Les syndicats de l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) ont exprimé mardi leur inquiétude à propos d’un projet de filiale dédiée à la formation des demandeurs d’emploi, et menacé d’une grève début 2017.

Un conseil d’administration se tiendra mercredi pour approuver les statuts de cette filiale, a précisé à l’AFP Christophe Donon, directeur général par intérim de l’Afpa, qui doit devenir un Établissement public industriel et commercial (Epic) à partir du 1er janvier 2017.

« Cette filiale ne va pas fragiliser l’Afpa mais au contraire la consolider », a-t-il ajouté.

L’ordonnance actant le lancement de l’Epic, publiée en novembre, prévoit la création de cette deuxième filiale, en plus de celle uniquement dévolue à la formation de salariés.

La CGT, CFDT, FO, SUD et CFTC affirment mardi dans un communiqué avoir été « mises devant le fait accompli ».

Pour Christian Filliot (CGT), cette filiale signifie que « la formation des demandeurs d’emploi n’est pas considérée comme une mission de service public. Cela ouvre la voie à la marchandisation de la formation professionnelle ». « Cela va casser l’Afpa en trois parties (les deux filiales et la structure chapeautant ces filiales, NDLR) et la fragiliser encore plus », a de son côté souligné Nathalie Tondolo (FO).

Des assemblées générales vont se tenir « d’ici la fin de l’année » dans tous les centres de l’Afpa pour discuter de cette création mais aussi des conditions de travail « qui se sont très fortement dégradées », a souligné Bruno Peraire (CFDT).

Ces AG permettront de se prononcer sur une grève, « en début d’année prochaine si l’État ne fait rien », a-t-il ajouté.

Le changement de statut de l’Afpa, décidé en 2015, vise à assurer la pérennité du leader de la formation professionnelle, créé en 1949. Il avait frôlé la cessation de paiement en 2012, touché de plein fouet par l’ouverture du marché à la concurrence en 2009.

Les élus du comité central d’entreprise (CCE) de l’Afpa s’étaient prononcés fin octobre contre cette transformation, émettant des craintes sur les effectifs.