dessin humour mathsUne enquête réalisée par des enseignants-chercheurs de l’Université de Limoges auprès de 252 profs de maths – surtout de la filière S, décrit le « malaise » de ces derniers, face à la réforme du lycée de 2011 et aux problèmes qu’elle aurait engendré.

Les enseignants notent des « lacunes » et des « failles énormes » en calcul algébrique et littéral, dès la seconde, jusqu’en terminale. Selon l’enquête, il ne s’agit pas de difficultés « nouvelles », mais ces dernières, qui freinent l’élève dans les résolutions de problèmes, ont « été amplifiées » par la réforme du lycée.

En ce qui concerne la géométrie, les profs déplorent le fait que depuis sa réduction, « les élèves confondent conjecture et démonstration, ainsi que cas particuliers et démonstration ». La « seule note positive », indiquent les auteurs de l’enquête, va à l’algorithmique, « qui permet aux élèves d’être plus à l’aise avec les outils numériques ».

Des profs « désarmés devant les lacunes » en calcul

Alors que les programmes mis en place en 2011 étaient censés « mettre l’accent sur les raisonnements et la logique », cette dernière « n’est pas au cœur du programme », selon les professeurs de lycée qui ont répondu à l’étude. En calcul, les enseignants se disent « désarmés devant l’ampleur des lacunes de leurs élèves ». D’après eux, « seuls les élèves déjà un peu autonomes en calcul algébrique en arrivant au lycée peuvent s’en sortir ».

Copie de mathématiques

© Eléonore H – Fotolia

Concernant l’impact de l’introduction de l’enseignement de l’algorithmique au lycée, « les élèves ne sont pas traités de la même manière selon les moyens de l’établissement et l’implication des profs », peut-on lire dans l’étude de l’Université de Limoges. « On peut se poser la question de la formation continue des enseignants. La mise en jeu est souvent difficile, pour un gain minime dans l’apprentissage des mathématiques, voire une perte de temps », ajoutent les chercheurs.

« La satisfaction du prof qui fait progresser ses élèves existe-elle encore ? »

Conclusion : les enseignants qui ont répondu à l’enquête ne s’estiment « pas satisfaits » de la réforme des lycées de 2011. « La satisfaction du professeur qui fait progresser ses élèves existe-elle encore ? Comment continuer à faire des mathématiques avec le programme et les outils actuels ? Quelle formation continue mettre en place ? Quelle image des mathématiques a aujourd’hui un étudiant qui vient d’avoir son bac ? », se questionnent finalement les auteurs de l’étude.

En octobre 2010, les membres de l’association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP) estimaient que la réforme du lycée (alors à venir) ne laissait « pas suffisamment de place aux matières scientifiques ». Ils craignaient de voir « des élèves en grande difficulté en terminale », suite à la « diminution des horaires » des matières scientifiques.