Concours des enseignants : 1117 postes restent vacants en primaire et en secondaire

Les résultats du CRPE et du Capes externe sont tombés : en primaire, les académies de Créteil et Versailles sont déficitaires, et en secondaire, des matières comme l'allemand et les maths peinent à recruter.

ESPE de l'académie de Versailles - Etudiants de Master 1 en conference / Centre de formation de Gennevilliers / Devenirenseignant.gouv.fr

ESPE de l’académie de Versailles – Etudiants de Master 1 en conference / Centre de formation de Gennevilliers / Devenirenseignant.gouv.fr

Les premiers résultats des concours de professeurs des écoles et des enseignants du secondaire sont tombés. Verdict : si la situation est meilleure que les années précédentes, en primaire certaines académies continuent néanmoins à peiner à recruter des PE, et en secondaire, certaines disciplines ne font pas non plus le plein.

“Au total, plus de 187 000 personnes se sont inscrites à un concours de recrutement externe pour devenir professeur dans l’enseignement public. Plus d’une personne sur cinq par génération est suffisamment attirée par les métiers de l’enseignement pour s’inscrire à un concours de l’éducation nationale. Ce chiffre témoigne de la valeur, du sens et la qualité des missions du ministère de l’Éducation nationale”, s’enthousiasme le ministère de l’Education nationale sur son site.

775 postes vacants dans les académies de Créteil et Versailles

Dans le premier degré, 10.797 candidats ont été admis au CRPE (externe, externe spécial et troisième concours), plus 650 candidats en cours d’admission au concours supplémentaire ouvert cette année pour les académies de Créteil et Versailles. Le CRPE externe seul a permis de recruter 9950 candidats, pour 10.536 postes ouverts – soit 586 postes vacants.

- contrastwerkstatt - fotolia.com

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Si toutes les académies couvrent les postes ouverts, ce n’est pas le cas des académies de Créteil et Versailles, qui éprouvent de grandes difficultés pour recruter depuis 5 ans, et où les postes non pourvus sont nombreux. Ainsi, à Créteil, 361 postes ne sont pas pourvus (sur 1704 postes ouverts), et à Versailles, 338 recrutements manquent (sur 2000 postes ouverts), selon les informations du Café Pédagogique. Au total, 775 postes manquent dans ces deux académies.

Selon l’Éducation nationale, le concours supplémentaire organisé dans ces deux académies en tension “devrait permettre de couvrir la totalité des besoins” pour Créteil, avec 400 postes en cours d’admission. Mais avec 250 postes ouverts pour Versailles, il devrait donc continuer à manquer à cette dernière académie 88 enseignants. Au total, indique le ministère, le taux de couverture du premier degré hors les deux concours supplémentaires est de 94 % de postes pourvus.

Lettres classiques, allemand et maths peinent à recruter

Dans le second degré, 11.783 candidats ont été admis au Capes externe. Cette année, deux disciplines habituellement sous tension “comblent tous leurs postes” – l’anglais avec 949 postes, les lettres modernes avec 1040 postes, et l’éducation musicale avec 119 postes. Toutefois, il faut noter que le nombre de postes proposés en 2018 pour l’anglais et les lettres modernes est largement inférieur à celui de l’année dernière.

Ainsi, en 2017, seuls 847 postes avaient été pourvus en anglais, sur 1190 ouverts. Et en lettres modernes, 1137 candidats avaient été admis, pour 1288 postes. En musique, en revanche, 150 postes seulement étaient proposés, pour 117 admis. De leur côté, l’histoire-géo, les SVT, la physique-chimie, la documentation et les sciences économiques et sociales voient également tous leurs postes pourvus.

Professeur de collège / Melinda Nagy / Fotolia

Professeur de collège / Melinda Nagy / Fotolia

En revanche, l’Éducation nationale indique que plusieurs disciplines peinent à recruter – à savoir les lettres classiques, l’allemand et les maths. Au Capes externe de mathématiques, il manque ainsi 115 enseignants (1183 postes, 1068 lauréats). Au Capes externe d’allemand, 124 profs manquent à l’appel, avec 151 lauréats pour 275 postes. Et au Capes externe de lettres classiques, 103 postes n’ont pas été pourvus (80 admis sur 183). Au total, il manque donc 342 postes pour le Capes externe. Avec les 775 postes vacants pour les académies de Créteil et Versailles dans le premier degré, le nombre d’enseignants manquants dans l’enseignement public est ainsi de 1117.

“Toutefois, ces disciplines poursuivent ou amorcent une progression de leur taux de couverture : le Capes d’allemand réduit par deux l’écart 2017/2018 des postes restant à couvrir, le Capes de Mathématiques, par 3”, nuance le ministère. “Il est à noter enfin que, pour ces disciplines sensibles, le troisième concours produit de bons résultats. Ainsi, les lettres modernes (51 lauréats), l’allemand (9) et l’espagnol (50) pourvoient l’ensemble de leurs postes. En anglais, tous les postes (84) postes ont été pourvus au troisième concours”, ajoute-t-il.

