La sénatrice PS de Marseille Samia Ghali interpelle les candidats à l’élection présidentielle sur leurs « silences » à propos des quartiers populaires, les appelant à « placer cette question cruciale au coeur de la campagne », dans une lettre consultée mardi par l’AFP.

« Il y a des absences et des silences qui font mal à notre République », écrit dans ce courrier celle qui est aussi maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille, dans les quartiers Nord de la ville, évoquant les « 14 millions de Français qui vivent, ou plus exactement survivent, dans les +quartiers populaires+ », les « oubliés chroniques de la République » selon elle.

« Je ne pouvais pas ne pas faire cette lettre », a déclaré l’élue à l’AFP, regrettant qu’à ses yeux les candidats à l’Elysée « occultent le fait qu’il y a des gens en souffrance dans ce pays ». « Pour qu’on puisse avancer sur ces questions, il faut que tout le monde s’y intéresse », a encore estimé auprès de l’AFP Mme Ghali, qui n’a pas apporté son parrainage à Benoît Hamon. L’élue marseillaise est notamment en désaccord avec lui sur la légalisation du cannabis, à laquelle Benoît Hamon s’est dit favorable.

« L’élection présidentielle doit revenir à l’essentiel, parler des Français qui, des petites villes à nos plus grandes métropoles, ont besoin de (…) solutions concrètes », poursuit dans ce courrier adressé mardi après-midi aux candidats Mme Ghali. La sénatrice propose notamment la division par deux du nombre d’élèves par classe dans les zones d’éducation prioritaire, des « zones franches de santé » pour les médecins s’installant dans des déserts médicaux ou le retour à la police de proximité.

« Les idées ne manquent pas si la volonté existe », martèle encore Samia Ghali: « Donnons-nous des objectifs réalistes et atteignables qui n’entraîneront pas déceptions et désillusions. »