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Témoignages : pourquoi les enseignants démissionnent-ils ?

Selon un rapport du Sénat récent, les démissions d’enseignants ont doublé en 4 ans. Toujours en poste ou sur le point de partir, plusieurs profs nous livrent leur témoignage.

Témoignages : pourquoi les enseignants démissionnent-ils ?

Ceux qui comprennent les enseignants qui démissionnent

Auteur : Richard Villalon

Auteur : Richard Villalon

Pierre Bertrand, professeur de statistiques à l’université de Clermont-Ferrand :

« Je suis indirectement concerné par l’évolution de l’enseignement en collège, ou lycée. Je fais cours aux élèves sortant du lycée, je suis parent, ancien membre du jury de l’agrégation, président de jury de bac. La faiblesse des salaires des enseignants (les 2 mois d’été ne sont pas payés), le manque de considération, l’absence de discipline permettent d’expliquer la désillusion des jeunes collègues. J’ai eu l’impression d’un changement de comportement, d’une absence de respect des étudiants, qui daterait de 10 à 20 ans et plutôt le sentiment que les choses sont moins pires ces dernières années. Mais les rapports hiérarchiques sont différents à l’Université… »

Thérèse Clerc, présidente de l’Association pour le Développement de l’Enseignement de l’Allemand en France (ADEAF) :

« L’augmentation des démissions d’enseignants stagiaires et titulaires est un signal d’alarme à prendre très au sérieux. La profession est de moins en moins attractive, comme en témoignent les nombreux postes non pourvus au concours de recrutement du CAPES. Le contexte d’exercice du métier ne cesse de s’alourdir alors que les enseignants sont des acteurs majeurs de la réussite scolaire des élèves. Cette réussite est d’ailleurs au cœur de leur motivation professionnelle. Il est donc essentiel que l’institution les respecte, les soutienne, les accompagne, et leur donne les moyens de faire sereinement un travail de qualité plutôt que de mobiliser leur énergie dans la mise en œuvre de réformes contestées. La tâche des enseignants est complexe, les injonctions multiples. Ils ont besoin de conditions structurelles favorables, d’une formation initiale et continue adaptée. Ecoutons-les ! »

Il faut réfléchir aux souffrances des enseignants pour corriger les causes

Christian Couturier, enseignant d’EPS au lycée Jean Monnet à Montpellier et secrétaire national du SNEP :

« Il n’y a pratiquement pas de démissions en EPS car sans parler forcément de vocation, il s’agit d’un véritable choix. La formation, malgré les dégradations successives des 2 phases de mastérisation, est très ancrée sur le métier. Mais sur l’ensemble des matières, il s’agit d’un signe qu’il convient de prendre au sérieux. C’est avant tout un problème humain : c’est extrêmement douloureux de se rendre compte, après avoir fait 5 ou 6 ans d’études, que le métier choisi ne nous convient plus. La démission de certains enseignants est aussi liée à des problèmes non réglés qui se cumulent : l’attractivité du métier, la formation, les temps de stages, les conditions d’accueil dans le métier, les conditions d’enseignement proprement dites. Au lieu de minimiser la situation, on ferait mieux de réfléchir aux souffrances des enseignants pour corriger les causes : ça pourrait aussi servir à tous les professeurs qui restent en poste avec des conditions difficiles. »

Valérie Boucher, enseignante de Lettres modernes au collège Fernand Léger de Vierzon :

« Je ne pense pas qu’il faille expliquer les démissions de stagiaires par la rédaction du mémoire qui était déjà demandé par les IUFM (comme indiqué dans le rapport du sénateur Carle). En revanche, les formateurs IUFM sont passés à l’ESPE, alors que la réforme induit de nombreux changements, était-ce pertinent ? Avec le nombre important de postes au concours, le métier tente de plus en plus. Mais il reste un métier-passion. Sans parler de vocation, car c’est un métier que l’on apprend à aimer au fil de sa carrière, ceux qui tentent le concours pour tous les supposés « avantages » se retrouvent vite confrontés à la réalité : il faut y croire pour exercer correctement ce métier exigeant. Par exemple, les vacances sont pour moi une occasion de travailler sans plage de cours. Seule la moitié des grandes vacances sont consacrées au repos, le reste n’est que travail, même les petites vacances. »

Ceux qui n’en peuvent plus… 

Photo : iStockPhoto

Photo : iStockPhoto

Une jeune professeure d’anglais avec 2 ans d’ancienneté :

« J’ai toujours souhaité être enseignante, depuis la 4ème. Mon rêve était de devenir professeur d’anglais. J’adore cette langue et la transmettre était pour moi le plus beau des rôles. Je voulais en montrer les avantages et montrer à quel point cette langue associée à sa culture est passionnante.
Je souhaite aujourd’hui quitter l’Education nationale car je ne supporte plus le fait de devoir me retrouver devant des élèves à longueur de journée.
Ce métier n’est pas fait pour moi car je n’arrive pas à m’adapter à cette nouvelle génération qui ne donne aucun sens à l’école. Je suis à bout de souffle et je ne me sens plus capable de devoir motiver en permanence les élèves qui ne souhaitent pas être là. »

Je préfère encore devenir intermittente du spectacle que de conserver cette soit disant « sécurité de l’emploi »

Alexia Guidi, enseignante de français en collège :

