Sélectionner une page

« Pour aider leurs élèves dys, les enseignants devraient déjà connaître leur handicap »

Le Dr Alain Pouhet, médecin à la retraite, est spécialiste des troubles dys. Il revient avec nous sur ce handicap, qu’encore trop d’enseignants semblent méconnaître.

« Pour aider leurs élèves dys, les enseignants devraient déjà connaître leur handicap »

alain-pouhetLe Dr Alain Pouhet, ex-médecin de rééducation fonctionnelle au CHU de Poitiers et formateur en neuropsychologie infantile, est spécialiste des TSLA (troubles spécifiques du langage et de l’apprentissage). En 2015, il a réalisé un ouvrage pratique pour les profs : « Difficultés scolaires ou troubles Dys ? » (Retz). Il est aussi l’auteur de « S’adapter en classe à tous les élèves dys » (CRDP de Poitou-Charentes).

Troubles Dys : de quoi parlons-nous ?

Il s’agit de troubles neurodéveloppementaux – des difficultés cognitives qui perturbent l’apprentissage. En gros, les outils qui sont dans votre cerveau et qui vous permettent d’apprendre, sont en panne. Il ne s’agit pas d’une déficience intellectuelle ou d’un trouble sensoriel.

Ce n’est pas non plus le contexte (les parents ou les enseignants) qui empêche les enfants Dys d’apprendre, mais une panne dans le cerveau. Par exemple, pour lire, il faut savoir reconnaître les lettres et affecter le son qui va avec ces lettres – l’outil qui s’en charge (neurovisuel), et qui normalement est automatisé depuis plusieurs années chez l’enfant, ne l’est pas ici. Les outils « scolaires » qui permettent de lire, écrire, orthographier, compter, ne fonctionnent pas naturellement. Un enfant Dys peut faire des progrès en lecture, mais quand il lit, il le fait très lentement, en faisant des imprécisions, en prenant un mot pour un autre…

Quelles sont les conséquences sur les apprentissages, en classe ?

Cela dépend de la panne dans le cerveau. Les troubles d’apprentissage (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie, dysphasie, dysgraphie) sont nombreux, selon l’outil cognitif affecté. Si la panne concerne le langage, l’enfant aura des difficultés à comprendre certains termes utilisés à l’école. Si elle concerne les sons ou les lettres, elle se reflétera dans l’écrit. Et si elle concerne le sens du nombre, cela peut poser des problèmes en maths…

Il faut savoir que ces troubles cognitifs et d’apprentissage sont graves et durables, malgré les aides. Un enfant Dys peut progresser en lecture entre le CP et le CE2, mais il sera toujours très loin par rapport aux autres, et par rapport à ce qui est normalement attendu par l’enseignant. Cette situation de handicap perdure donc, malgré les progrès. Nombre d’adultes dyslexiques seront par exemple gênés dans leur activité professionnelle, quand il s’agit de lire vite, ou de lire des choses très techniques, avec des mots nouveaux.

Face à ces troubles, quel est le rôle de l’enseignant ?

Son rôle devrait d’abord être de mesurer qu’il s’agit bien d’une situation de handicap, afin de pouvoir y répondre. Le handicap est très bien défini par l’OMS (organisation mondiale de la santé) : « une limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques. »

Quand en CE2, on a de grosses difficultés à lire et à comprendre les consignes, par rapport aux copains, on est bien en restriction de participation et en limitation d’activité – car les apprentissages se font généralement via la lecture… Or, si l’enseignant oralise les consignes, l’enfant dyslexique n’aura aucune difficulté les à comprendre. Les enseignants doivent donc déjà connaître ces troubles, pour pouvoir s’y adapter.

Fotolia / © Zlatan Durakovic

Fotolia / © Zlatan Durakovic

Justement, connaissent-ils bien les TSLA ?

Je réalise beaucoup de formations pour les profs… Et force est de constater qu’en formation initiale, les dys sont inexistants. En formation continue, on en parle plus, mais c’est encore trop peu. A part quelques enseignants spécialisés, la plupart ne connaissent pas assez les TSLA. Remarquez que les médecins généralistes non plus ! Les responsabilités en matière de méconnaissance des troubles sont relativement bien partagées…

Les ESPE devraient donc informer sur ces troubles, et sur la prise en charge des dys. Même si les choses bougent, des dizaines de milliers d’élèves dys restent toujours dans l’impasse et en grave échec scolaire. En partie parce qu’ils tombent sur certains enseignants qui ne comprennent rien au film… Or, bien informés des particularités de leurs élèves dys, les profs ont la capacité de les aider.

