Le conseil régional a saisi le tribunal administratif qui examinera vendredi sa demande d’évacuation immédiate d’un lycée du XIXe arrondissement de Paris occupé par des migrants, a-t-on appris de sources concordantes.

Une évacuation pourrait intervenir « dans les heures qui suivront » la décision, a annoncé mardi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

L’audience sur la plainte déposée lundi par la présidente du Conseil régional Valérie Pécresse (LR) est prévue vendredi à 10H30, a confirmé le tribunal administratif à l’AFP.

Le lycée Jean Jaurès, en travaux, a été investi dans la nuit de jeudi à vendredi par 150 migrants, rejoints depuis par plusieurs dizaines d’autres, selon le collectif La Chapelle Debout qui les soutient.

Ces migrants viennent du campement sauvage situé sous le métro aérien de la station Stalingrad (nord-est de Paris), plusieurs fois démantelé ces derniers mois mais qui se reconstitue régulièrement. Les migrants ont affiché des banderoles sur les façades de l’établissement pour demander des papiers.

« C’est une occupation illégale, ce lycée était en processus de réfection, cette occupation illégale va entraîner des retards pour le chantier », a déclaré un porte-parole du conseil régional à l’AFP.

« On a porté plainte contre d’éventuelles dégradations, on ne sait pas s’il y en a », a-t-il précisé.

La veille, Valérie Pécresse avait dénoncé une « violation de la propriété privée » et avait annoncé déposer plainte « parce qu’on ne peut pas aujourd’hui dans la République s’approprier un bien public qui doit être mis à disposition de lycéens », mettant en avant que « 10% des lycées » à Paris « sont en sureffectif ».

Les campements sauvages de migrants se sont multipliés à Paris depuis un an. Depuis le 2 juin, les forces de l’ordre ont procédé à 18 opérations qui ont permis l’évacuation de 6.700 migrants hébergés dans 55 centres dédiés, selon le ministre de l’Intérieur.