« Huit ans que je suis dans l’Education nationale et c’est 8 années de trop ! Marre de me sentir inutile, de culpabiliser sans cesse de ne pas en faire assez alors que j’ai essayé de très nombreuses méthodes pour motiver les collégiens, marre d’être aigrie et pessimiste. Marre de m’ennuyer aussi. Je ne me reconnais plus depuis que je suis prof. Je suis à mi-temps cette année et 9h devant les élèves et c’est déjà trop ! Mon projet de reconversion est lancé, et je crois que je préfère encore devenir intermittente du spectacle que de conserver cette soi-disant « sécurité de l’emploi » qui me donne seulement l’impression d’être prisonnière. Il serait bon que le monde comprenne ce qu’implique ce métier et pourquoi le concours n’attire plus malgré tous les « avantages » que nous avons, nous, ces « fainéants de fonctionnaires ». »

Un professeur des écoles avec 12 ans d’ancienneté :

« Je voulais aider les enfants, surtout ceux en difficultés. Je voulais qu’ils croient en eux. Leur apporter une écoute, un soutien, les faire progresser. J’ai parfois réussi, parfois échoué.
Je souhaite maintenant arrêter d’enseigner car je pense avoir donné ce que je pouvais donner de vrai. La pédagogie ne m’intéresse plus. Je m’ennuie et j’ai pourtant l’impression de m’épuiser en même temps. Je suis loin de mon domicile.
On nous demande toujours plus en nous donnant de moins en moins. Je ne me sens plus assez efficace dans ma mission. »

41 commentaires

  1. 30 ans que j’enseigne et plus de la moitié en zone d’éducation prioritaire, avec des déceptions, des doutes, des grands moments de solitude, mais aussi des réussites, des satisfactions, de l’enthousiasme et la volonté d’avancer et d’apprendre avec mes élèves.
    Pas de vacances cette année ni à la Toussaint ni à Noël : je planche sur les nouveaux programmes, le nouveau bulletin, les compétences, etc. Je refais mes cours sur diaporama, je remanie toutes mes activités pour essayer de coller aux exigences de l’inspection que je ne comprends pas toujours, je tente d’animer un blog, je prépare des supports pour mes classes qui n’ont pas de bouquin cette année pour cause de changement de programme sur les 4 niveaux mais absence de moyens pour racheter tous les manuels, etc.
    Résultat : aujourd’hui le moteur est cassé ! L’âge ? Peut-être ! J’avais pourtant encore il n’y a pas si longtemps que ça de l’appétence pour les nouveautés et les expériences pédagogiques diverses et variées. Mais la coupe est pleine.
    Méprisés par la société mais aussi par la hiérarchie (CE, IPR, ministre), le malaise des profs est grand et beaucoup décrochent (démission, congés maladie à répétition) : les jeunes tant qu’il est encore temps de se reconvertir, mais aussi les plus anciens dégoûtés par la brutalité avec laquelle ils sont traités et avec laquelle on nous impose à tous ces changements pour lesquels même le ministère n’est pas encore au point.
    Et il ne s’agit pas seulement d’une pénurie de vocations, mais d’un ras le bol général ! Le burnout est bien réel pour certains.
    Dans mon établissement on en est à chercher d’éventuels remplaçants pour les remplaçants des remplaçants des collègues absents.
    Et oui il y a d’autres métiers difficiles et il y a aussi beaucoup de chômeurs, mais ce n’est pas une raison pour se laisser culpabiliser, notamment par les politiques et les médias, et nier la pénibilité croissante de notre métier.Signaler un abus

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    • Choisir l’enseignement aujourd’hui est une grosse erreur d’orientation professionnelle.
      Un Master 2 pour un salaire ridicule, des conditions de travail extrêmement pénibles et aucune perpective à moyen et long terme.
      Il n’y a rien à attendre cette profession.Signaler un abus

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  2. Les commentaires expliquent assez bien le phénomène de désertion face à une structure et une société qui méprisent les enseignants. Les politiques et les médias ont également une responsabilité car, outre le fait qu’il faut toujours « dégraisser le mammouth » (Allègre….ça date !) pour convenir au néo-libéralisme, ils véhiculent la vision de ce monde qui serait (soi-disant) recroquevillé sur ses acquis. A tous ces « bien-pensants » : venez donc préparer les cours-différents en fonction des classes, groupes et parfois même de certains élèves-, les distiller devant 35 gamins qui, eux aussi- sont souvent dans des conditions sociales et psychologiques fragile (vu la société actuelle), corriger les copies, participer aux réunions (qui se sont multipliées avec le temps car l’objectif est de nous garder le plus longtemps possible au sein de l’établissement), remplir le cahier de textes, les notes, les bulletins grâce (?) aux outils numériques (qui « beugue » toutes les 5 minutes donc….il faut recommencer), participer aux sempiternels stages de formation pour faire avaler telle ou telle réforme indigeste….Les vacances ? Mais les profs travaillent aussi en vacances….Et n’oublions pas les examens qui, comme le BAC grignotent les 15 premiers jours du mois de Juillet. La paye ? Début de carrière : 14OO, fin de carrière : environ 3000 à 62 ans, bientôt 65….67….ou comment faire cours avec le déambulateur et le dentier. J’enseigne depuis 30 ans : j’aime faire cours, m’entretenir avec les élèves, les pousser à se poser des questions sur le monde qui les entoure MAIS, j’avoue que le retraite sera bienvenue car tout le reste est devenu tellement pesant. Je comprends que celles et ceux qui débarquent dans ce monde formaté par l’institution et les programmes déchantent rapidement.Signaler un abus

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    • Tout à fait d’accord : à l’heure où l’on demande aux enseignants de faire des « évaluations positives » pour leurs élèves, je ne vois rien qui va dans le sens positif pour les enseignants. Signaler un abus

