Une famille géorgienne, qui était menacée d’expulsion dès lundi faute de papiers en règle, a obtenu vendredi un sursis de plusieurs mois, le préfet d’Ille-et-Vilaine acceptant de suspendre la mesure d’éloignement jusqu’aux vacances d’été, a-t-on appris auprès du collectif « Réseau éducation sans frontières » (RESF).

L’expulsion de la mère, Marina K., et de ses deux enfants, était initialement prévue pour lundi.

« Après des engagements écrits de Marina, la mère de famille, qu’elle s’engageait à rentrer en Géorgie avec ses enfants à la fin de l’année scolaire, le préfet à accepté de suspendre la mesure d’éloignement », annonce RESF 35 dans un communiqué, à l’issue d’une rencontre avec la préfecture.

Depuis mercredi, des Rennais se mobilisaient pour Marina K. et ses deux enfants. Le collectif composé de parents, de professeurs et de militants associatifs rennais s’indignait « de l’expulsion programmée et imminente de Marina » et ses enfants, vers la Géorgie, « loin de son compagnon qui a élevé ses deux enfants et les a considérés comme les siens », dénonçant une interruption « brutale » de leur scolarité.

Luka, 11 ans, est scolarisé en CM2, tandis que sa soeur, Elene, 12 ans, en classe de 5e, « suit une scolarité exemplaire alors qu’elle ne parlait pas français deux ans plus tôt », expliquaient les soutiens de la famille.

La famille est arrivée en France en trois étapes: le compagnon de la mère en 2010, la mère et son fils en 2012, et la jeune fille en 2014. Le père, qui n’est pas le père biologique des enfants mais les élève depuis leur petite enfance, a obtenu un titre de séjour d’un an, travaille et vient de se voir attribuer un logement social. La mère a vu sa demande d’asile déboutée il y a un an et demi.

Selon le collectif, Marina K. s’est vu notifier une obligation de quitter le territoire en septembre, alors qu’elle accompagnait un ami à la préfecture pour servir d’interprète.

Carole Bohanne espère que ce départ différé en Géorgie pendant les grandes vacances permettra à Marina, mariée seulement religieusement, « de revenir avec un visa, après un mariage civil, pour obtenir un titre de séjour ». Mais a-t-elle précisé auprès de l’AFP, la préfecture leur a bien stipulé: « Nous ne pouvons nous engager à faire revenir une personne que nous avons nous-même éloignée. »