François Fillon, candidat à la primaire de la droite pour 2017, veut « développer l’auto-entrepreneuriat », tout en allégeant les contraintes qui pèsent sur les artisans et commerçants, ceci afin de « réduire la concurrence entre les deux statuts », a-t-il affirmé lundi dans une interview à L’Opinion.fr.

« C’est le dernier volet de mon plan pour le plein-emploi: amplifier et sécuriser le travail individuel », explique l’ancien Premier ministre, dans cette interview qui sera publiée mardi dans la version papier du journal.

M. Fillon doit exposer mardi à Paris ses propositions sur le travail indépendant en faveur du « plein emploi ».

Son idée est de « développer l’auto-entrepreneuriat, d’alléger les contraintes qui pèsent sur les artisans et les commerçants de façon à réduire la concurrence entre les deux statuts, et de donner à tous les travailleurs indépendants un régime social cohérent de façon à assurer une certaine égalité sociale ».

« L’auto-entrepreneuriat n’est pas dans la tradition du droit social français et beaucoup de groupes de pression ont envie de le voir disparaître. Résultat, il est limité dans sa mise en oeuvre. Je propose un nouveau statut de prestataire indépendant qui permettrait de sécuriser les auto-entrepreneurs se mettant au service des entreprises pendant une certaine durée », affirme-t-il.

Parmi les propositions qu’il présentera à la presse, l’ancien chef de gouvernement veut offrir aux entreprises la possibilité d’embaucher des auto-entrepreneurs pendant trois ans sans risque de requalification en contrat de travail.

« Le système que je propose permettrait à des gens sans emploi, marginalisés, de trouver un travail », assure-t-il.

D’autres propositions sont avancées en faveur des artisans et commerçants, généralement opposés à l’auto-entrepreneuriat qu’ils estiment fiscalement avantagé. M. Fillon envisage de « leur donner les mêmes avantages que les micro-entrepreneurs, en l’occurrence une franchise de TVA dans la limite des plafonds de revenus » qui seront relevés. « Il n’y aura donc plus d’avantage concurrentiel des auto-entrepreneurs vis-à-vis des artisans. »

Alors que « deux millions de jeunes sont sans diplôme, ni en apprentissage, ni dans un emploi », le candidat à la primaire veut « remédier à cela » en proposant « de construire une filière d’enseignement professionnel qui soit une vraie filiale d’accès à l’emploi ».

Il s’agirait de « fusionner les Centres de formation des adultes et les lycées professionnels », ces derniers étant alors sortis « de la tutelle de l’Education nationale » et placés « sous la responsabilité des régions et des branches professionnelles ».

Il entend de plus « simplifier le contrat d’apprentissage et transférer les moyens mis sur les contrats aidés pour financer davantage les jeunes en alternance. Il faut que l’enseignement professionnel devienne la voie royale d’accès à l’emploi ».