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  3. Un métier précaire

    Titulaire et professeur des écoles depuis 4ans, j’ai écumé plus de 10écoles sur tout mon département. La faute aux mi temps et aux quarts temps des enseignants qu’il faut bien combler. Lors de ma première année, j’avais même 4écoles différentes : une pour chaque jour de la semaine dans des niveaux différents dans un rayon d’1h30 de route.
    Chaque année c’est le jeu des chaises musicales à cause des fermetures de postes.
    On parle d’un métier stable or il devient vraiment precaire..comment voulez vous garder la flamme de la motivation dans de telles circonstances? Les avantages sont certes nombreux mais aux regards du salaire pour un bac+5, du manque de stabilité et du manque de reconnaissance de sa hierarchie il y a de quoi regarder les offres sur pole emploi pour un autre métier plus facile.Signaler un abus

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  4. Un conseil aux jeunes professeurs des écoles de la part d’une ancienne qui a encore 4 ou 5 ans à « tirer »
    « N’attendez pas trop avant de déserter ce Titanic devenu une grande garderie nationale , il ne faut pas attendre car rien ne s’arrange , croyez moi. Après la trentaine, il n’est pas si facile de se reconvertir.Mais tous mes anciens collègues qui ont eu le courage de quitter l’école ne l’ont jamais regretté …moi j’ai seulement regretté de ne pas l’avoir fait ! Nos conditions de travail se sont fortement dégradées , avec je dois le dire un summum atteint ces dernières années avec la réforme des rythmes (entre autre).
    A la rigueur , si vous tenez absolument à enseigner , allez dans le second degré , même si ce n’est pas simple non plus , je n’ai jamais vu d’ancien instit revenir dans le 1er degré ,où l’on est vraiment « captif » et l’on y fait beaucoup plus d’heures devant élèves (le plus épuisant comme nous le savons tous) sans compter les parents qui nous harcèlent au quotidien , et les inspecteurs tous les 3 ans qui nous infantilisent ou nous culpabilisent ou nous humilient.
    Ce fut un métier génial, ce temps est révolu.Signaler un abus

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    • modigliani,
      entièrement d’accord avec vous…et d’ailleurs, c’est ce que j’ai fait : ancienne PE, j’ai essayé de sauver ma ‘peau’ en passant dans le second degré. Il serait inconcevable pour moi de faire marche arrière…Signaler un abus

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    • Je donne le même conseil à mes élèves lorsqu’ils envisagent de se tourner vers l’enseignement. Je les préviens de la force qu’il faut avoir pour travailler énormément tout en recevant un grand mépris de l’extérieur.
      J’ai d’abord enseigné dans le premier degré, puis dans le second degré. Je ne vous rejoins pas sur cet autre point de vue : j’ai moi aussi pensé au début que mes journées seraient moins fatigantes avec moins d’heures devant élèves mais le temps passant, je dirai presque le contraire aujourd’hui. Le temps de corrections et de préparation de cours est très long, le contact avec les adolescents prend beaucoup d’énergie. Je devais travailler tous les mercredi, les week-ens et la majeure partie des vacances…Rien de changé de ce point de vue là non plus!Signaler un abus

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  5. Merci pour toutes ces remarques. Cette impression de donner sans cesse davantage pour ne recevoir qu’injonctions contradictoires et mépris (humain, économique et institutionnel) est insupportable. Les politiques et les journalistes (sans faire de populisme) n’ont que des représentations comptables et fausses de nos métiers: certaines de leurs assertions sont tellement erronées qu’on se demande comment ils peuvent être aussi malhonnête intellectuellement ou fainéants (ne jamais travailler leurs dossiers). Y’EN A MARRE! Ca s’apparente à de la maltraitance généralisée, du harcèlement social. On pourrait se mettre à discréditer les charcutiers ou les fleuristes, ça changerait non?Signaler un abus

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    • Jouer le flic, s’épuiser à mettre les élèves au travail quand véritablement la société s’en fout…
      Les parents géniteurs de petits génies… Ça rappelle Rome: les profs étaient des esclaves. Réellement, pour faire ce boulot, il faut avoir envie de travailler coûte que coûte. Ce que je disais: des esclaves.
      Ils ont beau préparé des cours iufm ou autre, il n’en reste pas pas moins que leurs élèves sont incapables d’écrire sans faute(s). Quant à la langue, « ce truc, ce machin… je sais pas qu’est-ce qu’il a dit…  » Pouvons-nous lutter conter l’abrutissement général ?
      Il est pitoyable de voir notre langue s’affaisser: signe indéniable de décadence.Signaler un abus

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  6. Moi j’ai renonce à ce métier avant même de l’avoir commencé, j’ai arrêté mon Master 1 meef anglais quelques semaines après la rentrée car j’étais découragée des qu’on nous a expliqué ce parcours de merde pour moi c’était trop de stress trop de pression.. Devoir réussir à deux choses (le Master +le concours) et j’ai eu peur d’échouer je me suis dis si j’ai pas le capes je fais quoi avec le Master et vice versa.. et puis c’est bon j’en ai avais marre de tous ces commentaires linguistique et littéraire qu’on devait faire.. Alors qu’au collège et au lycée on enseigne principalement de la grammaire non ? fallait juste nous montrer comment faire des séquences et évaluer nos compétences en grammaire en conjugaison en culture anglophone OK pourquoi pas mais pas nous bourrer la tête avec ces longues textes qu’on doit commenter et analyser.. comment ça va m’aider à enseigner ?! et puis pourquoi on doit passer ce putain de concours.. Pourquoi on nous évalue pas pendant le Master sur les mêmes matières aussi et on passe un stage et on doit montrer qu’on sait faire une séquence et c’est tout.. Si on obtient la moyenne on devient prof.. Ou est le problème dans ce que j’ai proposé.. maintenant même si je me sens perdue et en colère je cherche à commencer une nouvelle voie.. dans l’assistanat et la comptabilité.. C’est un secteur qui embauche non ? enfin.. Bonne courage pour tout le monde..Signaler un abus

