Les dirigeants des syndicats FO de l’éducation ont dit mardi s’attendre à une rentrée scolaire « d’une extrême tension » avec des enseignants « pas convaincus » par la réforme du collège, lors d’une conférence de presse.

FO fait partie de l’intersyndicale qui appelle à la grève contre la réforme du collège et les conditions de rentrée dès le 8 septembre, avec le Snes-FSU, la CGT et SUD.

« Nous ne voyons pas une rentrée apaisée », a déclaré Hubert Raguin, secrétaire général de la fédération FNEC-FP FO. « C’est la rentrée de la réforme des collèges, rejetée par les enseignants » qui « relève bien d’autre chose que de fantasmes », a-t-il estimé, réfutant les termes employés la veille par la ministre Najat Vallaud-Belkacem lors de sa conférence de presse de rentrée.

« Dire que +tout va bien madame la marquise+, c’est un déni de réalité », a ajouté Jacques Paris, secrétaire général du SNFOLC (lycées et collèges), pour qui la rentrée est « d’une extrême tension ».

« Notre estimation est que la majorité des collèges ne sont pas convaincus », a-t-il dit, fustigeant « une réforme qui organise le chaos ».

« On n’a jamais imposé de changer les programmes de quatre années en même temps. Nos collègues ont travaillé cet été, mais ils ne savent pas comment prendre le problème », a-t-il assuré, face à des programmes désormais construits par cycles de trois ans et non par année, ce qu’il juge « déstabilisant ».

Concernant la sécurité à l’école face aux risques d’attentats, le syndicat craint « une dérive » après les mesures annoncées la semaine dernière par Mme Vallaud-Belkacem et le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Cela « va introduire beaucoup de confusion voire de panique dans les établissements », selon Hubert Raguin, pour qui « il ne revient pas aux enseignants de se substituer à l’armée, à la police ».

Par ailleurs, l’évaluation des enseignants que le ministère veut revoir « risque d’être un sujet brûlant de la rentrée », prévoit-il.