Jean-Michel Blanquer lors de son premier discours avec le costume de ministre de l'Education nationale (photo : @EducationFrance)

Jean-Michel Blanquer lors de son premier discours avec le costume de ministre de l’Education nationale (photo : @EducationFrance)

Le décret permettant de revenir à une semaine de quatre jours si une école le souhaite dès la rentrée 2017 est paru mardi 27 juin dans le Journal officiel.

« Le décret permet au directeur académique des services de l’éducation nationale, sur proposition conjointe d’une commune ou d’un établissement public de coopération intercommunale et d’un ou plusieurs conseils d’école, d’autoriser des adaptations à l’organisation de la semaine scolaire ayant pour effet de répartir les heures d’enseignement hebdomadaires sur huit demi-journées réparties sur 4 jours », explique le texte.

« Un énième retour en arrière »

Un texte qui était pourtant loin de faire l’unanimité. Pour le SE-Unsa, le décret proposé par Jean-Michel Blanquer « ouvre la voie à un énième retour en arrière sans évaluation, et sans permettre de poser un regard partagé sur ce qui est bénéfique pour les apprentissages des élèves, surtout les plus fragiles ». Selon le SGEN, « ce projet de texte a été élaboré hors de toute concertation et sans respect des engagements pris par le ministère envers les organisations syndicales ».

Cette mesure inquiète les maires également. Agnès Le Brun, maire (LR) de Morlaix et vice-présidente de l’Association des maires de France (AMF), signale la difficulté « de détricoter la réforme » pour les communes, « pour le milieu associatif, pour les Atsem qui auraient été formées dans les petites communes et qui auraient pu compléter leur temps partiel par des heures », et « pour le public familial qui avait repris un temps plein le mercredi ». Elle pointe également du doigt « les disparités entre communes » que ne manqueront pas de provoquer ces « distorsions de rythmes scolaires sur un même territoire ».

Le Sénat, dans un rapport publié le 8 juin, préconisait de son côté de rester à la semaine de quatre jours et demi, et ne souhaitait pas revenir à la situation antérieure à la réforme de 2013 : « Il faut arrêter de faire et de défaire. Il faut de la stabilité », déclarait le sénateur de Haute-Savoie, Jean-Claude Carle.