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  7. Plus de 15 ans d’ancienneté et je gagne 2100 nets par mois après presque 10 ans d’étude au total. J’avais la vocation: en maternelle, je disais déjà que je deviendrais « maîtresse ». J’ai exercé en école, collège, lycée puis université et IUFM puis ESPÉ. Partout la même chose: des supérieurs hiérarchiques tout puissants qui fonctionnent avec une logique courtisane et partisane. Le pire du pire: le détachement dans un opérateur, machine à broyer avec des RH héritées de France Télécom. Plus vous êtes passionné et innovant et plus on vous écrase. Et le comble du comble: corriger au concours et laisser passer des candidats avec 3/20 en maths ou en français parce qu’on « manque de profs »… J’ai fini par me sentir comme une collabo d’un système pervers où les mômes seront les grands perdants avec des profs médiocres, mal formés, pas au niveau et pour les plus motivés, très vite écoeurés par un système qui les bloque à vie dans les académies les plus difficiles. Ma reconversion est en route, j’espère maintenant vite la concrétiser. Et pourtant, j’avais la vocation…Signaler un abus

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  8. Après 10 ans au même poste, je m’ennuie et je bâcle mes taches. Je parviens à faire progresser mes élèves mais c’est seulement si ils en ont envie et par habitude. Je suis si peu motivée que je sens qu’il est tant que je parte faire autre choses. Or, dans l’enseignement privé agricole RIEN ne guide le prof vers la sortie et la reconversion. Les formations proposées ne concernent que l’enseignement. Trouver l’acteur administratif qui pourra prendre en charge une partie des frais du bilan de compétences est un casse-tête. Comme s’il valait mieux garder un professeur démotivé. Un bac +5 mal payé, du travail le soir, le weekend et les vacances, des collègues, une direction, des parents et parfois des élèves, insultants. Bref envie de changer.Signaler un abus

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  9. Après 26 années d’enseignement comme instituteur j’ai démissionné en septembre 2017. Pourtant mon projet d’origine était de rester enseignant tout en anticipant le moment de la retraite. Je voulais juste changer de département pour m’installer en Corrèze,quitter mon Nord natal, acheter un gîte et terminer ma carrière à mi-temps tranquillement.(histoire de me préserver) tout en gérant mon gîte.Quel projet insensé pour mon administration!!! quitter le département du Nord. Après 5 refus de mutation l’évidence s’imposa. Je ne remplissais aucune des conditions de mutation. ( pas de rapprochement de conjoint, pas d’enfant ou de parents gravement malades à faire soigner,pas d’arrêt maladie) Rien juste l’envie de vivre ailleurs tout en continuant mon métier. Une conseillère du Rectorat m’a même déclaré:je cite  » Achetez-vous une maison en Corrèze vous pourrez en profiter pendant 6 mois ! quant à vos projets personnels oubliez les!! » Bref j’étais prisonnier, lié à vie à mon employeur dans mon département d’origine. En 2015 j’ai donc réorienté mon projet de départ et j’ai sauté le pas en 2017. Me voilà propriétaire de 3 gîtes et d’une future chambre d’hôte dans un petit village corrézien après avoir touché mon IDV. Bref un système sclérosé,usé hors du temps,broyant toute initiative personnelle et refusant toute critique sous couvert du devoir de réserve. Finalement je ne suis pas mécontent d’avoir quitté ce radeau de la méduse,fini les corrections,préparations,la réunionite aiguë,les formations bidons bref je revis et je m’épanouis.Signaler un abus

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    • J’ai moi aussi changé de métier après 21 années en collège et je revis.Je ne supportais plus la fausse idée que les gens de mon entourage se faisaient de mon métier. J’aimais mon travail et j’acceptais d’y consacrer tout le temps nécessaire: soirées, vacances, weekends. Mais quand j’entendais des critiques sur les longues vacances des enseignants, des propositions politiques de rémunérer davantage le travail de nuit sans que mon métier soit concerné, des parents prêts à m’expliquer mon job, ou des politiciens focaliser leur réflexion sur mes 18h de cours devant élèves (qui ne représentaient qu’une infime partie de mon travail), etc…., je me sentais bafouée.
      Aujourd’hui, conseillère en bilan de compétences, j’ai retrouvé un relationnel normal avec les gens qui m’entourent. Ma vie de famille est davantage préservée. Je me sens respectée. Je n’en demandais pas plus.Signaler un abus

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  10. Un enseignant a besoin d’un certain CALME pour exercer son métier convenablement. Ce qui se passe en ce moment est scandaleux : multiplication des tâches, injonction de présence à des réunions inutiles et stériles, inspecteurs qui nous infantilisent et nous découragent, flicage, injonctions paradoxales, incivilités, sans parler des titulaires agrégés affectés sur trois établissements loins de chez eux, avec des emplois du temps inhumains, des classes surcharhgés et des proviseurs-Hitler … faites-nous sortir de CET ENFER !
    Personnellement j’en peux plus, j’ai pris des disponibilités, mais je dois trouver de quoi nourrir ma famille … et l’idée de recommencer ce calvaire me donne des idées suicidaires… aidez nous s’il vous plaît, aidez nous !Signaler un abus