Comment les profs qui ne connaissent pas bien ces troubles, peuvent-ils aider leurs élèves dys ?

L’enseignant doit se poser plusieurs questions : qu’est-ce qui gène le plus mon élève dys, qu’est-ce qui va bien chez lui, où en est-il après plusieurs années de prises en charge (ortophonie, PPRE, etc.) ? Ensuite, comment compenser ce qui ne va pas par ce qui va bien ?

Par exemple, un enfant dyslexique vif, intelligent et motivé, ne comprendra rien si je lui donne des consignes à l’écrit. Mais quand je les lis, il comprendra tout. Tant qu’il sera dans cette situation de handicap, afin de lui permettre d’accéder aux apprentissages via la lecture et d’aller au maximum de ce dont il est capable, je pourrai donc compenser le problème en favorisant l’oral.

Les enseignants ont souvent tendance à trop attendre des rééducateurs ; ils pensent par exemple que c’est l’orthophoniste qui va apprendre à l’élève dys à lire, alors que c’est à eux de le faire. Si leur élève est en terminale et qu’il doit lire l’Étranger de Camus, il ne va pas le faire – par contre, il va peut-être l’écouter en MP3, en version audiobook, et s’intéresser à la littérature tout en étant un piètre lecteur.

Ils doivent aussi expliquer ces troubles aux autres élèves, afin d’éviter que ces derniers soient jaloux face aux compensations apportées (par exemple, un ordinateur) en faveur de leur camarade dys.

34 commentaires

  1. Je suis d’accord avec vous et je ne comprends pas pourquoi ces troubles ne rentrent pas dans les etudes pour être prof.Il y a beaucoup d enfants détectés avec ces problemes dys (ma fille est myltidys) ,ils bossent 3 fois plus que les autres ,ils ont envie d’y arriver et sont souvenr plus intelligents et intéressants que des enfants sans problèmes. Ils méritent qu on s’occupent d’eux comme il faut.MerciSignaler un abus

    Réponse
    • En Moselle, une école privée pour « dys », hors contrat envisage d’ouvrir à la rentrée. Elle dispose déjà d’un local attribué par la municipalité ( Sarreguemines ) et d’une partie des fonds nécessaires grâce à une association. Les places seront très limitées (12 enfants) et il y aura des intervenants spécifiques (neuropsychologue psychologue clinicien, hypnothérapeute, orthophoniste, ergothérapeute…) , mais fort heureusement des interventions dans les écoles publiques sont envisagées et seront proposées afin d’aider et peut être de former les enseignants. A terme,les enfants « EIP » pourraient être pris en charge…
      Si les académies tardent à agir pour former des enseignants et rétablir les formations de haut niveau analogues à celles des rééducateurs des années 80, alors tournons nous vers ces écoles privées ( le libéralisme « oblige »…)Signaler un abus

      Réponse
      • Tournons nous ? Mais à quel prix ? Faut il faire des écoles réservées aux Dys issus de familles aisées ? Non, il faut construire des solutions dans l’école publique et ouvertes à tous les enfantsSignaler un abus

        Réponse
  2. Les enseignants ne sont pas des personnes sous informees.
    Lorsqu ils rencontrent des eleves à « profil particlier » ils ont un eventail de ressources et il existe des dispositifs
    Donc pour ma part je ne comprends pas que le public n en soit pas informé
    Par ailleurs il me semble que le Dc Pouhet fait partie des formateurs de inshea organime s adressant aux enseignantsSignaler un abus

    Réponse
  3. Les profs s en foutent des soucis de nos enfants,ils ont leur paye à la fin du mois. Eux galèrent pas ,mais nous parents et specialistes on rament pour nos bout de chouxSignaler un abus

