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Dans le cadre du « plan pauvreté » annoncé par le gouvernement et la ministre de la santé Agnès Buzyn, Christelle Dubos, secrétaire d’État auprès de la ministre de la santé, a annoncé ce dimanche 7 avril le lancement de « la cantine à un euro ».

L’initiative se mettra en place à partir du 12 avril prochain. « Cela concernera jusqu’à 10 000 communes » et celles « qui s’engagent recevront une aide de l’Etat de 2 euros par repas, sachant qu’il coûte en moyenne 4,50 euros » a déclaré Christelle Dubos dans un entretien au Journal du dimanche.

La question de la pauvreté à l’école avait déjà fait l’objet d’un rapport en 2015 par l’inspecteur général de l’Éducation nationale, Jean-Paul Delahaye. Intitulé « Grande pauvreté et réussite scolaire » et remis à l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, ce rapport stipulait que la restauration scolaire devait être moins coûteuse pour les familles défavorisées.

Petits déjeuners gratuits

En France en effet, un enfant sur dix arrive à l’école le ventre vide, selon la secrétaire d’État auprès du ministre de la santé. « Il n’a donc pas les mêmes chances d’apprentissage qu’un camarade qui a le ventre plein. Mettre en place le petit déjeuner à l’école, c’est une mesure de bon sens qui s’attaque aux racines des inégalités ». Des établissements défavorisés de huit académies -notamment Amiens, Toulouse et Montpellier- vont ainsi proposer des petits déjeuners gratuits à partir du 17 avril, aux enfants des familles à faible revenu.

Et ce phénomène touche davantage les enfants scolarisés en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+). Radouane M’Hamdi, secrétaire départemental du SNPDEN et chef d’établissement d’un collège REP+ à Sevran (Seine-Saint-Denis) explique à Franceinfo que « jusqu’à 25% des élèves n’ont rien pris le matin ». Il ajoute aussi que jeûner le matin se révèle être un « frein » dans la réussite des élèves. « Si on a commencé la journée vers 7h-7h30, on a un pic de baisse de sucres, on est moins concentré et les décisions que vous prenez, vous et moi, ne sont pas les mêmes que si on a déjeuné correctement » affirme-t-il.

Certaines communes ont déjà instauré des aides, comme à Bobigny (Seine-Saint-Denis) où la cantine est gratuite et prise en charge par la mairie, pour un coût de plus de deux millions d’euros. Mais le dispositif « cantine à un euro et petits déjeuners gratuits »annoncé par Christelle Dubos, sera généralisé sur tout le territoire français dès la rentrée prochaine.