Réforme du lycée : selon le SNES-FSU, les choix d’orientation restent identiques

Selon une étude du syndicat, les élèves optent très largement pour les spécialités scientifiques

© Getty Images

Tandis que la réforme du lycée et du baccalauréat se mettra en place à la rentrée 2019, une étude a été réalisée par le Syndicat National des Enseignements du Second degré (SNES-FSU) révélée par Franceinfo ce 18 avril. Elle porte sur « une première enquête quantitative concernant l’effet de la réforme Blanquer sur les choix d’orientation des élèves actuellement en seconde ». Le résultat est sans appel : la suppression des séries L,ES,S « au profit d’un ‘libre choix’ de ‘spécialités’ n’a absolument pas remis en cause la domination quantitative de la série S dans le lycée » affirme le syndicat.

L’enquête s’appuie sur un échantillon de 3998 lycéens de 18 établissements français. Le syndicat s’est intéressé aux trois premiers vœux choisis par les élèves de seconde concernant les spécialités qu’ils souhaitent étudier en première. Pour rappel, ils doivent choisir trois spécialités obligatoires en première et deux en terminale. Le SNES-FSU précise que les lycéens interrogés « ont été sélectionnés selon des critères représentatifs ».

Filles littéraires, garçons scientifiques

Selon le syndicat, la réforme ne change rien sur les « inégalités de genre« . En effet, les garçons ont tendance à être toujours attirés par les disciplines scientifiques -notamment les mathématiques- tandis que les filles se dirigent vers des disciplines plus littéraires.

Valérie Sipahimalani, secrétaire générale adjointe du SNES-FSU était l’invitée de Marc Fauvelle ce matin sur Franceinfo. Elle s’est exprimée sur la prédominance de la filière scientifique qui subsiste avec la réforme du lycée. « 47% de jeunes filles se dirigeaient vers la filière scientifique, qui représente un quart des bacheliers. Avec la réforme, on a encore moins de filles qui choisissent cette filière » confie t-elle.

Les matières scientifiques choisies en priorité

Le SNES-FSU met l’accent sur les « hiérarchies de prestige » c’est-à-dire les matières phares -mathématiques, SVT, physique-chimie- de l’actuelle série scientifique. « Les trois spécialités les plus souvent demandées par les élèves sont justement les trois disciplines centrales de la série S. Elles sont suivies par deux disciplines qui sont au centre de la série ES, elles-mêmes suivies par deux disciplines typiques de la série L » selon le syndicat.

Inégalités sociales selon les matières

Outre le fait que les disciplines scientifiques sont les plus plébiscitées des élèves, elles sont choisies par ceux qui ont les meilleurs résultats et qui sont issus de familles favorisées. « Les élèves des familles qui connaissent bien le système se dirigent vers les études scientifiques« , selon la secrétaire générale adjointe du SNES-FSU.

Enfin, avec la réforme du lycée, la situation « se dégrade pour les élèves des milieux populaires ». Valérie Sipahimalani explique ainsi que « les élèves qui n’ont pas confiance en eux, c’est-à-dire les élèves des milieux populaires, renoncent et se dirigent vers d’autres spécialités ». 

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1 commentaire sur "Réforme du lycée : selon le SNES-FSU, les choix d’orientation restent identiques"

  1. Viviane Micaud  18 avril 2019 à 12 h 09 min

    La réforme du lycée semble destiner à faire des spécialités (ou options) à 35 élèves. On demande aux élèves de choisir 4 spécialités. Les élèves sauront les 3 spécialités auxquelles ils auront droit à la rentrée.
    La hiérarchie des filières du lycée qui se fait sur le niveau en expression écrite avec un premier tri entre le lycée professionnel, le lycée technologique et le lycée général. Un deuxième tri était le niveau en maths entre L, ES et S. Le premier tri n’est pas supprimé. Le deuxième tri sera sera amplifié. Il y aura ceux qui auront le droit à l’option maths et les autres…. avec la même hiérarchie. I
    Après la 3ème, une échelle de niveaux sur les deux compétences « expressions écrites » et « maths » est incontournable. Par contre, il y a aucune raison que la « dominante » ou « majeure » ensemble de matière que le jeune choisi d’approfondir soit lié un niveau dans les deux compétences « expressions écrites » et « maths » qui devrait être traitées de manière symétrique.Signaler un abus

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