Les jeunes issus de familles moins diplômées peinent à s’orienter, selon une enquête

Selon une enquête réalisée par une sociologue de l’Observatoire sociologique du changement (Sciences Po), les élèves dont les parents n'ont pas fait d'études supérieures sont plus enclins à être démunis lors de leur choix d'orientation.

S’orienter vers des études post-bac peut s’avérer difficile pour les élèves qui n’ont aucun adulte de leur famille avec un diplôme supérieur. C’est ce que révèle une enquête menée dans des lycées d’Ile-de-France par Agnès van Zanten, directrice de recherche CNRS à l’Observatoire sociologique du changement de Sciences Po. En effet, seulement 20% des familles concernées parlent d’orientation à la maison. Les jeunes qui viennent souvent de familles défavorisées, ont du mal à choisir les filières qui leur correspondent sur la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup.  Les données de l’OCDE rapportent par ailleurs que les adultes dont les aînés sont sans diplôme supérieur ne sont que 17% à en avoir un tandis que lorsqu’au moins un des deux parents est diplômé du supérieur, les adultes diplômés sont de 62%.

Interrogée par Le Monde, la sociologue raconte : «on pense que c’est l’information qui manque aux élèves. Or toutes les études montrent que c’est la capacité à traiter l’information, et l’appliquer à leur cas, qui leur fait défaut.»

Les salons d’orientation, une aide à double tranchant

Pour se faire une idée de la formation qu’il souhaite intégrer après le baccalauréat, l’élève peut en effet se rendre dans les salons dédiés à l’orientation. L’Onisep organise d’ailleurs un salon post-bac les 11 et 12 janvier prochains à la Grand Halle de la Villette dans le 19e arrondissement de Paris. Intitulé « Salon postbac 2019, bien choisir pour réussir », le salon est organisé par AEF et l’Onisep, en partenariat avec les rectorats de Paris, Créteil et Versailles. Les lycéens, étudiants et leurs familles peuvent se rendre dans ces salons pour se renseigner et rencontrer des représentants.

Toutefois, les salons peuvent être déconcertants pour les jeunes qui n’ont pas l’habitude de se questionner sur leur orientation. Agnès van Zanten confie au Monde que « certains parents projettent une image d’excellence » sur les écoles payantes, privées et coûteuses. «Alors que, en réalité, l’élite se forme bien souvent dans de grandes écoles publiques ou dans des formations universitaires sélectives nettement moins chères. Les familles dont les enfants sont la première génération à accéder à l’enseignement supérieur sont peu préparées à déconstruire les discours marchands» affirme la psychologue. En d’autres termes, c’est le fait de croire qu’une formation onéreuse est synonyme de bonne formation.

Elle a également noté que les jeunes issus de familles défavorisées « passent un temps fou sur Google Maps » notamment à cause de la distance entre l’établissement supérieur où ils souhaitent étudier et leur lieu de domicile. La distance peut être un frein pour le choix de l’élève.

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