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Moral des inspecteurs de l’éducation nationale : « un malaise profond » (SI.EN-UNSA)

Selon une étude portant sur le moral des IEN, nombre d’inspecteurs se sentent stressés et pas assez reconnus. « Beaucoup apparaissent en souffrance », indique le SI.EN-UNSA.

Moral des inspecteurs de l’éducation nationale : « un malaise profond » (SI.EN-UNSA)
Inspecteur audit

Inspecteur © gertot1967 – Fotolia.com

Lors de son congrès national organisé le 11 mai 2016 à Noisiel, le Syndicat de l’Inspection de l’Education Nationale (SI.EN-UNSA) a relayé une étude sur le moral des IEN.

Réalisée par Georges Fotinos, spécialiste du climat scolaire, et par Juan Mario Horenstein, psychiatre au centre de santé mentale et de réadaptation de Paris (MGEN), en collaboration avec la Casden et Vitruvian Consulting, cette enquête (pdf) révèle « un malaise profond » chez les inspecteurs.

« De nombreux inspecteurs apparaissent aujourd’hui en souffrance morale, physique et psychologique », indique le SI.EN-UNSA sur son site. Selon l’enquête, 19% des IEN considèrent que leurs relations avec les enseignants se sont dégradées. Pour 41% d’entre eux, ce sont les relations avec les recteurs et les inspecteurs d’académies qui sont loin d’être au beau fixe.

41% des inspecteurs « pas soutenus » par leur hiérarchie

47% des IEN s’estiment « peu ou pas du tout satisfaits » quant à leur relation avec la hiérarchie, ne s’estiment pas suffisamment « écoutés », « respectés » ou « considérés ». Concernant les relations avec les parents, les IEN sont 25,5 % à les percevoir comme « dégradées ».

Selon l’étude menée par Georges Fotinos et Juan Mario Horenstein, 80% des inspecteurs de l’éducation nationale estiment que « les décisions sont prises d’en haut », et 46% considèrent ne pas disposer « d’une marge d’autonomie et d’initiative » suffisante. En outre, 41% des IEN ont « le sentiment » que leur hiérarchie « ne les soutient pas ».

Etude de Georges Fotinos sur le moral des IEN

Etude de Georges Fotinos sur le moral des IEN

Une « dégradation » des conditions de travail des IEN

En ce qui concerne précisément les conditions de travail des inspecteurs, 80% de ces derniers remarquent une « dégradation », surtout depuis ces 9 dernières années. 37% des IEN ne sont « pas satisfaits » du travail en équipe avec leurs collègues.

La plupart des IEN passent beaucoup de temps en déplacement, 70% parcourant entre 5000 et 30.000 km par an. Les inspecteurs sont en outre 63% à dépasser les 45 heures de travail hebdomadaire, travaillant entre 51 et 60 heures par semaine, si ce n’est plus.

Résultat, 95% des IEN ont le sentiment d’être « soumis au stress », 88% estimant que cette situation a tendance à se dégrader. Pire : 28% des inspecteurs ne « trouvent pas de sens » dans « le travail réalisé », et 47% ne s’estiment pas « reconnus » dans leur travail. Enfin, 38% ne considèrent pas leur métier comme « motivant ».

Un moral « moyen » ou « mauvais » chez 65% des IEN

En ce qui concerne le moral des IEN, il est « moyen » et « ‘mauvais » chez 65% d’entre eux. Ce moral « se dégrade » pour 57% des inspecteurs.

Suite à cette étude, le SI.EN-UNSA engage « tous ceux qui le souhaitent à s’exprimer, car il est clair qu’il nous faut faire entendre le désarroi dans lequel se trouvent de nombreux collègues, si nous voulons rétablir des conditions de travail plus satisfaisantes ». Le Syndicat de l’Inspection de l’Education Nationale prévient qu’il « s’engagera fermement dans cette voie ».