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  11. Je suis un jeune professeur (3 ans d’enseignement) qui avait vraiment la vocation du métier, d’aider des élèves à progresser malgré les difficultés, mais l’institution nous empêche d’agir dans l’intérêt des élèves (pour ne pas faire de vagues, refus de rapports, impunité de 2-3 élèves qui nuit aux groupes classe). En grave dépression depuis l’année dernière, je songe sérieusement à me reconvertir, mais je ne peux me résoudre à démissionner de ce métier que j’ai choisi, même si ce serait une « délivrance ». Limite ce serait moralement plus supportable que ma hiérarchie finisse son entreprise de destruction sociale en me licenciant. Je n’ai plus de crédibilité ni vraiment la force de me battre. Certains disent que nous ne sommes que des numéros, je dirais que cette vision est bien optimiste, car franchement le culte des statistiques dont fait preuve l’institution tant dans les nouveaux programmes que les politiques managériales montre que les nombres sont bien plus respectés que les agents…

    Je pense par rapport au sujet et à ce que j’ai vécu, qu’il n’y a pas de crise des vocations et que la formation des enseignants, bien qu’imparfaite, est parfois bonne, en tout cas pour moi. Les problèmes viennent des conditions de travail et de l’étiquette que l’on nous colle injustement. On ne peut apprendre le respect mutuel aux élèves lorsqu’il n’existe plus au sein de l’institution. Cela impacte gravement la scolarité des élèves, c’est bien dommage. Mais de mon côté j’ai besoin de fuir les humiliations, infantilisations et harcèlement moraux dont j’ai déjà eu plus que ma dose pour trouver un goût de vivre.Signaler un abus

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  12. Je m’apprête à quitter l’éducation nationale après douze ans de service. Je viens de lire « The courage to teach : Exploring the Inner Landscape of a Teacher’s Life » de Parker J. Palmer, un livre qui s’adresse aux enseignants qui font ce travail avec leur sensibilité et qui se découragent, faute de se barricader derrière des statuts et des rôles. Il parle de nous et s’intéresse à QUI enseigne. Je recommande sa lecture (en anglais seulement), pour se sentir appartenir à une communauté bien plus grande que notre Education Nationale et en comprendre quelque chose, de ce dégoût, de cette fatigue qui nous font aller voir ailleurs malgré une forte considération pour ce métier.Signaler un abus

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  13. Bonjour, je ne suis pas prof je suis ergotherapeute hospitalier. Nous aussi à l’hôpital tout s’est dégradé. Je suis aussi formateur vacataire au GRETA et pour un CFA pour le sanitaire et social. Alors je voulais changer passer un RAEP, pour les 18h/semaine et les vacances mais aussi transmettre mes connaissances. Je ne l’ai jamais passé je préfère l’hôpital. En CFA c’est terrible ! Comment font les profs ??? 18h/semaine moi en 3h je suis HS. Et surtout toujours modifier les cours pour adapter encore et encore mais toujours au plus bas niveau. Incivilité, manque de motivation et surtout misère sociale des élèves ! Avec les élèves j’ai l’impression d’être en face de patients, je décèle des troubles psychiatriques et des troubles cognitifs chez des jeunes qui ont entre 17 et 25 ans ! Je pense que l’école ne sert plus à éduquer mais à penser les plaies créés par la société. Tout à été détruit dans les services publics par toutes les politiques menées depuis 40 ans.Signaler un abus

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    • J’ai été interpellée par une phrase notamment dans votre commentaire :  » Avec les élèves j’ai l’impression d’être en face de patients, je décèle des troubles psychiatriques et des troubles cognitifs chez des jeunes qui ont entre 17 et 25 ans !  » Alors je ne suis pas professionnelle du milieu médical comme vous mais enseignante, et je fais exactement le même constat avec mes élèves collégiens ces dernières années : nous avons de plus en plus d’élèves ayant des troubles divers et variés, qui pour certains je pense sont graves, et que nous devons gérer en classe…Troubles comme vous le préciser très justement à la fois cognitifs, psychologiques voire psychiatriques en effet, bref comportementaux importants. Et à ce propos, même avec des aménagements, nous sommes incapables d’aider certains élèves qui relèvent en fait du handicap ! Et ça, cette réalité, personne ne veut l’entendre. Derrière le mot dyslexique, nous avons parfois des élèves souffrants de bien plus grave qu’une « simple » dyslexie !! Oui, plus ça va et plus nous avons des élèves qui, au risque de choquer des personnes, ne sont pas normaux ! Et nous, nous sommes justes des profs, pas des professionnels du monde médical !Signaler un abus

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  14. Vous avez raison d’est du mépris et de l’esclavage. J’arrive à ma dernière année avant le retraite, bien épuisée, mais comme je suis maso j’ai aimé ce métier. Je ne le conseille pas par contre. Partout le monde du travail est devenu un stress tueur. Courage aux générations futures, ne vous laissez pas faire, nous avons été trop laxistes sur nos conditions de travail depuis 40 ans.Signaler un abus

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  15. T1,dans le 1er J’ai démissionné une semaine après la rentrée 2017 ! Aucun regret ! Je revis je retrouve du temps pour ma famille. Ce métier me rongeait, j’allais droit dans le mur. Retour, job en entreprise, le bonheur !Signaler un abus

