Ils suivent des formations courtes, démarrent plus vite dans la vie active, accèdent moins facilement à la culture ou aux soins… les jeunes des milieux ruraux expriment un « sentiment préoccupant d’abandon », relève un rapport du Conseil économique social et environnemental (CESE) publié mercredi.

« Ce qui est inquiétant, c’est le nombre de jeunes qui sont sans emploi et sans formation » dans les campagnes, relève Bertrand Coly, un des rapporteurs de l’enquête, dans un entretien avec l’AFP.

Selon le rapport, les jeunes âgés de 18 à 24 ans, à la fois sans emploi et sans formation, sont proportionnellement plus nombreux à la campagne qu’en ville (24,4% contre 20,8%).

En revanche, le taux de chômage des jeunes est moins important en milieu rural (25,1% contre 27,1% dans les villes). Ils y font « des études plus courtes, optent pour des filières professionnelles, entrent plus vite sur le marché de l’emploi », souligne M. Coly.

Autres enseignements: les femmes restent « moins formées » que les hommes, l’accès à la prévention et aux soins reste délicat, et les espaces ruraux sont moins bien dotés en services et équipements culturels.

Le manque de « mobilité » est également très pénalisant, relève Bertrand Coly, éducateur spécialisé et ancien secrétaire général du MRJC (Mouvement rural de la jeunesse chrétienne). « 32% de ces jeunes ne se sont pas rendus à un entretien d’embauche faute d’avoir un moyen de transport », observe-t-il.

Pour lui, « les politiques publiques ne s’intéressent pas ou peu aux jeunes » ruraux. « Alors que 9 élus sur 10 en milieu urbain considèrent la jeunesse comme étant une priorité, ils ne sont plus qu’un sur quatre en milieu rural », relève-t-il.

Pour remédier à tous ces problèmes, les rapporteurs préconisent, entre autres, de « renforcer la diversité des filières de formation dans le secondaire », « favoriser l’égalité homme-femme », donner une « compétence jeunesse » aux communautés de communes ou créer des « campus ruraux de projets », espaces à destination des jeunes pour créer des activités économiques, sociales, festives, etc.

Le CESE, qui avait été saisi en juillet par l’ancien Premier ministre Manuel Valls, a examiné le quotidien d’environ 1,6 million de Français, âgés de 16 à 30 ans et qui vivent dans des zones rurales – communes de moins de 2.000 habitants – pour établir son rapport.