6 commentaires

  1. Bien sûr que les IEN,en ont « ras la casquette » et il n’y a pas que les IEN. On voit des conseillers pédagogiques ou des directeurs d’école lâcher leur poste pour reprendre une classe.

    Multiplication des enquêtes inutiles depuis l’arrivée d’Internet, procédures absolument pas simplifiées malgré l’annonce du « choc de simplification », informatisation à outrance qui au lieu de faire gagner du temps en fait souvent perdre par des outils mal finis ou inadaptés, relations compliquées avec la hiérarchie « surtout pas de vagues », etc … etc ..

    Effectivement les IEN sont pour la plupart à 60 heures par semaine comme d’ailleurs beaucoup de CPC ou directeurs. On en est même au point où ceux qui travaillent moins de 50 heures sont considérés par certains IEN comme des « tire-au-flanc ».

    Cherchez l’erreur …Signaler un abus

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  2. Qu’ils reprennent tous une classe ! C’est si reposant, tant rémunéré et ça laisse tellement de temps libre…Signaler un abus

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  3. bravo!! c’est une vraie révolution culturelle qu’il faudrait dans l’éducation nationale !!Signaler un abus

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  4. Mais qu’est-ce que c’est que cette institution qui produit une hiérarchie insupportable, méprisante, inhumaine ?
    Si les inspecteurs ne sont pas à la noce, depuis quelques temps, les chefs d’établissement sont aussi à vomir…défaisant tout ce qui a été fait avant qu’ils arrivent, ne reconnaissant que les projets qui les intéressent, incapables d’écouter les équipes, imposant leurs choix sans concertation, manquant de confiance dans les enseignants et dans leurs collaborateurs (CPE, COP, secrétaires…) Hallucinant. Certains sont meilleurs que d’autres dans ces domaines mais ce sont des perles rares
    Subissent-ils eux aussi une pression mais d’où vient-elle ? Je voudrais le savoir, il faut le savoir…Quel échelon est en cause ? On ne le sait pas. Cela devient kafkaïen.
    Et cela ôte de plus en plus de sérénité au travail des professeurs et des élèves. C’est insupportable.Signaler un abus

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  5. Je suis choqué de lire que l’article parle des relations avec les parents… car je n’imagine pas les IEN devant des parents en quantité.

    Pourquoi ne pas faire ce type de sondage chez les enseignants ? Si possible en se concentrant sur ceux qui ont la chance de bénéficier d’une prime « REP ». Mais non, c’est vrai, je suis bête, cela forcerait la main à nos administratifs pour reconnaître que le stress est plus important devant des ados que devant des adultes (souvent en petite quantité et des ados…)Signaler un abus

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  6. Il serait temps que les membres de l’éducation nationale parlent d’un bloc. La situation est de plus en plus dure à tous les niveaux. Inspecteurs . Personnels de direction. Enseignants. Pourquoi toujours opposer? Le vrai soucis est la division souhaitée et entretenue par l’administration centrale. La non prise en compte de l’humain et de la gestion apaisée et non pas juste comptable. Tout le monde va mal . Certains pensent s’en sortir en jouant les chefaillons. .. Les réformes sont plaquées. Imposées. Non explicitées. Sans formation pour aucun personnel.. il y a des bons et des pourris partout et à tous les niveaux. Cessons les « moi c’est plus dur que lui »… essayez de comprendre et connaître le métier de l’autre. .. je laisse mes devoirs d’emploi du temps à qui veut…. Les oubliés dans tout ça sont les élèves en difficultés ( surtout eux) …. j’ai été prof longtemps sans regrets ( segpa + prison) j’ai tenté d’évoluer. .. mais l’individualisme rampant; La multiplication de circulaires sans lien..voire contradictoires nous tue tous…. peu ancienne dans la fonction de chef d’établissement ; je fais déjà tout pour partir…. sans renier mon parcours ni dénigrer en masse car j’ai croisé des crapules et des personnes formidables à chaque étape.Signaler un abus

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