Préparation des examens : les conseils d’une psychiatre pour ne pas craquer

La période des concours, examens, révisions, bat son plein ! Que faire si un élève est sur le point de craquer, ou s’il est déjà trop tard ? Eléments de réponse avec Dominique Monchablon, psychiatre et chef de service du Relais Étudiants Lycéens de Paris.

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Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis chef de service au Relais Etudiants Lycéens à la Fondation Santé des Etudiants de France. Cette structure accueille gratuitement depuis 25 ans des lycéens et des étudiants en questionnement ou en difficultés dans leur parcours scolaire ou universitaire, ces difficultés étant associées à un mal être d’ordre personnel familial ou environnemental.

30 à 40% de ces jeunes sont issus de classes préparatoires.

Quelles répercussions a la préparation des concours sur la santé des élèves ?

Ces répercussions sont en premier lieu la fatigue et le « stress », l’un et l’autre se renforçant mutuellement. Elles sont corrélées à la personnalité antérieure du sujet (les sujets anxieux y seront plus vulnérables) et aux stratégies mises en place par le sujet pour faire face aux échéances. Une stratégie habituelle et potentiellement néfaste est de « travailler davantage » plutôt que de « travailler  mieux » jusqu’à la neutralisation de toute plage de loisir et de plaisir associée à une réduction  draconienne du temps de sommeil et de récupération : l’ensemble ajoute à la pénibilité de la tâche un surcroît de fatigue qui invalide les compétences et aggrave la vulnérabilité au stress dans une spirale négative.

Plus l’âge de l’étudiant sera avancé, plus il peut être confronté à un cumul de facteurs de stress, affectif ou économique par exemple, qui va aggraver la situation.

Que faire lorsqu’un élève est en train de craquer ou s’il a craqué avant de passer ses épreuves ?

L’étudiant doit notamment organiser ses tâches et ses journées et préserver au maximum un temps de détente si modeste soit-il. S’il est très sportif ou qu’il exerce une activité artistique, l’arrêt de toute activité va contribuer à un inconfort psychologique croissant sans gain pour ses performances intellectuelles.

Autre chose importante : la hiérarchisation des priorités. Si l’étudiant est confronté à des injonctions contradictoires qui peuvent paralyser l’action, il doit se poser la question : “en quoi j’investis prioritairement mon temps et mon énergie ?” Quitte à expliquer à son entourage ses choix et son manque de disponibilité pour autre chose que les concours.

Et le plus important, l’élève doit réfléchir sur les enjeux de son investissement. Il doit relativiser, car les classes préparatoires proposent de nombreuses issues ! Nous invitons les jeunes à diversifier leurs projets et, au lieu de n’avoir qu’un plan A, à avoir des plans B et C. Il n’y a rien de pire que de passer plusieurs années à travailler sur un seul et même concours.

Que faire si l’élève vient de rater un concours ?

A la fin d’un concours, il y a toujours un sentiment de vide dépressif qui est naturel, certains mettent du temps à s’en remettre. Cette sensation est très subjective, et si les résultats ne sont pas encore annoncés, cela ne veut rien dire. Durant ce temps d’attente, nous proposons aux élèves de travailler de manière anticipée leurs oraux ou de trouver des plans B et C au cas où leurs résultats soient négatifs.

Quels conseils pour éviter de craquer ?

Il faut d’abord remettre en place des facteurs de protection somatique, comme le sommeil. L’étudiant doit bien dormir, c’est essentiel. Si ses nuits sont courtes, il peut faire des siestes ou dormir un peu plus le week-end. Bien entendu, il doit également bien s’alimenter ! Cette protection doit concorder avec le rythme de vie de l’élève et se faire, si possible, sans médicaments. Il est important d’éviter toute addiction, et surtout de ne pas tester de nouvelles expériences, car cela pourrait déséquilibrer l’élève. Comme dit précédemment, il doit également hiérarchiser ses priorités et organiser son temps, ce qui peut être rassurant.

Est-ce que les jeunes gardent des séquelles de leurs échecs ?

Il peut y avoir des séquelles lorsque l’étudiant assimile des bénéfices secondaires qui n’ont rien à voir avec le concours. Par exemple, il peut avoir des séquelles si une bourse importante ou un visa pour les étudiants internationaux dépendaient de sa réussite au concours. Dans ce cas un échec peut être dramatique, notamment pour les élèves asiatiques qui ont des attentes familiales très fortes.

Mais de manière générale, ne dramatisons pas : même si l’élève peut avoir des remords ou des regrets, l’échec à un concours n’est jamais une catastrophe. S’il est réellement motivé et passionné par une matière, il pourra remettre à bien cette motivation autrement s’il a prévu des plans B et C !

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