Île-de-France : une étude du Cnesco mesure les inégalités territoriales dans les collèges

Le Cnesco publie une étude ce mercredi 24 octobre pour la première fois sur les inégalités territoriales, portant sur les 874 collèges publics d’Île-de-France.

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Le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) publie une étude ce mercredi 24 octobre sur les inégalités territoriales dans les collèges en Île-de-France, basée sur les ressources humaines des 874 collèges des académies de Paris, Créteil et Versailles. Cette étude a été réalisée par le Cnesco et des chercheurs géographes. En lien avec les données des collèges, ils ont établi des catégories de quartiers. Ils ont utilisé pour cela la plus petite unité géographique, infra-communale, établie par l’Insee, appelée IRIS, qui sert à découper en quartiers des populations à coloration sociale identique, rassemblant environ 2 600 habitants indique le Cnesco.

La présidente du Cnesco et professeure de sociologie à l’Université de Cergy-Pontoise, Nathalie Mons, explique dans l’avant-propos que l’étude porte pour la première fois sur les inégalités scolaires d’origine territoriale qui «demeurent taboues» et qui restent «peu explorées», contrairement aux inégalités sociales qui sont «largement étudiées».

 

 

 

Cnesco

Le Cnesco dresse un état des lieux qui montre les différentes catégories des quartiers de Paris et sa petite couronne, regroupant ainsi les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. La ville de Paris et les communes de Neuilly-sur-Seine, Boulogne-Billancourt et certains quartiers d’Issy-les-Moulineaux sont des territoires très favorisés. Une grande majorité des communes des Hauts-de-Seine et certaines communes du Val-de-Marne, notamment Charenton-le-Pont, Saint-Maur-des-Fossés ou encore Joinville-le-Pont sont des banlieues favorisées. La Seine-Saint-Denis (principalement le nord avec Saint-Denis, Aubervilliers, la Courneuve) et le sud du Val-de-Marne sont des zones en grande difficulté. Enfin, on constate que des inégalités sont présentes au sein même des différentes communes : certaines villes comme Asnières-sur-Seine et Colombes (Hauts-de-Seine) ou Noisy-le-Grand et Neuilly-sur-Marne dans le sud de la Seine-Saint-Denis présentent des inégalités selon les quartiers.

Analyse qualitative de l’enseignant

En corrélation avec ces différents de catégories dans les quartiers franciliens, le Cnesco s’est penché sur le profil des enseignants qui exercent. L’étude repose sur une analyse qualitative de l’enseignant, à savoir leur âge et leur stabilité dans l’établissement. Elle souligne que les enseignants âgés de moins de 30 ans sont beaucoup plus nombreux dans les collèges situés dans les quartiers difficiles où ils sont environ 30,1%, tandis que dans les territoires privilégiés de Paris et de sa banlieue, ils sont 9,6%. Un professeur peu expérimenté qui ne reste que peu de temps dans l’établissement ne va pas être en mesure de régler le souci du retard scolaire que certains élèves ont dès l’entrée en 6e. Dans les quartiers franciliens défavorisés seulement 17% des enseignants restent au-delà de huit ans au sein d’un même établissement.

Les enseignants non-titulaires dits «contractuels», d’après Le Monde, «ne représentent que 5,5% des professeurs de collèges des territoires parisiens et de banlieue favorisés», notamment dans les communes de Neuilly-sur-Seine ou de Boulogne-Billancourt. A l’inverse, les enseignants contractuels représentent «13% en moyenne dans les zones franciliennes cumulant le plus de difficultés socio-économiques». Un chiffre qui rejoint le recrutement des contractuels qui est «trois fois plus développé dans les territoires très défavorisés» selon l’étude. Une différence est à noter selon les départements : un enseignant au collège sur cinq est contractuel dans le département du Val d’Oise, contre 7,4% en Seine-et-Marne.

Les résultats de réussite au brevet national des collèges

En 2017, l’écart du taux de réussite du diplôme national du brevet (DNB) en Île-de-France est plutôt faible. Les quartiers privilégiés recensent 89% de réussite au DNB contre 83% pour les moins privilégiés. Pour mesurer l’écart des disparités territoriales, le Cnesco choisit de s’appuyer uniquement sur les résultats des épreuves écrites du brevet des collèges. L’étude stipule qu’elle «montre un lien important entre la composition sociale moyenne des établissements et le taux de réussite lorsque l’on considère uniquement les résultats aux épreuves écrites du DNB». Ainsi, les taux de réussite varient «du simple au double» dans les collèges franciliens selon le type de territoire : 57,5% de réussite sont constatés dans les territoires parisiens et de banlieue très favorisés et 24,3% dans les territoires cumulant le plus de difficultés économiques. La moyenne est donc de 42,8%. Dans un même département, plus précisément celui des Yvelines, les territoires les plus favorisés –comme Versailles ou le Chesnay– ont des résultats qui s’élèvent à 56% alors que pour les territoires défavorisés, le chiffre est de seulement 24,3%.

 

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