teens in classroom © yanlev

teens in classroom © yanlev

Alors que sur le papier, le cycle 3 relie le CM2 et la 6ème, dans les faits, la liaison école-collège demeure « un objectif à atteindre »… et malgré « la richesse » des initiatives de terrain, « force est de constater la faiblesse de leur impact pédagogique », note l’Inspection générale de l’Éducation nationale (Igen) dans un rapport rédigé cet été.

Une « professionnalité spécifique » au cycle 3 à bâtir

Les freins à la liaison école-collège sont multiples, selon l’Igen : d’abord, des « obstacles organisationnels et structurels » ; ensuite des facteurs liés à la « gestion des ressources humaines » et des « moyens » ; enfin, et surtout, la « coexistence de 2 cultures professionnelles ». Le « véritable obstacle » est en fait la nécessité de bâtir une « professionnalité spécifique » aux profs du cycle 3, qui serait « peu développée » jusqu’ici.

Selon l’Igen, la présence de « cultures professionnelles assez différentes » entre profs des écoles (PE) et enseignants du secondaire complique la liaison CM26ème. Si elles sont nombreuses, les « initiatives de terrain » connaissent ainsi un « faible impact », en raison de « la nécessité » de mettre en œuvre cette « professionnalité spécifique » des enseignants du cycle 3.

En outre, les projets mis en place pour faciliter la liaison école-collège ne « questionnent pas vraiment les pratiques pédagogiques ». Une réflexion qui constitue selon l’Igen une « étape indispensable pour que la construction de projets communs puisse déboucher sur des pratiques pédagogiques harmonisées ».

Créer des « classes de continuité » école-collège

Written task © pressmaster

Written task © pressmaster

Pour résoudre le problème et développer cette « professionnalité spécifique » indispensable au cycle 3, le rapport mise sur un « accompagnement de proximité », avec un pilotage anticipant davantage « les contraintes d’organisation », mais aussi et surtout avec la mise en place d’une « formation-action », en créant des classes de « continuité école-collège ».

Pour l’Igen, ces classes auraient à mettre en œuvre un projet « privilégiant des échanges de services », des « séquences d’enseignement conjointes PE / profs de collège », voire des « classes mixtes CM26ème ».

Selon le rapport, deux classes mixtes sont actuellement expérimentées en Seine‐Saint‐Denis – dans les collèges Honoré De Balzac de Neuilly‐sur‐Marne et Lucie Aubrac de Villetaneuse (REP). « Bénéfices attendus » de ces classes double-niveau : une « émulation dans les apprentissages », un « développement de l’autonomie », une « amélioration du climat de classe pour les élèves », et même une « pédagogie coopérative pour les enseignants ».

Pour l’Igen, ce dispositif de « formation-action » aurait « vocation à agir sur la professionnalité » des enseignants, permettant au final de « constituer des outils » et un « répertoire de pratiques mutualisables ».