    Réponse
    • Détrompez-vous madame. Dans les 2 collèges où j’enseigne, nous faisons tout ce que nous pouvons pour les aider !! Ils bénéficient d’aménagements et font des évaluations différenciées. Certains ont des AVS qui les aident mais pas tous. Nous, nous sommes enseignants de maths, français….qui avons à côté de ces élèves, 20, 25 voire 30 autres, dont plusieurs qui n’ont pas été bilantés dys mais qui ont aussi des difficultés d’apprentissage plus ou moins importantes. Vous savez, pour qu’un prof puisse aider au mieux les élèves dys, la première des conditions, c’est qu’il ait des effectifs limités…Or, plus ça va et on se retrouve avec des classes de 30 élèves (j’ai une classe de 32 quatrièmes cette année et une sixième de 29 par exemple. Comment voulez-vous que je m’occupe personnellement et sans arrêt pendant mes heures de cours des élèves dys de ces classes, qui sont plusieurs de plus….Je ne sais toujours pas me couper en 2 ou 3 ou 10, désolée….Et j’ai un cours à donner à la base ! ). Il faut des moyens suppléméntaires et ils ne peuvent venir que de l’Etat. Donc, avant de se retourner contre les profs comme d’habitude, peut-être faut-il connaître la réalité exacte de la situation de prise en charge des dys aujourd’hui avec toutes les contraintes et difficultés que cette prise en charge implique pour les profs, et arrêter de leur jeter la pierre !!Signaler un abus

      Réponse
    • Je trouve votre propos insultant pour tous les enseignants qui font ce qu’ils peuvent face à la multiplication des élèves à profil particulier. Il faut accepter que, malgré leur bonne volonté, ce ne sont pas des magiciens.Signaler un abus

      Réponse
      • Je pense que l’inclusion est récente dans notre pays. Nous avons du retard par rapport aux pays étrangers. Incriminer les enseignants, les médecins traitants, ça sert à quoi ? Le problème concerne l’ensemble de la société. Et nous devons trouver une solution pour faciliter l’inclusion, au niveau de notre pays. Agir ensemble et aider au mieux les personnes souffrant de dys. Pour moi, c’est plus un problème de santé publique, qui doit mobiliser l’ensemble des acteurs, et non les opposer.Signaler un abus

        Réponse
    • Certains professeurs ne sont pas tous pareil souvent ceux qui s’intéresse à vouloir se former c’est qu’ils ont déjà des cas de dys dans la famille et oui on rame pour les enfants se qui me sidere encore plus c’est les manques de moyen au niveau de la mdph pour les dysSignaler un abus

      Réponse
    • Il faudrait arrêter de penser que les prof n’en ont rien à faire de leur élèves. Le seul problème qui n’est pas évoqué ici, c’est que quand on a une classe de 35 élèves, trouver l’élève dys, c’est déjà un challenge, puis s’en occuper comme il est préconisé au-dessus est difficile: il faut tenir la classe en même temps que l’explication claire et orale des consignes… Et quand en plus ils ne sont pas informés, comment doivent-ils faire ?Signaler un abus

      Réponse
      • bonjour, je suis d’accord tous les profs ne sot pas pareil moi mon fils de 12 ans a ete diagnostiquer dyspraxie visuo-spatial en octobre 2017 depuis nous avons monter un dossier mdph et a se jours rien . Nous avons demander a avoir des cours photocopier mais malheureusement on en a que tres peu .Que peut on faire pour que mon fils est tous ses cours au jours le jours ?Pour lui le plus dur est l’écriture je n’arrive pas a le relire et il n’arrive meme pas a avoir un cours complet nous avons demander a des élèves d’aller au bureau cpe pour faire des photocopies mais tous les jours c’est trop pour eux il faut aussi les comprendre .Est se que les professeurs pourrais pas lui photocopier les cours et lui donner en debut de cours ?
        avez vous une autre idée pour l’aider merci d’avanceSignaler un abus