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  16. Enseignante en primaire depuis bientôt 20 ans je n’en peux plus et toute l’équipe de mon école est exsangue… nous avons tous dépassé la quarantaine, expérimentés et investis,soudés, pourtant nous n’en pouvons plus!!!
    Les classes sont surchargées, j’ai 28 CP cette année avec quasi la moitié de ma classe en grosse difficulté, et trois élèves relevant du trouble, reconnus par la MDPH, sans parler de ceux dont le trouble n’est pas reconnu.
    Etant une grosse école nous n’avons pratiquement pas eu de remplaçant cette année car »nous pouvons nous répartir les élèves » quid des apprentissages? Sans parler des parents qui nous tombent dessus…
    Ces chers parents nous sautent à la gorge à la moindre occasion, nous reprochant la violence de l’école alors que c’est la société qui est violente. La plupart des élèves jouent à des jeux vidéos interdits au moins de 18 ans, passent leur vie devant les écrans, ne sont plus du tout pris en charge par leurs parents démissionnaires et on vient nous reprocher à nous de ne pas être assez investis, de ne pas surveiller correctement la cour alors que nous nous épuisons à jouer aux flics à l’intérieur comme à l’extérieur des classes.
    Chaque parent souhaite qu’on fasse preuve de fermeté avec les enfants, mais pas avec les leurs!!! Leur précoce, leur hyperactif, le leur vaut toujours mieux que ceux des autres et ne doit pas être mis au même régime…. que faire au milieu de toute cette incohérence? Souffrir? Encaisser? Déprimer? Je suis maman de 2 jeunes enfants et j’en ai marre de ne pas être suffisamment disponible pour eux le soir parce que mes nerfs ont été usés, râpés toute la journée…j’en ai marre des insomnies parce que je rumine chaque nuit les soucis rencontrés le jour, j’en ai marre d’aller au boulot avec la boule au ventre alors que j’aime ce travail!!! j’aimais ce travail…
    j’ai 43 ans, je devrais partir à la retraite vers 67 ans… je ne tiendrai pas jusque là… je déconseille fortement aux jeunes de se lancer dans ce métier. Bientôt il n’y aura plus personne pour vouloir le faire, comme il n’y aura plus personne pour vouloir travailler dans les hôpitaux…
    le service public, ce n’est plus qu’un beau rêve qui vire au cauchemar…Signaler un abus

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  17. j’ai vécu la même chose. J’ai demandé un congé de formation pour passer le capes interne et j’ai basculé dans le secondaire. Je vous le conseille fortement. Les conditions de travail sont bien meilleures même si enseigner reste un métier difficile…Signaler un abus

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  18. Bonjour Alice, je comprends ton désarroi puisque je vis, nous vivons la même souffrance. J’ai 21 ans d’ancienneté et je n’en peux plus. Les heures devant les élèves ne sont que la partie émergée de l’iceberg de notre travail et personne à part les collègues ou les conjoints d’enseignants ne le voit ou ne le comprend. Les classes à 28 élèves dont 1/3 pénible, au moins un cas incontrôlable tous les 2 ans, 1/3 en difficulté massive. Les parents de plus en plus agressifs et désobligeants (reflets de la société). Et la hiérarchie qui ne suit pas. Lors de ma dernière inspection, l’inspecteur répond à ma difficulté de ne plus réussir à mener de front ma vie personnelle et professionnelle à cause de la quantité de travail après la classe : « mais, c’est que vous ne savez pas vous organiser ». Je lui ai répondu que bizarrement toutes les collègues rencontrées dans ma carrière ne savaient donc pas non plus s’organiser puisqu’elles faisaient le même constat que moi et qu’elles étaient dans le même état d’épuisement physique et psychologique. Mais nous faisons également toutes le même constat : quoi faire d’autre ? 3 ans de fac, 2 ans d’IUFM mais quelle valeur avons-nous sur le marché du travail ! Je suis allée voir la DRH de l’académie qui n’a pour seule solution qu’économe ou gestionnaire en lycée avec un recrutement national et logement de fonction obligatoire !!! Je pense que personne ne mesure le tsunami de ras-le-bol et de burn-out qui gronde dans l’éducation nationale. Je viens d’obtenir ma mutation pour rejoindre mon mari au bout de 3 ans et comme j’arrive sur un nv département et que le mouvement est sclérosé, je me retrouve avec une classe de PS/GS 2 jours par semaine et une classe de CE2/CM1 les 2 autres jours. J’ai donc passé l’été à préparer ces 4 niveaux dont 2 que je n’ai jamais eu et 1 double cours sur 2 cycles différents qui sera aussi épuisant à préparer qu’à gérer en classe. Mon mari tente tant bien que mal de me libérer du temps au détriment de son propre travail pour ça car avec un bébé de 10 mois !!! Alors, à ceux qui pensent que nous arrivons les mains dans les poches sans préparer, que la multitude de cahiers se corrige seule, que nous profitons de nos 6 mois de vacances, je n’ai plus que mépris…
    Je pense qu’une reconversion est une question de survie, pour moi mais aussi pour ma famille.
    Ton commentaire m’a touchée. Je te souhaite la volonté (que je n’ai pas eu jusque là) de te lancer vers d’autres horizons bien moins sombres que ceux du premier degré car je reste convaincue que ce sont les professeurs des écoles qui ont le plus d’heures devant les élèves, le plus de travail à la maison et qui sont les moins payés.Signaler un abus

