Recherche lettres

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Dans un entretien à AEF,  Florent Montaclair, enseignant-chercheur de littérature à l’université de Franche-Comté, spécialiste en littérature fantastique du XIXe siècle, premier Français à avoir reçu la médaille d’or de la Société internationale de philologie (International Society of Philology), explique pourquoi selon lui, la recherche littéraire en France attire si peu et rayonne si peu.

Pour lui, la France a raté un virage  : celui de la recherche en linguistique, qui exige des laboratoires et des moyens, en particulier pour développer les neurosciences.

« Comment et dans quelle zone cérébrale fabrique-t-on la langue, le langage, incidemment la poésie, les métaphores, l’imaginaire ? » Voilà le type de questions auxquelles devrait s’intéresser la recherche littéraire française aujourd’hui, or ce n’est pas le cas.

Florent Montaclair soulève un autre problème : la trop grande spécialisation des étudiants de lettres qui préparent l’agrégation, et leur peu d’ouverture sur d’autres disciplines, telles que mathématiques, informatique et bien sûr neurosciences

Recherche en lettres : les blocages

Or pour pouvoir poursuivre en thèse littéraire et espérer obtenir des financements, il est indispensable d’avoir l’agrégation. Pour Florent Montaclair, en effet « il devient presque impossible pour un étudiant [en lettres ] qui voudrait faire une thèse d’obtenir des financements s’il n’est pas passé auparavant par une agrégation». Si cela bloque, « la faute en revient à l’agrégation».

Enfin, la recherche littéraire en France, trop centrée sur les auteurs français, ne peut rayonner à l’international. Lui-même spécialiste de Jules Verne avoue que s’il a eu la médaille d’or, c’est parce que Jules Verne est connu dans le monde entier.

Dans son entretien à AEF, Florent Montaclair va à l’encontre du point de vue d’une autre personnalité littéraire : Blanche Lochmann, agrégée de lettres classiques, présidente de la Société des Agrégés, qui dans nos colonnes en octobre dernier affirmait que dans « certains pays, les PhD ont une parenté avec notre couple agrégation/doctorat. C’est-à-dire qu’ils mêlent très souvent dans leurs études supérieures l’approche généraliste de la discipline qui est celle de l’agrégation, avec une approche plus spécialisée, qui est celle du doctorat. » Pour elle au contraire, l’approche de l’agrégation, généraliste, est parfaitement compatible avec celle du doctorat, très spécialisé.

L’agrégation obstacle ou atout pour la recherche littéraire française ? La question reste ouverte.