        Réponse
        • 1. Je suis fâchée de constater qu´il faille attendre aussi longtemps pour diagnostiquer les problèmes de l´enfant car ce dysfonctionnement existe depuis qu´il est bébé . Il faudrait encadrer les parents dans les premières années de l´enfant pour qu´il puisse observer d´autres enfants et qu´ils puissent s´exprimer sur les difficultés qu´ils rencontrent avec leur propre enfant .
          2. Ensuite, il faudrait diriger les parents dès la maternelle chez un orthophoniste qui sera capable d´éduquer les parents aux besoins de l´enfant à travers le jeu, la musique , la peinture, l´ordinateur intelligent qui propose des jeux à portée éducative . …
          3. Dès qu´il arrivera en primaire, l´enfant connaîtra de très grosses difficultés car il devra suivre un rythme , celui d´un système éducatif dans lequel il faut réussir chaque année . Si l´on peut se le permettre, il faudra choisir la langue la moins dylexisante ( allemand , le néerlandais ..) , l´école qui présente une certaine discipline ( ordre, le rangement, toujours les crayons au même endroit… ) mais à la fois dans un cocon affectif où la bienveillance est de rigueur . Le rôle des parents reste primordial ( ex:dictée chaque jour : 3 colonnes: AJ´écris le mot en le regardant, je fais une photo dans le tête B. Ensuite, je l´écris dans la deuxième colonne mais je peux le regarder C.et puis je cache tout et je l´écris une troisième fois ) il ne faut pas se fâcher car un mot peut s´écrire de mille facons différentes pour ces enfants . Le lendemain ,le travail est à recommencer (on peut le faire sur support :ordinateur, tableau noir, dans le sable .
          Là commence le travail de l´institutrice qui peut vous expliquer comment l´enfant peut apprendre sans trop de pression et en s´amusant . C´est un travail pédagogique . Vous pouvez lui demander de réunir les parents pour vous expliquer comment on peut diversifier les méthodes d´apprentissage . On étudie toujours la même chose avec l´enfant mais l´enfant ne s´en rend pas compte car il s´amuse en choisissant progressivement le support d´expression .
          3. Je peux dire que les années de 1-12ans sont primordiales car l´enfant aura beaucoup progressé dans sa manière de travailler et dans l´utilisation des outils qu´il préfère utiliser pour s´améliorer . Vous lui aurez appris l´autonomie dans ses apprentissages et sa capacité de progresser .
          Au début de son lycée, il va revivre de grandes difficultés mais il faut continuer à l´aider et même à lui faire une partie de son devoir en cas de surcharge . Ex : elle a déjà beaucoup travaillé et elle est épuisée …Proposez-lui d´aller jouer avec son amie et pendant la nuit, vous achevez ses calculs par exemple . Quand elle arrivera à l´école , elle sera tellement contente de découvrir que tout son devoir est fait qu´à jamais elle ne l´oubliera et ca la renforcera positivement .
          5. à la différence de ce que j´entends, je pense ridicule de dire que les enfants Dys sont intelligents etc, etc . Oui, je suis d´accord sur le fait que leur intelligence n´est pas atteinte par ce dysfonctionnement mais ca ne veut pas dire qu´ils sont plus ou moins intelligents . Le gros problème , ce sont les problèmes conatifs(affectifs) pouvant être associés à ce trouble .
          6. Fatalisme des parents qui cherchent des responsables , médecin traitant ou pédiatre qui ne constatent aucun désordre quand l´enfant est en bas âge , les enseignants qui n´ont aucune formation dans leur cursus +des classes surpeuplées et le manque d´orthophonistes dans les écoles , la conjonction de ces éléments suffit à faire comprendre le désarroi de l´enfant.
          7. Je peux dire que le rôle des parents est central . Ils ont le droit que l´enfant soit diagnostiqué dès la petite enfance , ils ont le droit d´observer les séances de l´orthophoniste quand celle-ci travaille avec leur enfant. Ils ont le droit de demander une réunion avec les institutrices pour qu´on les éduque sur les outils d´apprentissage et les objectifs pédagogiques sous-jacents à chaque jeu ( ex: on demandera à des parents de jouer à UNO et on leur explique les objectifs par ex additionner 2 cartes, se rendre compte qu´il a plus de cartes que celui avec qui il joue etc . Les parents se rendent compte à quoi servent le jeu et ce qui est recherché . Celà implique une plus grande conscientisation de l´utilité de sjeux simples et faciles ) etc etc
          Eduquer les parents ,par des gestes simples en leur disant à quoi ca sert ,est la condition d´une plus grande réussite .
          Enfin, ne pas oublier les psychologues qui doivent écouter le désespoir des parents et les soutenir à tenir bon .Signaler un abus

          Réponse
    • Je suis enseignante et si je fais tout pour mes élèves et leurs parents je regrette que l’enseignante de mon fils en CE2 et En CM1 l’ait fait tant souffrir et se soit opposée avec tant de véhémence à ce qu’on l’aide. Lors d’une équipe éducative elle s’est levée et a dit:  » Je refuse que la société donne un centime pour équiper cet enfant. » L’enfant lui parlait de suicide!
      Fort heureusement la MDPH l’a reconnu et maintenant il est en 5ème et s’en sort. Ce n’est pas grâce à elle…Signaler un abus

