Près de 6.000 jeunes en situation de décrochage scolaire ou social ont trouvé du travail grâce à l’armée en 2016, selon le général Luc de Revel, commandant du Service militaire adapté (SMA), qui a considéré jeudi l’objectif de ce dispositif comme « atteint ».

En 2016, 5.847 jeunes âgés de 18 à 25 ans ont appris un métier dans le cadre du SMA, un sytème d’insertion via les armées lancé en Outremer en 1961, lors de cursus variant de 6 mois à 12 mois, d’après l’officier.

« La marge qui reste à franchir (pour atteindre l’objectif des 6.000 jeunes) est modeste, nous y sommes presque », a-t-il dit lors d’une réception au Cercle national des armées à Paris.

« Nous sommes en 2017 et l’objectif des 6000 est atteint », a-t-il ajouté, rappelant que les effectifs comptaient en 2009 environ 3.000 jeunes alors que la Guadeloupe connaissait de « graves troubles sociaux. »

A l’issue de ces services volontaires, 77% des jeunes se sont « insérés » dans la vie active, « dont 53% dans des emplois durables ». Au début de leur formation, « 30 à 40% étaient en situation d’illettrisme ». Une large majorité n’avait pas le brevet des collèges. Parmi ces jeunes, 27% étaient des femmes.

Une particularité de l’année 2016 a été que « les cursus ont été ouverts aux jeunes diplômés en situation de chômage », ce qui facilité « la montée en puissance » du dispositif.

Venu témoigner de son expérience, Valentin Sébastien, 20 ans et originaire de La Réunion, costume noir et noeud papillon, a suivi une formation d’agent d’entretien dans le bâtiment. « Actuellement, je suis en contrat d’apprentissage pour une durée de deux ans en tant que maçon », a-t-il déclaré, affichant un large sourire.

Devant la réussite du dispositif, qui propose huit formations différentes, le président François Hollande avait décidé en 2015 de l’étendre à l’Hexagone via le service militaire volontaire (SMV).

Ericka Bareigts, la ministre des Outre-mer, a affirmé lors de cette réception que c’était « une fierté d’avoir inspiré un projet à la métropole », en espérant « que cela profitera à la jeunesse française ».

« La France est grande lorsqu’elle fait une place à chacun de ses concitoyens », a-t-elle dit, en guise de conclusion.