Rythmes scolaires

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La Commission de la culture, de l’éducation et de la communication et la Commission des finances ont dévoilé jeudi 8 juin au Sénat un bilan de la réforme des rythmes scolaires. Le rapport a été présenté par quatre membres de ces commissions : MM. Jean-Claude Carle (LR – Sénateur de Haute-Savoie) et Thierry Foucaud (CRC – Seine-Maritime), Mme Mireille Jouve (R-RDSE – Bouches-du-Rhône) et M. Gérard Longuet (LR – Meuse).

Cette étude de six mois (pdf) a mis en évidence trois constats : la réforme, « imposée par le haut », n’a « fait l’objet d’aucune évaluation préalable« , même si elle « semblait justifiée du point de vue des apprentissages » ; elle a connu « des difficultés en matière de ressources humaines, d’organisation du temps scolaire et de financement qui perdurent » ; le principal acquis de cette réforme reste « la mise en place d’un dialogue entre les différents acteurs de la communauté éducative, une dynamique qu’il convient de préserver ».

Rythmes scolaires : les préconisations du Sénat (Public Sénat)


Rythmes scolaires : les préconisations du Sénat par publicsenat

Les recommandations du rapport

Cinq principales recommandations sont mises en avant par ce rapport :

  • Mener au préalable une évaluation scientifique des conséquences de la réforme sur les apprentissages : « Ne pas avoir prévu les modalités de son évaluation constitue l’une des erreurs de la réforme de 2013 », est-il affirmé.
  • Elargir la réflexion à l’année scolaire : « La réflexion sur le temps de l’enfant doit englober l’année entière », a souligné Jean-Claude Carle pendant la conférence de presse. Avec une rentrée scolaire dès le mois d’août par exemple. Néanmoins, il faudrait pour cela s’accorder avec les spécificités régionales, notamment en terme de climat et d’économie. « Dans le Sud de la France, il n’est pas possible de faire cours entre le 30 juin et le 31 août », a fait remarquer Mireille Jouve. En cause : la chaleur dans les salles de classe mais aussi l’importance de cette période pour les stations balnéaires. « On ne peut pas déconnecter les rythmes biologiques des rythmes climatiques et économiques », a renchéri Jean-Claude Carle. « On ne peut pas ignorer l’économie. Si on ne tient compte que des rythmes biologiques on atteint vite une limite. Les rythmes des enfants se situent dans le contexte des rythmes économiques et sociaux. »

  • Ne pas revenir à la situation antérieure à la réforme de 2013 : « Il faut arrêter de faire et de défaire. Il faut de la stabilité », a affirmé le sénateur de Haute-Savoie.
  • Pour les communes souhaitant revenir à la semaine de quatre jours, ouvrir cette possibilité sous certaines réserves : « un maximum horaire de 5h30 d’enseignement par jour » avec « une réduction des vacances scolaires sur le modèle de ce qui avait cours avant 2008″ et  la garantie d' »une prise en charge possible de l’ensemble des enfants le mercredi ».
  • Pour les communes souhaitant conserver la semaine de quatre jours et demi : ouvrir de nouvelles possibilités d’aménagement des rythmes scolaires avec un « accompagnement financier de l’Etat et de la CAF » et « une souplesse accrue dans l’élaboration des emplois du temps scolaire afin de favoriser les initiatives et les adaptations locales ».

« Rester sur la semaine de quatre jours et demi »

En parallèle, le décret visant à modifier l’organisation du rythme hebdomadaire est passé devant le Conseil supérieur d’Education. Ce décret donne au Dasen (directeur académique des services de l’Education nationale), avec « une proposition conjointe d’une commune et d’un ou plusieurs conseils d’école », la possibilité « d’adapter » l’organisation de la semaine scolaire, et permet ainsi le retour à 4 jours de classe par semaine au primaire.
« Nous préconisons de rester sur la semaine de quatre jours et demi », a cependant conclu Jean-Claude Carle au micro de Public Sénat. Le CSE est allé dans le même sens en rejetant le texte ministériel avec 21 votes pour et 35 contre.