      Réponse
      • Moi j’ai une petite fille de 11 ans multidys elle a mit 7 ans à être reconnue par la MDPH ce sont ses professeurs qui ont fait tous le boulot ils ont étaient à l’écoutent ils ont fait des recherches jamais ils ne nous ont laissé tomber.Je pense que le soucis ne vient pas des profs mais surtout des moyens qu’ont leurs donnent pas d’AVS, 7 ans pour mettre en place un P.A.I qui soit reconnue par la MDPH je pense que se n’ai pas un handicap assez reconnu pourtant les personnes qui en souffre sont réellement dans un handicap et ils en souffre vraiment.Signaler un abus

        Réponse
  4. Ce sont les psychologues qui sont habilités à faire les tests sur les enfants, et la formation devrait suivre , les enseignants sont en carence de formation initiale là -dessus, et doivent aussi faire face à l’obligation d’intégration d’enfants avec d’autres troubles , sans pour cela avoir reçu la moindre formation .Demandez donc qu’on donne les moyens aux enseignants deremplir leur mission.Signaler un abus

    Réponse
  5. J’hallucine quand je lis cet article. Il n’est jamais question des méthodes d’apprentissage de la lecture. Ma fille institutrice, en 15 ans d’enseignement, pense avoir vu un enfant dyslexique : il est vrai qu’elle utilise une méthode alphabétique, et non idéo-visuelle, qui fait depuis plus de trente ans les ravages décrits par ce docteur. Certaines années, en CE2, elle recevait jusqu’à 12 enfants non lecteurs, remis sur pied en quelques mois grâce à des cours de soutien (obligatoires) avec une bonne méthode alphabétique, en l’occurrence « Léo et Léa ».
    La grande orthophoniste Colette Ouzilou a rééduqué pendant plus de 40 ans des centaines d’enfants et d’adolescents, et a vu tout au plus une douzaine d’enfants VRAIMENT dyslexiques. Tous les « dys » énumérés sont « fabriqués » par les méthodes inappropriées, qui sont utilisées par 90 % des instituteurs de nos jours, le savoir faire s’étant perdu. Tous les enfants sont capables, à moins de déficit neurologique grave, d’apprendre à lire, écrire, compter.
    Tout le monde devrait lire deux livres « princeps » : « La dyslexie, une vraie-fausse épidémie », de Colette Ouzilou, et « La destruction de l’enseignement élémentaire et ses penseurs », de Liliane Lurçat. Et « Le cerveau, cet inconnu des pédagogues », du docteur Ghislaine Wettstein-Badour.Signaler un abus

    Réponse
  6. Il faudrait enfin dire, voire crier, l’incompétence des formateurs des enseignants !! Ce scandale existe depuis des décennies. On n’apprend pas aux futurs enseignants comment le cerveau « apprend », et encore moins ce qui fait obstacle aux apprentissages. La formation des futurs enseignants est d’une pauvreté pitoyable. L’administration est incapable de s’appuyer sur les compétences d’enseignants chevronnés pour passer le relai aux jeunes collègues. Le milieu de la formation pédagogique est chasse gardée, on ignore volontairement les compétences développées sur le terrain, au profit de planqués.Signaler un abus

    Réponse
  7. Le problème c est que même reconnus ces élèves attendent des mois voir des années pour avoir une avs. Enseignante en collège j ai cette année 5 élèves d’Ys en 6eme et aucun n a été aidé en primaire. Il est difficile de faire du cas par cas devant une classe de 30 élèvesSignaler un abus

