Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud-Belkacem

Dans une tribune publiée le 6 septembre dans le journal Le Monde, le célèbre économiste Thomas Piketty s’en est pris violemment au collège français, qu’il accuse de favoriser les inégalités. Selon lui, la ségrégation sociale dans ces établissements « atteint des sommets inacceptables ».

La mixité sociale ne peut être imposée

La ministre de l’Éducation nationale a répondu à ces critiques le mercredi 7 septembre dans les colonnes du Monde, estimant « qu’il faut rompre avec le mythe français de la mesure globale uniforme, du grand soir politico-technocratique ». Najat Vallaud-Belkacem rappelle que la mixité sociale ne peut être imposée dans les collèges : « De grâce, arrêtons les leçons ! Penser que l’on pourrait imposer autoritairement la mixité sociale, en supprimant au passage une partie de la liberté de choix des parents, c’est entretenir une forme d’illusion qui aboutit à l’immobilisme ».

Des quotas ? Un « effet d’affichage »

Elle estime également qu’instaurer des quotas dans les établissements n’aurait qu’un « effet d’affichage » : « Qui peut croire qu’imposer par exemple 10 % d’élèves défavorisés dans tous les établissements ferait reculer la ségrégation à Neuilly ou à Clichy-sous-Bois ? ». Si la ministre avoue que les établissements privés ont une part de responsabilité dans ce domaine, elle indique que la mixité sociale doit passer par une mobilisation des acteurs de terrain plutôt que par des décisions contraignantes.