Les effectifs de l’industrie pharmaceutique en France ont quasiment stagné en 2015, après des années de baisses plus prononcées, a annoncé jeudi l’organisation des entreprises du médicament (Leem), réclamant plus d’engagement du gouvernement en faveur de l’emploi dans ce secteur.

La filière pharmaceutique comptait 98.690 salariés en France fin 2015, soit un léger recul de 0,1% sur un an, contre -0,6% en 2014, selon des chiffres préliminaires du Leem.

« Notre secteur est parvenu, temporairement, à enrayer la dégradation de ses effectifs » en 2015, grâce à des mesures d’anticipation et d’accompagnement des métiers, a commenté Patrick Errard, le président du Leem, cité dans le communiqué.

« Mais cette stabilité est fragile, car intrinsèquement dépendante du retour à une politique industrielle attractive », a estimé M. Errard.

« Des signes de fragilisation persistent » selon le Leem, citant « l’alourdissement » de la fiscalité, la « perte d’attractivité industrielle de la France », le « ralentissement de l’accès des médicaments innovants au marché français » ou encore une concurrence internationale « grandissante » comme autant de facteurs laissant craindre de nouvelles baisses des effectifs à l’avenir.

Sur la période 2008-2015, les effectifs du secteur ont déjà reculé de près de 9%, soit 9.700 postes en moins.

Le Leem a publié ces chiffres à l’occasion d’une réunion jeudi du comité stratégique de filière des industries et technologies de santé (CSF Santé), qui définit avec le gouvernement les priorités du secteur et les actions à mener pour le renforcer.

« Le CSF Santé doit devenir le front de défense de l’emploi », selon le Leem, qui demande en conséquence à ce que le ministère du Travail intègre cet outil de pilotage de la filière pharmaceutique.

Trois ministères siègent déjà au sein du CSF Santé : le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le ministère de la Santé et le ministère de l’Économie et des Finances.