    Réponse
  8. Madame,
    Sur différents forum de professeurs, vous verrez que la généralisation que vous faites sur les professeurs est bien virulente et injuste pour ceux qui justement se soucient des enfants avec des troubles « dys ». En revanche, ce qui est exact, c’est que depuis longtemps, l’État n’a pas prévu de former les enseignants à ces troubles dans leur entrée dans le métier, en formation initiale ou à de rares exceptions : 3 heures en tout et seulement dans ma formation initiale (!). Ce qui donne comme résultat que l’enseignant découvre ces troubles sur le terrain, avec des élèves en difficultés, des parents en colère, car ils se sentent à juste titre incompris. Mais de son côté, l’enseignant, qui n’a pas appris quoi faire, se sent lui aussi désemparé. Une fois en poste, l’enseignant n’a pas l’obligation de se former. Et là aussi c’est dommage que l’institution ne l’exige pas, ou alors il se formera dans d’autres domaines. Peut-être avez-vous eu de mauvaises expériences, ce que je déplore, mais sachez que tous les professeurs ne s’arrêtent pas à 18 heures de travail, personnellement, je n’en connais pas. En revanche des professeurs ne sachant comment accompagner des enfants « dys », j’en rencontre beaucoup. Pour finir, une bonne prise en charge d’un enfant souffrant de ce trouble ne peut se faire que dans une relation de confiance enfants / famille/ équipe éducative / et équipe médicale ou paramédicale. Vous comprendrez ainsi que tout ne dépend pas du professeur, qui n’est qu’un élément de l’équipe éducative, qui doit elle-même travailler avec l’enfant, sa famille, l’orthophoniste, l’ergothérapeute, la médecine scolaire, le psychologue, etc… Bref c’est un travail d’équipes.Signaler un abus

    Réponse
  9. Bonjour, ça suffit.. on est là pour parler de l’aide à apporter à ces élèves ou pour tirer à boulets rouges sur les professeurs? Au départ cet article me paraissait intéressant…ne tombons pas dans la démagogie.Signaler un abus

    Réponse
  10. Je ne suis absolument pas d accord Fanny Larrebaigt, peut être n avez vous jamais discuté avec un prof mais mon fils dyslexique a bénéficié du soutien et de l’aide de beaucoup d entre eux ! C est injuste et dévalorisant de dire cela car la plupart font de leur mieux !!Signaler un abus

    Réponse
  11. S’il vous plait, ne faîtes pas une généralité dans la catégorie PROF comme un grand nombre de personnes. Je crois que peu de personnes se rendent compte du travail en amont des heures de classe, en aval et de l’énergie demandée pour faire classe toute la journée. Et puis, je vous rappelle qu’en dehors de notre travail de prof qui nous rémunère à la fin du mois, nous sommes aussi des parents comme les autres avec des enfants qui ont aussi leurs problèmes. Nous tentons de faire le mieux possible pour eux mais aussi pour les enfants des autres, les vôtres avec ce que nous sommes en mesure de faire car effectivement, je n’ai pas de formation médicale, en neurosciences, en psychologie etc… J’ai bien quelques notions, enseignées à l’IUFM/ESPE ou sur lesquelles je me suis autoformée car j’étais démunie face à des enfants ayant des besoins particuliers mais je ne suis pas une spécialiste. J’adapte et différencie mon travail constamment pour apporter le plus possible à tous les élèves, quels qu’ils soient; donc personnellement, vos propos me touchent beaucoup et m’attristent car ce manque de considération du travail fourni est trop généralisé et finira par démotiver le corps enseignant. Heureusement, à ce jour, la volonté est encore là, et rien ne me préoccupe plus que la réussite et l’avenir de TOUS les enfants donc je continue dans ce métier mais pour combien de temps…?Signaler un abus

    Réponse
  12. Professeur des écoles, je peux vous dire que nous sommes effectivement formés à détecter et à gérer les troubles DYS. D’ailleurs, la différenciation est au coeur des problématiques pédagogiques actuelles, pour les DYS comme pour les autres. Le problème qui se pose eventuellement est la surcharge des classes : gérer 2 ou 3 DYS, d’accord, mais quand il faut aussi prendre en charge des allophones, des autistes et 23 autres enfants, le temps manque…Signaler un abus

    Réponse
  13. article très interessant, pour ma part maman d’un enfant dys j’ai toujours été voir le professeur en début d’année pour lui expliquer ce que mon fils avait et je leur remettais un dossier avec des recommandations trouvées sur des sites pour les Dys. Cela a fonctionné en primaire et au collège mais des le lycée beaucoup moins et je ne parle pas en BTS ou cela a été catastrophique. Pourtant repéré depuis la maternelle comme Dys suivi par un orthophoniste et le centre des troubles du langage de Nice . Je l’ai toujours soutenu en lui disant qu’il pouvait le faire et en trouvant des voies différentes pour y arriver. Certes il n’a pas eu son BTS mais il a le niveau et peut travailler et il est épanoui . Parfois des problèmes au travail, je lui ai dit d’assurer son handicap et d’expliquer ce qu’il a .
    Les enseignants sont à l’écoute jusqu’au collège après beaucoup plus difficile classe surchargée et peut etre plus la motivationSignaler un abus

