Ennui au collège - AntonioDiaz

Ennui au collège – AntonioDiaz – fotolia.com

Finies, les heures de retenue ? Selon une information exclusive de RTL, Jean-Michel Blanquer souhaite « proposer des punitions qui ont du sens » à la place de ces colles « bêtes et méchantes » – en lançant un nouveau chantier entre juin et septembre prochain.

Comme l’illustre le journaliste Olivier Bost, « si un enfant ou un ado utilise son portable en classe et prend des photos, il pourrait par exemple être amené à faire un exposé sur le droit à l’image. »

Punitions autorisées, punitions interdites

Actuellement, la liste des punitions applicables dans chaque établissement est détaillée dans les règlements intérieurs. Dans « Les droits des élèves et des parents d’élèves », l’avocate Valérie Piau, citée par l’Etudiant, précise qu’un grand principe doit être respecté, à savoir ne pas confondre punition et sanction. En outre, certaines punitions sont autorisées, d’autres interdites. Il est par exemple interdit d’infliger une note zéro à un élève, de punir toute une classe, ou d’exclure un élève de la salle en le laissant seul dans le couloir. Sont aussi proscrites «  »toutes les formes de violence physique ou verbale, toute attitude humiliante, vexatoire ou dégradante à l’égard des élèves”.

En revanche, sont autorisées le rapport dans le carnet de correspondance (ou le mot signé par les parents), l’excuse publique (orale ou écrite), le devoir supplémentaire, et la retenue – utilisée pour « faire un devoir ou un exercice non fait ». A noter que selon la circulaire n° 2014-059 du 27 mai 2014, l’Éducation nationale précise déjà que les punitions « doivent s’inscrire dans une démarche éducative partagée par l’ensemble des équipes ».

La discipline positive plutôt que les punitions ?

Dans une interview donnée au Point en 2017, Beatrice Sabaté, présidente de l’Association discipline positive France, défendait une alternative aux punitions, s’appuyant sur « la prévention, l’intervention et la réparation ». La « discipline positive » consiste ainsi à « accompagner » l’élève indiscipliné, et à « poser des actions éducatives et réparatrices : ce n’est pas tant de supprimer les punitions, c’est de les rendre inutiles par l’enseignement des compétences émotionnelles et civiques », explique-t-elle.

Béatrice Sabaté constate « par les études en neurosciences, on sait que les fonctions cérébrales se développent mieux dans un environnement non-répressif. La punition, ça marche, mais ça n’enseigne rien. » Selon elle, « il faut sortir de la grille tarifaire « mâcher un chewing-gum, une heure de colle, un retard, un manquement, etc. », parce que sinon on ne peut pas utiliser l’incident dans son contexte pour en faire une opportunité. Et ça change le regard que l’on porte sur l’erreur. Parce que ce que l’on en tire, ce sont des fins à l’action. La culpabilité, le remord, la honte. Difficile alors de faire de cette erreur une opportunité de progression ».