Arnaud Montebourg / Licence CC / Flickr / LeWeb'13 Paris

Arnaud Montebourg / Licence CC / Flickr / LeWeb’13 Paris

Candidat à la primaire de gauche, Arnaud Montebourg décline peu à peu ses propositions pour l’éducation. Les voici.

Un « maître des savoirs fondamentaux » du CP au CE2

Tout d’abord, l’ancien ministre de l’économie du gouvernement Valls 1, considère que l’Education nationale est « sous-encadrée » et que les enseignants ne sont « pas assez payés ». Pour compenser cela, il propose, dans une interview au Parisien, de « concentrer les efforts, pour commencer, sur la tranche d’âge scolarisée en CP-CE1-CE2 » : en effet, pour lui, les « retards » pris à cette période « sont quasi définitifs » pour certains enfants.

Arnaud Montebourg propose ainsi de dédoubler les classes, « afin de travailler en plus petits groupes », avec des « heures supplémentaires » payées aux professeurs des écoles. L’homme politique souhaite, s’il devient président de la République, créer un « maître des savoirs fondamentaux », qui suivrait les élèves « de classe en classe », du CP au CE2. Il souhaite aussi que les inspecteurs d’académie « soient plus présents dans les écoles », et qu’ils « contribuent davantage » à la formation des instituteurs.

L’ancien député de Saône-et-Loire trouve enfin « très bonne » l’idée d’associer des « retraités de l’Education nationale » (qui seraient « défrayés »), et des professeurs, « autour de certains élèves en difficulté, afin de les faire réviser ». L’effort porté sur les « années d’acquisition des savoirs fondamentaux » que représente la période CP-CE1-CE2 devrait se chiffrer, indique Arnaud Montebourg, autour de 3 milliards d’euros.

Rebâtir une « école de l’émancipation »

Lors d’un discours prononcé à Frangy-en-Bresse,  l’homme politique a affirmé sa volonté de « réarmer la République par l’école ». Selon lui, celle-ci « n’est pas juste faite pour offrir des travailleurs prêts à produire », mais doit permettre aux jeunes, « de tous horizons », de « devenir des citoyens éclairés », conscients de leurs droits et de leurs devoirs.

Pour Arnaud Montebourg, l’école doit ainsi être « reconstruite » autour « d’objectifs socialement utiles et civiquement indispensables », autour d’une « morale républicaine commune », plutôt que « d’appauvrir les programmes et de baisser à l’infini les exigences ». Il refuse ainsi une école transformée en « machine à trier et à éliminer », et veut « rebâtir une école de l’émancipation, par l’instruction pour tous ».+

« Mieux payer » et « mieux former » les profs

Selon Arnaud Montebourg, un programme politique sur l’éducation ne peut se limiter à « des engagements statistiques en nombre de postes ». Pour « la réussite pour tous », il s’engage à « mieux payer » et à « mieux former » les profs, mais aussi à « imaginer d’autres systèmes d’évaluation », « d’autres systèmes de recrutement, de nomination et d’affectation ».

Le président du micro-parti « Le projet France » prône enfin le recours, dans les stratégies pédagogiques, à des « solutions plus coopératives et collaboratives ». Ainsi, estime-t-il, plutôt que « d’humilier les enfants » et d’organiser des « compétitions individuelles », l’école pourrait mettre en place « des projets collectifs où l’on apprendrait à travailler ensemble – comme c’est le cas dans la société française en général ».