    Réponse
    • Bjr,svp mon fils vient d’être diagnostique a 7 ans.ses enseignants et nous parents ne savons que faire surtout qu’au Cameroun la maladie n est pas très connue. Je voudrais svp avoir vos techniques d apprentissage.Signaler un abus

      Réponse
  14. Mon fils de 10 ans est dyspraxique, il a été diagnostiqué en classe de CE1. Le problème aujourd’hui se trouve à plusieurs niveaux, l’accompagnement et le soutien auprès des familles est quasi inexistant (en tout cas lorsqu’on est loin des grandes villes), la communication auprès du grand public de ces troubles Dys, la méconnaissance de ces troubles par certains enseignants (mais pas tous!), les lenteurs de la MDPH (Nous attendons depuis 8 mois un pc alors que nous avons l’accord de la mdph), l’aide financière auprès des familles (les séances d’ergotherapie et psychomotricité ne sont pas prises en charge par la SECU), les lourdeurs administratives… Mais c’est aussi aux parents de s’investir auprès de l’équipe éducative, de s’adapter s’il le faut. Je me revois saisir les cours de mon fils en couleurs chaque soir simplement car sa maitresse de ce2 refusait de suivre le PPAI et, rien ne l’y obligeait. Pour elle mon fils avait des difficultés d’apprentissage comme beaucoup d’enfants. Je ne pourrais jamais remercier assez sa maitresse de cm1 et cm2 qui à jouer le jeu, adapté ses cours, rechercher de nouvelles méthodes qu’elle a même utilisées auprès d’autres enfants en difficultés. La volonté de chacun est primordiale et, il est important d’être bienveillant, on n’oublie trop souvent le désarroi de l’enfant mais aussi de ses parents.Signaler un abus

    Réponse
  15. J’enseigne en ULIS collège. La majorité des collègues en ont rien à faire de ces élèves… Rien que faire un simple agrandissement A3 c’est trop demandé… Soit disant pas formé…Signaler un abus

    Réponse
  16. Durant ces 30 dernières années il y a une recrudescence de dys ! Ne faut-il pas remonter à la base de l’apprentissage de la lecture et des maths ?
    Regardez la différence entre un enfant ayant eu l’apprentissage de la lecture avec la bonne vieille méthode du b et a =ba et un autre avec la méthode enseignée depuis !!! Et cette méthode pour les maths ?
    Même les parents sont dépassés , ils ne peuvent plus aider leurs enfants aux devoirs !!!
    Du coup les parents baissent les bras ,se tournent vers l’enseignant qui renvoie vers les « psy » et les enfants morflent car se sentent « differents » !!
    Je ne comprends toujours pas pourquoi on s’obstine à maintenir ces méthodes d’apprentissage !!!!!!Signaler un abus

    Réponse
  17. Bonjour ma fille est en 3eme et je suis persuadée qu elle est dys depuis sa plus petite enfance mais pas moyen de me faire entendre résultat elle subit les attaques des profs et les humiliations. Elle est en souffrance et pourtant redouble d efforts pour s en sortir à l école mais se met en parallèle une pression énorme surtout quand arrive une interrogation, ou se braque des qu il s agit de lire un livre parce qu elle ne comprend pas un traître mot de ce qu elle lit… Niveau écriture elle a celle d un enfant de ce 2 autant en forme qu en rapidité, en rédaction quasi par un mot sans faute alors qu elle connaît ses conjugaisons les accords etc mais impossible de les mettre en pratique sur la feuille, en maths la géométrie pas de souci mais en problème donc lecture et analyse c est la cata, en lecture elle n arrive pas à enchaîner les mots elle lit comme une élève qui en est encore à décortiquer les mots et tout un tas d autres choses du genre…

    Elle a fait un bilan au cmpp plus jeune mais on m a dit que je me faisais des idées

    Elle a eu un PPRE mais en vain.

    Elle a fait de l aide aux devoirs là encore elle a vite abandonnée ne se sentant pas comprise.

    Là elle doit passer son brevet et a pour projet de travailler dans le milieu de la petite enfance je l encourage autant que possible mais j arrive à bout de solutions.

    Obtenir un nouveau bilan mission impossible les orthophonistes sont saturés

    Une de ses sœurs cadettes qui a 3 ans a aussi déjà des difficultés de langage principalement l articulation et l inversion de certains sons.

