ?

Cette réforme est intéressante car elle permet la création de beaucoup de parcours pour les élèves. Ils ne restent plus cloisonnés entre une filière littéraire ou scientifique, désormais chaque lycéen peut créer son propre parcours mixte.

Le SE-Unsa souhaitait par ailleurs donner une place plus importante au contrôle continu, ce qui est le cas avec cette réforme.

A l’inverse, quels sont les points négatifs ?

Hélas le ministère ne s’est pas donné les moyens de réussir cette réforme, car finalement les choix de spécialités des élèves sont limités à seulement quelques combinaisons. En effet pour des raisons de logistique et pour la constitution de groupes de classe, les lycéens ont parfois peu de choix. Le ministère a également manqué d’ambition pour préparer les élèves à l’enseignement supérieur.

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