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  19. Bonjour ,
    Moi aussi prof des ecoles depuis 19 ans avec un premier burn out a mon actif il y a 5 ans et je n en peux plus. Je pleure je fais des crises d angoisse depuis cette rentree. Mais comment faire pour revivre a nouveau , je me sens mal mal mal et prisonniere de cette horrible institution.
    Je ne supporte plus les parents et leur irespect ….tout comme celle de leurs horribles progenitures ….au secoursSignaler un abus

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  20. C’est bien pire pour ceux qui n’ont pas d’autres solutions, qui sont toujours les derniers arrivés et qui sont systématiquement mutés à plus de 80 km allé et retour de chez eux, à 50 ans. Alors leur carrière et avancement ne sont pas possible. C’est une double peine, voir triple. On ne peut pas dire merci à l’éducation nationale qui ne pense absolument pas aux élèves, ne respecte leur prof et ne voit que le budget.Signaler un abus

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  21. Inutile de nous plaindre, tout le monde s’en fiche! La meilleure chose à faire pour l’enseignant qui souffre est de quitter l’enseignement, de se porter malade ou de faire grève, car lorsqu’il n’y aura plus suffisamment d’enseignants, certains décideurs commenceront peut-être à changer la situation. En Finlande, il y a jusqu’à 3 enseignants par classe et pas d’inspecteur … un autre système est donc possible!Signaler un abus

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  22. Moi je suis à ma seconde année en lycée pro après une année de stage….j ai tout lâché pour devenir prof….je me rends compte que j ai fait une grosse bêtise. .des élèves odieux dans certaines classes et j en passe…je passe mes week-ends et mes vacances à bosser. (j enseigne la Pse12 classes..350 élèves 4 niveaux et 7 filières différentes auxquelles j adapte mes cours)…je n ai plus de vie…je n ai plus de gout à rien….au bord du burm out… je n ai plus de temps a consacrer à mon ami….toute ma vie part en miettes…..j ai tant donné pour décrocher ce concours….tout ca pour ca et un salaire de misere avec un bac +5….j ai 47 ans….j ai peur de partir mais pourtant je suis à bout…Signaler un abus

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  23. Le métier de prof vous englue le weekend , le soir, dès que vous sortez de votre salle. Ajoutez le vacarme, l’odeur de certains ados, la lourdeur du travail demandé (préparer les cours est interminable. Remplir le cahier de texte tous les jours, valider les compétences à chaque contrôle, les réunions, l’organisation de voyages scolaires, la DGH , le CA, les bulletins ét réunions parents profs (35 parents en 3h !!!!! Etre coordonateur …)
    Faire cours c’est éteindre le feu ttes les secondes car les bavardages sont incessants , usants, corrosifs. Faire cours c’est 80% fliquer 20% de matière.
    C’est supporter les personnalités perverses de certains élèves. Les parents tout aussi condescendants. La société qui vous renvoie une mauvaise image.
    Les vacances bouffées pr tout ça. L’ennergie qu’il faut pour gérer 30 personnes à la fois !!!! Quel autre métier exige ça ????
    Ou est la porte de sortie ?Signaler un abus

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  24. je suis un dinosaure de 65 ans qui part en retraite,je me régale encore avec mes élèves car j’ai la passion de l’histoire-geo,ils ont l’air interesses,je ne me suis jamais pris le chou avec les reunions et les réformes successives,je fais ce que je veux,et si je me trompe,je rectifie le tir,les profs sont parfois trop moutonniers et conformistes,il ne faut pas se laisser faire,bon courage à tous.Signaler un abus

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  25. Je suis abasourdie et même pas étonnée de lire autant de cris d’alarme allant du désenchantement au désespoir. 26 ans de carrière dans le primaire, 2 200 net par mois (salaire gelé, avancement infantilisant et bloqué par des règles absurdes, qui diminue chaque année avec les ponctions CRDS, CSG…) des heures de travail par semaine dépassant outrageusement celles des 35 h, des week-end oubliés, des vacances bouffées par toujours du travail incontournable, la numérisation à outrance, je me suis épuisée dans le système, entretenu par des supérieurs trop zélés, c’est plutôt la grosse machine qui m’a broyée : des inspecteurs, pire, des collègues gargarisés de discours spongieux et inutiles, de méthodes plus que douteuses, toujours dans le sens du mauvais vent, des injonctions, des réunions, des formations inutiles pour justifier une annualisation de notre travail qui ne ressemble au final, plus à de l’enseignement. Cela fait plus de 10 ans que je réfléchis à un départ, mais j’ai été rattrapée par ce travail, oui, qui devient de l’esclavage. Burn out, CLM depuis presque un an, « non imputable au service » pour l’administration….des conseils carrières et mobilité qui n’amènent nulle part ailleurs, un système de reconversion corrompu par les nécessités de service, l’absence de financement : on peut se former oui, mais en dehors de notre temps de travail…( la nuit peut-être ? On nous prend pour des c…) tout pour nous dégoûter. Mes recherches pour partir avec démission à la clé n’ont pas abouti, aucune aide sérieuse, pas de bilan de compétences sérieux, rien. Je déconseille aux jeunes de s’orienter dans ce métier qui passe à la trappe les individus qui pour bon nombre font du beau travail, mal payé, aliénant. Abandonnez même pendant qu »il est temps! Passez votre chemin. Aucun intérêt.
    Je suis prête à abandonner ces faux avantages dont la société nous rabat les oreilles. Que ceux qui pensent que l’on est payés à rien faire prennent nos places , après on discutera…Si quelqu’un qui a réussi à quitter le navire infesté a un soupçon d’aide ou de conseil, je suis preneuse. Ou un boulot à me proposer aussi !! Haut les coeurs !Signaler un abus

