Janick Leclair, sourde, se bat pour avoir le droit d'enseigner / Photo Copains d'Avant

Janick Leclair, sourde, se bat pour avoir le droit d’enseigner / Photo Copains d’Avant

Sourde depuis l’âge de 5 ans, Janick Leclair, 38 ans, a obtenu son Capes de lettres modernes en juillet 2015. Elle a ensuite été affectée au lycée Général et Technologique Bagatelle de Saint-Gaudens, près de Toulouse, comme prof de français.

Mais en septembre dernier, à la veille de la rentrée 2016, l’Education nationale lui a signifié qu’elle n’était pas autorisée à donner des cours. Son état de santé, raconte France Bleu, a été estimé « incompatible avec la fonction d’enseignant » par le médecin de prévention du rectorat – qui s’est prononcé après avoir examiné une requête de Janick Leclair visant à bénéficier de l’aide d’un assistant pour préparer ses cours.

Un « vide juridique »

S’estimant victime de « préjugés » en tant que sourde, Janick Leclair compte bien se battre pour enseigner. Elle dénonce l’existence d’un « vide juridique », l’absence d’une loi sur la situation des profs sourds, qui serait semblable à celle concernant les non-voyants, qui ont droit à l’aide d’un assistant. « Les malvoyants ont des cadres qui les accompagnent, c’est codifié dans les règlements, mais il n’y a rien pour les sourds », indique-t-elle à France Info.

Selon Ouest France, Janick Leclair, qui a sollicité des associations et a reçu le soutien du délégué interministériel au Handicap, a obtenu du rectorat le réexamen de son dossier. Lors d’une contre-visite médicale, un médecin l’a déclarée « apte » à enseigner. Elle doit désormais attendre la réponse du comité médical départemental, qui ne donnera sa réponse que début mars, après avoir consulté des experts. En attendant, elle a été autorisée par l’administration à effectuer un « stage d’observation » (rémunéré) au lycée Bagatelle.

Prof doc, elle a déjà donné des cours

Comme le relate Le Parisien, Janick Leclair a déjà enseigné : en 2014, elle a obtenu le concours de professeur documentaliste. Avant d’être affectée au lycée de Saint-Gaudens, elle assurait ainsi la gestion du CDI (centre de documentation et d’information) d’un lycée agricole, où elle donnait aussi des cours à des élèves de bac pro et de BTS. « Ça s’était bien passé. Il s’est juste posé la question de savoir comment gérer les choses qui ne sont pas prononcées en face de moi et que je ne comprends pas », explique-t-elle. Raison pour laquelle elle a demandé au rectorat à bénéficier d’un assistant dans le cadre de son nouveau poste – pour l’instant en stand-by.