Education prioritaire : la Cour des comptes dresse un « bilan décevant »

La Cour des comptes publie, ce mercredi 17 octobre, un rapport sur la politique d’éducation prioritaire. L’instance estime que le dispositif ne remplit pas ses objectifs, malgré les sommes investies.

(CC/TouN)

Alors que le ministre de l’Education nationale vient d’affirmer son souhait de refondre l’éducation prioritaire, la Cour des comptes publie, ce mercredi 17 octobre, un rapport sur le sujet. Verdict : les magistrats dressent un « bilan décevant » de la politique d’éducation prioritaire et suggère de la rendre plus vigoureuse. En 2017, ce dispositif a coûté « 1,6 milliard d’euros mais sans que les résultats suivent », note la Cour. Pour l’instance, « l’éducation prioritaire, telle qu’elle a été mise en œuvre jusqu’à présent, n’a pas atteint son objectif ».

Malgré les moyens investis dans ces établissements, les résultats en français et en mathématiques des élèves y sont « 20 à 35% moins bons » que dans les autres écoles. Pourtant, l’objectif fixé était de « réduire à moins de 10% les écarts de niveau » entre les élèves en éducation prioritaire et les autres, rappelle la Cour des comptes. L’étiquette « éducation prioritaire » n’a donc pas amélioré les performances scolaires. Pire, elle a parfois un effet pervers en renforçant la mauvaise réputation des établissements.

La Cour des comptes pointe ici un problème de mixité sociale dans les écoles. Comme la carte des REP et REP + est publique, les parents fuient les établissements « éducation prioritaire » et préfèrent inscrire leur enfant ailleurs. En général, il s’agit d’élèves plus favorisés qui pourraient tirer vers le haut le niveau de la classe. La Cour propose ainsi de « faire évoluer la carte scolaire et les modalités d’affectation des élèves afin de favoriser la mixité », « en partenariat avec les collectivités locales ».

Dédoubler les classes en grande section de maternelle

Par ailleurs, l’instance propose de sortir de la distinction REP ou non REP, en créant des catégories intermédiaires de collèges. « Les moyens alloués seraient modulés pour tenir compte de la proportion des élèves en difficulté, quel que soit leur lieu de scolarisation ». Cela permettrait de prendre en compte les 70% d’élèves défavorisés qui ne font pas partie aujourd’hui de l’éducation prioritaire.

Autre lacune soulevée : la réduction de la taille des classes. « Elle a été trop longtemps modeste et insuffisamment orientée vers les REP + et le premier degré », regrette la Cour des comptes dans son rapport, qui salue néanmoins les dédoublements de CP/CE1 mis en place depuis cette rentrée. Actuellement, 100% des classes de CP en REP et REP+ sont concernés par ce dispositif. Les CE1 de ces zones s’y mettent progressivement et doivent être tous dédoublés en septembre 2019. La juridiction administrative propose toutefois de les étendre à la grande section de maternelle, voire aux classes de CE2.

Enfin, dernier point qui pose problème : la qualité des enseignants en REP. Ceux « affectés en éducation prioritaire demeurent les moins expérimentés, l’absentéisme y est plus marqué et les contractuels plus nombreux », note la Cour des comptes, qui propose de renforcer la formation des profs. Autres solutions ? Elle recommande deux ans d’ancienneté minimum pour les enseignants qui y travaillent et des « conditions de rémunération plus attractives ».

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