7 commentaires sur "Concours des enseignants : 1117 postes restent vacants en primaire et en secondaire"

  1. B.A.Jazet  8 juillet 2018 à 19 h 39 min

    Concours de l’EN = piège à naïfs
    Les candidats qui ne se présentent pas font preuve de bon sens !
    Avec un bac+5, ils gagneront toujours moins qu’un huissier à Bercy avec un bac+0,5 !
    Malgré une Agreg restée difficile, les salaires octroyés aux profs sont totalement absurdes, ils sont presque insultants pour les ahuris qui se laissent piéger dans la « nasse » du métier de prof, à moins qu’ils ne soient à la tête d’une fortune héritée. Mieux vaut passer un tout petit concours dans les bureaux d’Intendance de l’EN ou des hôpitaux, vous gagnerez plus … sans dépasser 30h de boulot par semaine. Et en plus, on vous offrira une foultitude de concours internes ultra-facile et vous terminerez « cadre A, classe exceptionnelle », et vous gagnerez plus qu’un prof de fac. Et les horribles mutations en début de carrière ! Et le mépris des administratifs pour les profs ! Et les parents d’élèves de plus en plus atroces ! Et les élèves d’aujourd’hui ! Je suis retraité, mais les classes en lycée devenaient de plus en plus dures, et généralement bloquées à 35 élèves.
    Si vous avez une fortune personnelle et un mari dentiste à Verdun ou notaire à Hirson, devenez prof ; sinon, fuyez !!!Signaler un abus

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    • florence landry  13 juillet 2018 à 14 h 44 min

      comme c’est vrai!!!Signaler un abus

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    • Sophie 59  13 juillet 2018 à 15 h 22 min

      Vous avez raison, Monsieur, je suis instit ( enfin, PE, mais la novlangue ne sert qu’à brouiller les esprits) et je décourage mes enfants de rentrer dans l’éducation nationale. Je gagne à peine plus que mon époux qui a un concours catégorie C dans la pénitentiaire…Signaler un abus

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    • Bêtises  13 juillet 2018 à 16 h 12 min

      Le salaire des enseignants est honorable et la sécurité de l’emploi n’a pas de prix. C’est très bien comme ça et il n’y a pas de raisons de se plaindre à ce sujet. Vous me faites beaucoup rire quand vous insinuez qu’être hussier ou travailler dans les bureaux d’hôpitaux sont des planques… Le syndrome de la pomme plus verte chez le voisin. D’ailleurs, il y a beaucoup de prof-bashing à ce sujet, vous êtes bien placé pour le savoir…

      Les classes surchargées oui c’est problématique. Ce n’est pas le seul problème de l’E-N, quand je vous lis j’imagine très bien le ton « docte » qui va avec et me mets à la place d’élèves qui ont tous sauf envie d’écouter des enseignants pédants qui pensent posséder la « connaissance ». Par ailleurs, le jour où l’E-N et les enseignants prendront en considération qu’ils jouent un rôle dans la reproduction sociale, peut être qu’il y aura un changement intéressant…

      Bref être prof ce n’est pas forcément aspirer à un statut social

      BisousSignaler un abus

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  2. Prof heureux  20 juillet 2018 à 22 h 03 min

    @B.A.Jazet
    Il faut faire attention à ce que vous dites Mr.
    Le ton de votre message est insultant pour tous les nouveaux professeurs qui ont choisi de faire ce métier à défaut d’un autre qui leur rapporterait plus, selon vos propos….
    Vous dites être issu de l’E.N ?? C’est inquiétant…
    Je peux vous assurer qu’il existe des jeunes professeurs qui sont heureux de faire leur métier et ne se sentent pas du tout comme des « naïfs ».
    L’argent ne fait pas tout…
    Le seul point sur lequel je peux vous rejoindre est effectivement le problème des effectifs trop surchargés.Signaler un abus

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  3. Prof heureux  20 juillet 2018 à 22 h 07 min

    @bétises
    « le jour où l’E-N et les enseignants prendront en considération qu’ils jouent un rôle dans la reproduction sociale, peut être qu’il y aura un changement intéressant…  »

    Attention à ne pas mettre tout le monde dans le même panier.. il existe plus de 880000 profs.. Faire une généralité comme ca relève plus de l’ignorance, du mépris (ou de la maladresse) qu’autre chose…Signaler un abus

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  4. Marina g  5 septembre 2018 à 14 h 37 min

    J’ai travaillé 10 ans dans le privé. Aujourd’hui je suis professeure des écoles depuis 9 ans. Je peux vous dire que je ne reviendrais dans le privé pour rien au monde. Je pense avoir trouvé non seulement ma voix mais être aussi payée convenablement.
    Nous pourrions être davantage payé c’est sûr. Cependant je suis réaliste et dans la crise actuelle je comprends bien que nous puissions pas être beaucoup mieux payé. Le salaire est important et on peut en comprendre pourquoi le recrutement est si difficile à cause de cela. Personnellement, j’ai trouvé d’autres éléments fondamentaux dans ma vie professionnelle à travers l’éducation nationale que je n’ai pas trouvé dans le privé. Chaque métier a ses avantages et ses inconvénients. Être professeur des écoles aujourd’hui n’est pas idiot. C’est un métier qui convient à des personnes comme moi qui cherchent une forme d’autonomie dans leur travail tout en étant salarié. Personnellement je suis donc une enseignante très épanouie, même si bien évidemment il y a beaucoup affaire sur de nombreux sujets : la gestion des élèves à besoins spécifiques dans les écoles, les classes surchargées, le manque de moyens, de personnes ressources, etc.Signaler un abus

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