Najat Vallaud-Belkacem, qui a lancé samedi l’idée d’une scolarité obligatoire de 3 à 18 ans, contre 6 à 16 ans actuellement, a estimé mercredi que cette extension serait « un souffle » pour lutter contre le décrochage.

« Il n’agit pas d’une annonce de réforme pour la fin du quinquennat », a précisé d’emblée la ministre de l’Education nationale, lors d’un déplacement dans un collège de Créteil (Val-de-Marne).

« Il s’agit de se donner une ambition pour les années qui viennent. Il y a un souffle qu’on peut donner à notre système scolaire », a-t-elle ajouté, sans préciser si cette proposition nourrirait le programme présidentiel de François Hollande, s’il venait à se représenter.

L’idée d’étendre la durée de la scolarité est d' »obliger l’Etat à trouver une solution à tous les élèves jusqu’à 18 ans », quand ils n’ont pas accès au marché du travail, faute de qualification, a expliqué la ministre. « Il ne s’agit pas d’obliger un élève détenteur d’un CAP, en apprentissage ou en service civique à retourner en cours ».

Cette réforme, si elle était mise en oeuvre, obligerait à réintégrer 80.000 décrocheurs âgés de 16 et 18 ans dans le système scolaire, et nécessiterait la création de « 5.000 à 7.000 postes de professeurs supplémentaires », selon Najat Vallaud-Belkacem.

« Evidemment que ça coûterait de l’argent », a concédé la ministre, tout en rappelant que chaque élève décrocheur coûte 230.000 euros à la collectivité.

François Hollande fixait il y a un an l’objectif de diplômer 60% d’une classe d’âge de l’enseignement supérieur. « Il faut amener le maximum de jeunes à ses portes », a souligné Najat Vallaud-Belkacem.

Interrogée sur la proposition de Nicolas Sarkozy de soumettre les jeunes sans emploi ou formation à un service militaire obligatoire, la ministre a fustigé « des discours de matador » qui considèrent les élèves comme « des sauvageons qui font exprès de décrocher ».

Actuellement, 98% des élèves français commencent leur scolarité dès 3 ans, à l’école maternelle, et le nombre total d’élèves décrocheurs est estimé à 110.000 par an.