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  26. Alice, Karine, Estelle….partez maintenant qu’il est encore temps : vous êtes encore suffisamment jeunes et épaulées dans votre vie. N’attendez pas. Croyez-en mon expérience.Signaler un abus

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  27. Quel réconfort de vous lire… Merci à tous, vraiment. Je suis actuellement en disponibilité, pour m’autoriser une prise de recul. Je suis professeure d’EPS, et je devais entamer ma troisième année dans l’académie de Nancy Metz. Après deux ans en tant que titulaire en haute Normandie, je n’étais émotionnellement plus capable d’être « trimballée » une fois de plus, dans un coin qui n’était pas le mien. Quelle rude épreuve ces mutations, presque arbitraires. Et l’idée d’une reconversion fait son bout de chemin, mais j’ai l’impression de ne pas avoir assez de cran pour concrétiser les choses. Ce métier m’a complètement fait perdre le peu de confiance que j’avais en moi. Ah, si maintenant je sais parler fort, m’exprimer clairement devant les parents ou les élèves sans bafouiller, je sais argumenter et m’expliquer sans perdre pied. Mais si je creuse, j’ai peur de tout et je n’ose plus me dire que d’autres alternatives sont possibles. J’espère sincèrement que chacun, à votre niveau, vous vivrez plus sereinement ces situations. En trouvant l’audace de changer de voie ou en explorant d’autres choses, intermédiaires. Merci d’avoir été honnête, ça me change tellement des discours maquillés de la salle des profs !Signaler un abus

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  28. Et bien moi, je m’éclate. Je suis enseignante depuis 8 ans et j’adore ce que je fais. Alors certes, cela demande beaucoup de travail, car être prof, c’est au quotidien penser à des séquences, et on a tendance à tout ramener au boulot. Et j’ai envie de dire, et alors ? Quand je vois des enseignants qui rabaissent les autres, je me dis que ces personnes-là ne sont pas à l’aise dans leurs baskets et ça se sent. Et je pense d’ailleurs que cela se ressent au quotidien, auprès des élèves, des parents, des collègues et de la hiérarchie. On a tendance à comparer à « avant », mais « avant », nous n’avions pas autant d’aide pour faire nos cours, faire les photocopies était bien plus long, remplir les bulletins aussi. Il faut arrêter de descendre en flèche le métier d’enseignant. Vous pensez qu’avec un bac +5, vous méritez mieux (tout le monde voudrait être mieux payé, c’est logique) ? Devenez ingénieur, et voyez que ce poste n’est pas plus reposant et n’est clairement pas aussi flexible.Signaler un abus

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  29. Je suis entièrement d’accord avec tout ce qui a été dit. Je suis professeur des écoles depuis seulement 15 ans et j’ai déjà vu du changement, malheureusement pas dans le bon sens.
    Ce qui m’étonne dans tous ces témoignages, c’est que peu de mes collègues parlent de la pression des parents d’élèves qui se mêlent de tout, nous disent à un moment que ce n’est pas à eux de trouver des exercices pour entraîner leurs enfants pour une évaluation chez eux par exemple mais nous indiquent ensuite comment faire notre travail.
    La hiérarchie ne nous soutient absolument pas. Dès qu’il y a un problème, on sait que les parents auront raison et les enseignants tort.
    Tout cela me pèse beaucoup alors que j’avais choisi ce métier parce que je voulais être utile, aider les enfants !Signaler un abus

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  30. Si vous hésitez, ne choisissez surtout pas ce métier! Ce mépris reçu de la société est bien réel et devient au fil des années insupportable!Signaler un abus

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  31. Tellement rare un article pertinent sur les enseignants! Je n’en fais plus partie mais j’y ai tout de même sacrifié 21 années! Un sacerdoce perçu comme un métier de tout repos. Je n’ai jamais compris pourquoi. J’ai bien senti que cette réalité était intouchable alors je suis partie il y a 10 ans.Quelle délivrance! Je découvre ce qu’est « travailler » sans être « accaparée par son travail ».
    Je ne souhaite à personne de tomber dans le piège de l’enseignement. J’ai encore cette année pu poser des jours pour profiter des Fêtes en famille.Autrefois je réembauchais dès le 26.Signaler un abus

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  32. Après 20 ans en collège, je n’en pouvais plus de faire sans cesse de la discipline et du manque d’intérêt de la majorité des élèves. J’ai demandé et obtenu ma mutation en lycée. Ca fait deux ans que je travaille sans cesse, sans prendre ni week-end, ni vacances… Il est vrai que c’est plus calme dans mon nouvelle établissement mais mon salaire lui est toujours aussi misérable surtout si je regarde le salaire horaire…
    Pour récompenser tous mes efforts, on ampute ma future retraite de 30 à 40 pour cent, certainement pour me remotiver… Pas de chance, je suis né en 76.
    Pour couronner le tout, je suis prof de maths, la matière que Blanquer veut abattre (et les profs de maths avec), donc il y a de fortes chances pour que mon poste saute à la fin de l’année avec un retour dans un collège bien pourri (j’en ai déjà l’estomac qui se retourne).
    Marre d’être méprisé par les médiats, marre d’être méprisé par les dirigeants, marre d’être méprisé par le français de base, marre marre marre !!!
    Si seulement j’avais raté ce maudit concours…Signaler un abus

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