    Je veux trouver des solutions pour qu elles souffrent moins de leurs différences et savoir de quoi elles souffrent exactement mettre un mot sur leurs maux.Signaler un abus

    Réponse
  18. Bonjour je suis AVS et il est sur que le soucis vient du fait que déjà comment es ce possible aujourd’hui avec tous les moyens que nous avons que l ‘MDPH prenne autant de temps pour étudier un dossier et le valider ……Je me le demande ensuite effectivement comment un professeur avec 30 élèves peut avoir du temps pour 1 élève en difficulté en laissant les autres pour pouvoir s occuper que de l enfant en difficulté….impossible pour régler ce problème il faudrait que l état prenne des dispositions pour reconnaître notre travail nous les AVS Et pouvoir nous accorder de vrai contrat avec un vrai temps de travail pour pouvoir suivre au quotidien un enfant en dys en difficulté scolaire car je vous assure que 20 h par semaines ne sont pas suffisante même si ça allège déjà la charge de travail que cela demande à l enseignant DONC LA SOLUTION C EST QUE SI L ON CONSIDÉRAIT NOTRE TRAVAIL EN TEMPS Q AVS ET QUE L ON NOUS ACCORDE (à l enfant à l ‘AVS et à l enseignant plus de temps au niveau de la prise en charge )CELA SERAIT BÉNÉFIQUE AUX 3 À L ‘ENFANT TOUT D ABORD À L AVS ET A L ENSEIGNANT !!!!!!QUE FAIT L ETAT A PART SE SERVIR DES AVS ET DE LEURS EMPLOIS PRÉCAIRES ET DE LA MANIERE DONT ON LES EJECTE APRES 2 ANS DE CONTRATS POUR 680 EUROS PAR MOIS……….JE ME LE DEMANDE …….Signaler un abus

    Réponse
  19. Bravo au Docteur Pouet pour cette lutte. L’apprentissage est l’affaire des enseignants, alors, au boulot car c’est un fait, la plupart des enseignants n’ont pas fait l’effort de se former et sont donc inefficaces et sanctionnent les enfants. Cela ne remet pas en cause ceux qui essaient et sont abandonnés par les pouvoirs publics, mais un enfant détruit par le système, c’est une souffrance incommensurable et un avenir altéré pour tous, une société en danger qui aura des comptes à rendre plus tard…Signaler un abus

    Réponse
  20. Pendant longtemps j’ai vécu avec ce sentiment d’être une incapable, parce que j’avais beau faire de mon mieux, je n’y arrivais pas. Durant mon année de CE1 et la moitié de mon CE2 je suis tombée sur une prof qui me mettais des baffes parce que je faisais des fautes d’ortographe. J’étais humilié et rabaissé et lorsque je rentrais chez moi, on m’en remettais une couche. Pendant un an et demi j’ai fait des cauchemars, je ne voulais plus aller à l’école…. Mais parents on quand même fini par me changer d’école mais les reproches on continué pendant toute ma scolarité.
    Aujourd’hui j’ai enfin pu mettre un nom sur mon handicap dysorthographique et légèrement dyslexique avec un trouble du déficit et de l’attention. On devrait essayer d’informer beaucoup plus les enseignants et cela dès la primaire. J’ai 50 ans et je viens d’apprendre il y a quelques jours que cela existe. J’ai encore honte lorsque j’écris de faire des fautes c’est pour cela que je ne m’exprime pas souvent. Je voulais donc remercier tout ceux qui on participé à cette étude et pour les témoignages de chacun. Mais enfants en souffrent aussi mais maintenant je vais pouvoir les aider…..Signaler un abus

    Réponse
  21. Tous les « dys » que je connais sont d’une famille où il y a des « dys » mais aussi des troubles de la latéralisation + posture+ troubles vagaux. L’examen d’ « dys » devrait comporter un temps d’étude de la famille. Certains parents m’ont dit qu’ils avaient étés accusés de problème de couple, de je ne sais quelle pathologie psychanalytique!Signaler un abus

    Réponse

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire – VousNousIls.fr 1 bis rue Jean Wiener – Champs-sur-Marne 77447 Marne-la-Vallée Cedex 2.

E-books gratuits

160 e-books à télécharger gratuitment

Newsletter

Dernier Reportage

Chargement...